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Fred du côté de la rue de Valois

Mitterrand au pouvoir !

Le neveu, rue de Valois. Frédéric Mitterrand, nouveau ministre de la Culture. Une "prise" de plus et de choix pour Nicolas Sarkozy.

- Premiers mots dans le journal de 18h de Florence Sturm. Suivi d'un commentaire de Ludovic Piedtenu : 

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- Tour d'horizon des réactions avec les reportages de nos confrères de France Info : Jules Lavie a interviewé Pierre Bergé, Hervé Bourges et Noël Mamère

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Et Olivier Bost a fait réagir des députés comme Arnaud Montebourg et Lionel Lucca :

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- Quels chantiers attendent Frédéric Mitterrand ? Eclairage de Salima Belhadj : 

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- Et quelle politique à venir ? Analyse de Tara Schlegel dans le journal d'Antoine Mercier (24/06) : 

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Frédéric Mitterrand ©Charles Flatiau / Reuters

Portrait

Frédéric Mitterrand est une sorte de pelote de ficelle que l'on ne sait par quel bout prendre de crainte d'y faire des noeuds. Faut-il parler du Politique ? De l'écrivain ? Du cinéaste ? Du producteur de télévision et de radio, notamment, ici, à France Culture, dans un bureau finalement pas si éloigné du mien ? Ce qui me permet d'espérer qu'un jour, peut-être... D'autant que nous allions à la cantine à peu près à la même heure. Frédéric Mitterrand sur France Culture, c'était « Ca me dit l'après-midi », jusqu'en juillet 2008 et jusqu'à sa nomination à la villa Médicis.

Avant de faire dans l'éloquence avec la voix de Bernard Gavoty présentant les grandes orgues de Saint-Eustache ou celle plus populaire de Guy Lux expliquant la nouvelle formule de Ring Parade sur France 3 : Frédéric Mitterrand, sa vie, son oeuvre, son dernier album... Avant de faire donc, tout ce que l'on fait d'ordinaire pour nos chers trépassés ou morts de leurs vivants, et comme le moment n'est pas encore venu ici, parlons donc de celui qui succède à Christine Albanel promptement débarquée au surlendemain d'une fête de la musique et des pères réunis et au lendemain d'un lundi de balade au grand zoo de Versailles.

En songeant à notre nouveau ministre de la Culture, deux images à connotation cinématographique se détachent. « On ne devrait jamais quitter Montauban » affirme Fernand Naudin dans les Tontons Flingueurs. Alors peut-être aussi qu'on ne devrait jamais quitter la Villa Médicis et la saveur des pâtes fraiches pour un steak frites rue de Valois ? L'autre image ? Celle de Fortunat, un film d'Alex Joffé de 1960 avec Bourvil, Michèle Morgan et le petit Frédéric Mitterrand en personne. Mai 1942, la ligne de démarcation. La clandestinité, la promiscuité. Et une autre ligne de démarcation qui sépare un brave type un peu gauche d'une grande bourgeoise plutôt seizième et son fiston. Très joli film où il est question de cohabitation entre Petrossian et William Saurin. Plus une question de moyens qu'une affaire de goût.

Frédéric Mitterrand est né le 21 août 1947 à Paris, dans un arrondissement plutôt défavorisé en matière de petits commerces ouverts assez tard la nuit et qui font crédit. Il est donc Cancer, 3ème décan. Emotif, les voyages sont favorisés. Petite rentrée d'argent. Il étudie à Janson de Sailly puis à la Fac de Nanterre et fait ses courses chez Monoprix mais ne nous attardons pas et passons tout de suite à ...beaucoup plus tard.

« Doté d'une voix lasse et nasillarde, et passionné autant par le gotha mondain et les grands personnages historiques que par le cinéma, Frédéric Mitterrand réalise et/ou présente de nombreuses émissions cinéphiliques ou consacrées aux grands de ce monde tout en devenant l'un des commentateurs attitrés des cérémonies royales sur le petit écran. » C'est la République des Lettres qui l'affirme texto. En somme quand il était petit il rêvait de prendre la place de Léon Zitrone et c'est finalement Michel Drucker qui a décroché la timbale.

Que dire de plus ? En 2005, dans La mauvaise vie, le neveu de l'ancien président de la République raconte sa part d'ombre, un récit autobiographique salué à la fois pour son audace et pour la qualité du texte.

Frédéric Mitterrand est aussi bien autre chose. Chevalier de la Légion d'honneur, Officier de l'Ordre national du Mérite et Officier de l'Ordre des Arts et Lettres. A été directeur de cinéma d'art et d'essai, réalisateur et présentateur pour la télé, écrivain, directeur des programmes de TV5... Comme Frédéric Mitterrand a toujours le mot pour rire, c'est lui-même qui a annoncé sa nomination sans attendre le feu vert - une rareté - de l'Elysée. Un dernier conseil pour la route ? La réforme Hadopi ? Avec un nom pareil, ça ne marchera jamais. Pourquoi pas Astrapi ou Amstramgram ?

Gérard Conreur

Thème(s) : Information| Gouvernement| Mitterrand ministre