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Hommage à Willy Ronis 0


Couverture d'un livre publié aux éditions Hoëbeke en 2005 

Notez la rediffusion cette semaine d'un "A voix nue" avec Willy Ronis, diffusé d'abord fin juillet dernier. Ce mardi, en deuxième partie de "Tout arrive", d'un entretien réalisé par Arnaud Laporte. Sans oublier, dans le journal de la culture de Raphaël Bourgois, l'analyse de Michel Poivert, Président de la Société française de photographie.

C'est un géant de la photographie française qui s'est éteint dans la nuit de vendredi à samedi à 99 ans. Contemporain de Cartier-Bresson, celui qui aurait voulu composer a « été clair dans son esprit et pétillant jusqu'au bout » a souligné le PDG d'Eyedea Presse, dont dépend l'agence Rapho. Encore vaillant aux dernières Rencontres d’Arles, dont il était l’invité d’honneur, Willy Ronis ne se déplaçait plus qu'en fauteuil roulant, affaibli par son grand âge et de régulières dialyses.

Photographe de quartier, aux côtés puis à la suite de son père, d’actualité, de mode, de publicité ou industriel, Ronis se distingue surtout dans le "social". Sa passion de Belleville et de Ménilmontant et son humanité dans le suivi des conflits des années 30 laissent des images en noir et blanc à la Doisneau. Parmi les plus fameuses : un couple d'amoureux au sommet de la colonne de la Bastille, un enfant bondissant dans la rue baguette à la main ou Rose Zehner, meneuse de grève aux usines Javel-Citroën. Instantanés tendres, sur le vif et marqués d'un sens de la lumière inspiré de son goût pour les peintres hollandais.

C’est d’ailleurs avec Doisneau et Brassaï que ce proche du Parti communiste fait partie en 1946 de la première équipe de l'agence Rapho. Enseignant la photo à Paris et en Provence à partir de 1968, le titi Willy se retirera une dizaine d'années à Gordes (Vaucluse). La consécration viendra à partir des années 70 avec une première invitation d'honneur aux Rencontres d’Arles,un Grand Prix des arts et lettres ou le prix Nadar pour son livre "Sur le fil du hasard".

Celui qui fut aussi régisseur de théâtre, aide-décorateur de cinéma, ou peintre sur bijoux range son appareil photo en 2001 après 73 ans de bon pied et très bon oeil. Mais il créé encore la surprise l’an dernier avec la publication de "Nues", un livre préfacé par Philippe Sollers et dont la plupart des images étaient inédites. Fils d'un émigré juif ukrainien et d'une pianiste juive lituanienne ayant fui au début du XXe siècle les pogroms, celui qui était né au pied de la Butte Montmartre est aujourd'hui exposé dans les musées du monde entier. Célèbre aussi pour ses autoportraits, son "Nirvana" restera un chef-d'oeuvre du genre, réalisé lors d'un saut en parachute, à 85 ans !

Ronis raconte ici, à Francesca Isidori, comment il a réalisé ses premières photos professionnelles. Un récit suivi de l'hommage d'Alain Genestar et d'Abbas interrogés par Anne Coudin (12/09) :

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Dans les allées de la Fête de l'Humanité, cette disparition a particulièrement ému. Reportage d'Hélène Filli (13/09) :

Lecture
 

 

 


- Regardez ci-dessous Willy Ronis cet été aux Rencontres d'Arles, dans un reportage de Georges Minangoy pour France 3   :

 

- Et en mai dernier, c'est une équipe de Médiapart qui l'avait rencontré chez lui :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Les hommages politiques

"Willy Ronis savait, avec grâce, exprimer l'âme d'un lieu ou restituer l'éclat d'un visage", a confié le maire de Paris Bertrand Delanoë. "Avec lui s'éteint un regard acéré, tendre et profond sur la ville et sur la vie" a ajouté celui qui avait organisé en 2006 une vaste rétrospective de l'oeuvre du photographe.

Frédéric Mitterrand a salué la mémoire de "l'un des plus grands maîtres de la photographie". Ce "gamin de Paris idéal" a su fixer "la poésie de notre quotidien", a noté le ministre de la Culture. "Il a posé un regard tendre, tout un siècle durant, sur des existences dont il savait saisir et immortaliser la grâce fugitive."

Le Premier ministre François Fillon a rendu "hommage au dévouement de Willy Ronis en faveur des jeunes photographes et à sa générosité, qui l'a conduit à léguer son oeuvre à l'Etat dès 1983".

Enfin, l'Elysée a rappelé que "Willy Ronis a immortalisé pour nous et pour les générations à venir une France populaire et poétique".

 

Eric Chaverou

Thème(s) : Arts & Spectacles| Photographie

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