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Bac Philo 2009 : Du bon usage des citations

Bien placée dans un texte, elle lui donne autant de saveur qu'un bouillon cube dans l'eau des pâtes. C'est un petit plus qui fait passer le reste, qui lui donne du goût, l'envie d'y revenir. Elle, c'est la citation que l'on n'avait pas vu venir mais qui tombe à point. En voici quelques unes, sans prétention, juste pour le plaisir. Et qui sait, elles pourront peut être se placer, là où il faut, le moment venu ? Dans un monde où tout se paie, elles sont libres de droits, vous pouvez donc les télécharger sans risque et en faire l'usage qu'il vous plaira. Dans une dissert' un peu à bout de souffle, une petite citation, c'est un peu la fève de la galette.

 

Franklin D. Roosevelt en 1933 © Wikipedia

Brigitte Bardot, new deal et revolver...

« Les exportations des films de Brigitte Bardot rapportent à la France autant de devises que la régie Renault ». C'était Antoine Pinay qui le disait au Général de Gaulle qui ne l'ignorait pas. En mai 1991, Edith Cresson, Premier ministre de François Mitterrand affirme : « J'en ai rien à cirer de la Bourse ». Sans doute veut-elle dire la même chose que ce que le Général de Gaulle observait avant elle : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».

Le new deal - la nouvelle donne - est une expression popularisée par le président Franklin Delano Roosevelt lors de la convention du parti démocrate le 2 juillet 1932 : I pledge you, I pledge myself, to a new deal for the American people... (Je vous engage, je m'engage, à une nouvelle donne, etc.). Quelques années plus tard, à la Maison Blanche, un autre président moins inspiré lâchera : « La plupart de nos importations viennent de l'étranger. » Devinez de qui il s'agît ?

Autre registre : Quand j'entends le mot culture, je sors mon révolver. Cette phrase est attribuée au choix au maréchal Hermann Goering ou à Joseph Goebbels, chef de la propagande nazi. En réalité, elle n'est ni de l'un, ni de l'autre. La véritable phrase est « Quand j'entends le mot culture, j'enlève le cran de sureté de mon browning (ou j'arme mon browning). » En fait, on trouve cette phrase dans le premier acte d'une pièce de théâtre donnée à Berlin pour le 44ème anniversaire de Hitler. C'était en avril 1933, l'année terrible de l'incendie du Reichstag, de l'ouverture du premier camp de concentration, à Dachau et des premiers autodafés...

Le nom de la pièce : Schlageter. Albert Leo Schlageter était un combattant allemand de 1914-1918. Durant l'occupation française de la Ruhr en 1923, il commet des actes de sabotages et se livre au renseignement. Arrêté après une dénonciation, il est jugé par un tribunal militaire français et passé par les armes après avoir refusé un recours en grâce. Quelques années plus tard, l'Allemagne nazie va faire de Schlageter, un véritable martyr à des fins de pure propagande. Des monuments - plus d'une centaine - sont dressés à sa gloire, son nom est donné à des escadrilles de chasse, des groupes militaires, à des écoles, à des lieux et la pièce de Hans Johst, ancien auteur expressionniste et pacifiste rallié au nouveau régime national-socialiste, est montée à Berlin...

 

Oscar Wilde à New York © Wikipédia

Attention aux pièges

Attention aux pièges qui affleurent souvent sous la surface de l'eau dans le petit monde des citations. Prenez la phrase : Quand la France s'ennuie... C'est évidemment le titre d'un texte fameux de Pierre Viansson-Ponté dans le journal Le Monde du 15 mars 1968 et qui commence ainsi : « Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c'est l'ennui. Les Français s'ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde, la guerre du Vietnam les émeut, certes, mais elle ne les touche pas vraiment. Invités à réunir "un milliard pour le Vietnam", 20 francs par tête, 33 francs par adulte, ils sont, après plus d'un an de collectes, bien loin du compte ». A quelques semaines de Mai 68, ce texte va naturellement prendre une toute autre dimension au point qu'aujourd'hui encore on s'en souvient.

La même phrase sans le Quand devient celle d'Alphonse de Lamartine prononcée le 11 octobre 1838 dans son discours à la Chambre : La France s'ennuie. (Plus précisément : La France est une nation qui s'ennuie.) Dix ans plus tard, après la chute de Louis-Philippe, Lamartine est membre du gouvernement provisoire. C'est la périlleuse et bien courte Seconde République qui s'achèvera en décembre 1851 avec le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Un an plus tard voit la restauration de l'Empire.

Enfin, voici quelques citations diverses et variées : Le bac, c'est comme la lessive : on mouille, on sèche... et on repasse (Herni Troyat). Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder. (Oscar Wilde). Et du même encore : Le mariage est la principale cause de divorce. Enfin, L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs. Et enfin une dernière qui sera le mot de la fin : Il est plus intelligent d'allumer une toute petite lampe que de te plaindre de l'obscurité (Lao-Tseu).

Lire aussi : Des sujets à foison...

Gérard Conreur

Thème(s) : Idées| Philosophie| Bac Philo 2009