France-Otan : de l'Après-guerre à la Guerre froide
Le vice-président américain Joe Biden et le secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer à Bruxelles
le 10 mars 2009 © François Lenoir / Reuters
25 février 1948, vif regain de tension à l'est. Même si les apparences de la légitimité sont sauves, les communistes ont pris le pouvoir à Prague. Edvard Benes a été destitué au profit de Gottwald, un proche de Moscou, disciple de Staline. A l'Ouest, c'est la consternation. Va-t-on une fois de plus laisser tomber la Tchécoslovaquie comme ce fut le cas, dix ans plus tôt, en 1938 avec les accords de Munich ? Pour les démocraties occidentales, la crise est telle que se profile alors le risque d'une Troisième guerre mondiale. Aujourd'hui, l'ennemi n'est plus le nazisme mais le communisme et de ce constat va naître moins d'un an plus tard, le 4 avril 1949, le Pacte Atlantique, une alliance militaire entre 11 pays occidentaux. Autrement dit, l'OTAN.
Timbre soviét. pour les 20 ans du P. de Varsovie © wikipédia
Un pacte en riposte
Sont membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, les Etats-Unis et le Canada, et une partie de l'Europe de l'Ouest : Belgique, France, Pays-Bas, Luxembourg, Royaume-Uni, Danemark, Norvège et Islande, Italie et Portugal. La Grèce et la Turquie rejoindront l'alliance dès 1952.
En 1955, deux ans après la mort de Staline et en riposte à l'adhésion de l'Allemagne de l'Ouest à l'OTAN et donc de sa remilitarisation, le Pacte de Varsovie dont Nikita Khrouchtchev est l'artisan est mis en place. Outre l'URSS, en sont membres la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la Pologne, la Tchécoslovaquie. La RDA rejoindra le pacte de Varsovie en 1956 tandis que l'Albanie le quittera en 1968. La Yougoslavie de Tito, non-alignée n'en sera pas membre. Positions périlleuses de l'Albanie et de la Yougoslavie car à défaut de fondre sur l'Europe de l'Ouest comme on l'évoquera fréquemment à l'époque de la guerre froide, les troupes du Pacte de Varsovie largement dominées par la puissante armée rouge n'hésiteront pas à réprimer leurs propres états membres. En 1956, l'insurrection de Budapest est écrasée dans le sang. En 1968, normalisation de la Tchécoslovaquie et fin du Printemps de Prague d'Alexandre Dubcek après l'intervention des troupes du Pacte de Varsovie.
Section du mur de Berlin © Fux / Fotolia
La chute de l'empire communiste
En 1989, dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 novembre, le mur de Berlin tombe. Evénement sans précédent. En réalité, au-delà d'un symbole très fort, c'est tout le bloc communiste qui n'en finit plus de s'effondrer. Les Soviétiques ont quitté l'Afghanistan sans victoire, ça bouge en Hongrie, en Pologne, révolution de velours en Tchécoslovaquie, chute du communisme en Roumanie avec le procès expéditif et l'exécution des époux Ceausescu. C'est la fin de la guerre froide, le temps de la reconstruction, parfois celui de nouveaux risques. En janvier 1991, la Tchécoslovaquie, la Pologne et la Hongrie quittent le Pacte de Varsovie, bientôt suivies de la Bulgarie. Le Pacte est officiellement dissous lors d'une réunion à Prague le 1er juillet 1991.
A la vieille de sa dissolution, il constituait le plus vaste déploiement de forces militaires en temps de paix : 2 365 700 militaires, 105 480 blindés dont 33 870 chars de combat répartis en 145 divisions et autres unités, compte non tenu des effectifs de la puissante armée de la RDA, la Nationale Volksarmee, (NVA) dissoute en 1990.
En mars 1999, trois anciens membres du Pacte de Varsovie, la République Tchèque, la Hongrie et la Pologne, rejoignaient l'OTAN. En 2004, trois ex-républiques soviétiques désormais indépendantes : l'Estonie, la Lettonie et la Lithuanie, mais aussi la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie faisaient le même choix. La Géorgie et l'Ukraine, ainsi que la Moldavie ont également souhaité rejoindre l'alliance Atlantique.
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