La fabrique de l'histoire : Washington’s Quartet : journal de voyage
Reportage multimédia en complément de l'émission Washington's Quartet 1/4
Thomas Jefferson : mardi 16 décembre : Arrivée en début d'après-midi à Washington, puis départ en voiture avec Michel Gacic, le preneur de son et Véronik Lamendour, la réalisatrice de la série, pour Charlottesville. Deux heures et demi de route et une arrivée de nuit chez Olivier Zunz, professeur d'histoire à l'Université de Virginie, "depuis 31 ans". Il nous accueille avec sa femme, elle aussi professeure à l'Université et nous conduit au Colonnade Club, la maison d'hôte installée dans le bâtiment de l'université dessiné par Thomas Jefferson en personne au début du XIXème siècle. Nous sommes à pied d'oeuvre. Demain, nous partirons tôt de cette université vidée par ses étudiants- les vacances de Noël ont commencé hier-pour Monticello la maison de Jefferson.
Mercredi 17 décembre : Matin : Emilie Roman, étudiante française à l'université, nous attend à la porte du club à sept heures pétantes. Départ pour Monticello à une vingtaine de minutes de Charlottesville. Nous retrouvons Roland Simon, professeur à la retraite, qui va nous accompagner dans notre visite de la demeure neo-classique dessinée par Jefferson. Il fait humide. Nous montons rejoindre les autres invités, Sarah Bon-Harper, archéologue à la fondation Jefferson, et Susan Stein, sa directrice.
La maison n'est pas immense. Un portique d'entrée d'un côté, le même de l'autre. Symétrie surmontée d'une coupole, la signature architecturale du rédacteur de la déclaration d'indépendance, vice président puis deux fois président des Etats-Unis, fondateur de l'Université et architecte. Nous passons de pièce en pièce - le hall indien, la chambre à coucher, le bureau, le parloir... Des souvenirs indiens, des tableaux rapportés d'Europe, des mâchoires de dinosaures, "une maison qui ressemble l'intérieur du crâne de Jefferson" nous dit Susan Stein.
Je suis surpris de la dévotion qui règne ici : alors que la personnalité de Jefferson divise depuis deux cents ans les Américains -homme des Lumières propriétaire d'esclave-, le grand homme n'est pas descendu de son piédestal à Monticello.
A quelques centaines de mètres en contrebas de la petite colline, un centre de recherche lui est entièrement consacré. Sur le chemin, un petit cimetière entouré d'une grille : au premier plan, l'obélisque qui surplombe la tombe du Virginien, mort en 1826.
Au centre, Janet Horne, historienne spécialiste de la France qui fut la bonne fée de notre expédition en nous aidant à la préparer nous attend. Andrew O'Shaughnessy, le directeur et Robert Haggard, un de ceux qui publient la correspondance de Jefferson après sa retraite à Monticello en 1809 aussi. Ils ont découvert un homme que les difficultés financières minaient mais qui continuait à correspondre avec les Européens qu'il avait aimé lors de ses séjours en France avant la Révolution.
Nous rentrons à Charlottesville car cet après-midi nous nous promènerons dans un second chef d'oeuvre architectural dû à la plume de Jefferson : l'Université de Virginie.
Après-midi : Olivier Zunz vient nous retrouver à 15 heures. Nous gagnons la pelouse centrale de l'Université. Le classement au patrimoine mondial apparaît évident: deux rangées de colonnes blanches longent à l'Est et à l'Ouest la pelouse et conduisent le regard vers la coupole de l'ancienne bibliothèque. Des bûches de bois sont amassées sous la colonnade, aux portes des chambres d'étudiant dont le confort est aussi rustique qu'au temps où Edgar Poe fréquentait l'Université de Virginie.
A 16 heures, nous gagnons le bureau d'Olivier Zunz où nous rejoint un tranquille géant : Bill Freehling, biographe de Lincoln et spécialiste de la guerre de Sécession. Sa bonne humeur et sa décontraction donnent au sujet, la guerre civile, la distance qui nous servira lors de notre visite à Gettysburg.
Thème(s) : Information| Election| Voyage

