Comment vont les patrons ? Refonder, humaniser 0
Tous deux ont un discours qui détonne et interpelle. A propos de
la situation actuelle comme de l'avenir de telles responsabilités et des
relations des patrons, en particulier avec leurs salariés.
Ecoutez le président du Centre des Jeunes Dirigeants et l'auteur du livre "Les patrons sont morts, vive les patrons".
'L'entreprise a également une responsabilité sociale, environnementale et sociétale'
© CJD
A 46 ans, Gontran Lejeune dirige une entreprise d'agroalimentaire de 32 salariés dans le Nord Pas de Calais. Après deux mandats régionaux, il préside également au niveau national le Centre des Jeunes Dirigeants d'entreprise. CJD, né en 1938 et qui a doublé le nombre de ses adhérents en 6 ans, 3.500 aujourd'hui dont certains à l'étranger.
Elu à titre bénévole jusqu'en 2010, Gontran Lejeune a répondu à nos questions le 18 août dernier, en estimant d'abord que "La crise n'est pas finie" :
- "C'est un échec dans notre mode de développement. L'important sera maintenant de valoriser l'entreprise autrement que par son bilan économique et comptable. (...) Il faut explorer de nouvelles voies" :
- "Concrètement. En créant des relations humaines au sein de l'entreprise où tous les salariés doivent participer aux choix stratégiques, en cultivant les présences (chef d'entreprise, salariés) dans un monde de plus en plus virtuel, en tenant compte des projets personnels des salariés et en mettant de l'audace partagée dans nos actions" :
- Depuis une dizaine d'années, le CJD et ses adhérents prônent et mettent en oeuvre une démarche de "performance globale". Gontran Lejeune la décrit ainsi que son outil d'évaluation, le "Global Performance Système" dont les résultats sont publiés sur internet :
'La société civile et la démocratie directe d'internet appelle un autre vivre ensemble'
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Après 16 années consacrées aux relations humaines et à la communication au sein du groupe Publicis, Didier Pitelet a préféré lancer ses propres sociétés en 2006. Quatre entités spécialisées dans le conseil en réputation d'entreprise (DreamGroup).
Son livre publié en mars chez Alban éditions dévoile ses convictions et celles de "grands témoins".
Partisan d'un monde professionnel plus transparent et équitable, Didier Pitelet estime que dans une société nouvelle d'écocitoyenneté et de participatif, la sanction va venir des clients.
Selon lui, il faut oser la transparence sans contrôle. Et les dirigeants sont relativement paniqués car ils savent diriger au sens des ratios mais plus au sens des hommes. Avec "une prise de conscience mais pas encore forcément d'action".
"La crise est alors sans cynisme une formidable opportunité puisqu'on a touché le fond" :
- "L'entreprise aujourd'hui est un lieu de mal être. Et plus l'entreprise est grande, plus le propos est vrai. Les salariés ne comprennent plus le sens de la direction donnée à leur entreprise. Et donc c'est le syndrome de la chenille : la tête avance et va très vite suivant les actionnaires, et le reste du corps ne fait que suivre par des spasmes, c'est-à-dire qui ne sait plus à quel saint se vouer" :
- "Il n'y a aucune solution toute faite mais en revanche une approche très pragmatique : surtout éviter la cosmétique publicitaire, éviter de tomber dans la facilité de la communication. Une entreprise n'a qu'un seul code ADN : sa marque. Donc nous encourageons les dirigeants à repenser et à remettre en adéquation leur attitude, leur comportement en fonction des engagements de leur marque." :
- Didier Pitelet a donc aussi interrogé pour son livre une dizaine de grands témoins d'horizons très différents. Avec un mot "qui fait le pont : confiance. Le vrai défi des patrons pour les années à venir est de reconquérir la confiance avec leurs salariés" :
Thème(s) : Information| Economie| Entreprise| Industrie| Société



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