Le monde depuis la chute du mur...
Depuis la chute du Mur, c'est la crise pour les marchands de barbelés qui ne savent plus où caser leurs stocks même si quelques marchés juteux ou prometteurs se profilent. Idem pour certains éditeurs spécialisés subitement passés de ces matins qui chantent au paradis des martyrs. Le mur anéanti a fragilisé des assemblages précaires et le soudain souffle de la liberté a ranimé des querelles fratricides. Preuve que la démocratie n'est pas un ordre naturel des choses.
Les habitants de Prague entourent les chars soviétiques devant le bâtiment de la radio tchécoslovaque © REUTERS / Libor Hajsky
1989 - 1991
16 novembre-29 décembre 1989
La Révolution de velours précipite la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie et la fin de la normalisation entreprise après le bref Printemps de Prague de 1968. A la tête de cette démocratie, le dramaturge Vaclav Havel qui ne pourra pas empêcher en 1993 la partition de son pays en République tchèque ou Tchéquie et Slovaquie mais sans effusion de sang.
3 octobre 1990 à minuit Un peu plus d'un an après la chute du mur de Berlin et tandis que des centaines de milliers de personnes entonnent un vibrant Hymne à la joie de Beethoven alors que flottent les couleurs rouge, or et noir, l'Allemagne fête sa réunification célébrée par la Communauté internationale.
20 juin 1991 Berlin redevient la capitale de l'Allemagne. Le Reichstag que les nazis avaient incendié durant la nuit du 27 au 28 février 1933 sera restauré. Dès la fin des travaux, il accueillera le Bundestag le 19 avril 1999. La coupole du bâtiment a été reconstruite en verre pour symboliser la transparence de la démocratie allemande.
26 décembre 1991 Le Soviet suprême se réunit et dissout formellement l'Union soviétique. Après le retrait de ses troupes d'Afghanistan en février 1989, la chute du mur de Berlin et la réunification allemande, l'Union soviétique est profondément fragilisée. Au cours de l'automne 1991, les républiques de l'URSS ont proclamé tout à tour leur indépendance. Le 24 décembre, la Russie est reconnue par les Occidentaux comme Etat continuateur de l'Union soviétique et lui succède au Conseil de sécurité des Nations unies. Le lendemain, Gorbatchev démissionne de son poste de président d'un pays qui n'existe plus et transmet à Boris Eltsine, le contrôle de l'armement nucléaire. Aucun politologue averti, aucune oeuvre de fiction la plus débridée soit-elle n'aurait jamais pu concevoir l'effondrement aussi invraisemblablement rapide de l'empire soviétique.
Des soldats tchétchènes chargent des munitions antiaériennes, le 10 décembre 1994. © REUTERS / STR New
1991 - 2001
Plusieurs confits très meurtriers dévastent la Yougoslavie. Ils s'inscrivent à l'origine dans une volonté de préserver l'unité yougoslave mais prendront très rapidement un caractère nationaliste, voire ethnique. Comme pour la Seconde Guerre mondiale, on parlera de génocide et de crimes de guerre. Guerre en Slovénie en 1991, en Croatie de 1991 à 1995 et en Bosnie de 1992 à 1995, cette dernière étant de loin la plus sanglante. Enfin le sud et l'est de l'ex-Yougoslavie seront également le théâtre d'affrontements avec les guerres du Kossovo (1996-1999), de Macédoine (2001).
1991-1996
Peu de temps avant la dislocation de l'Union Soviétique en 1991, un mouvement d'indépendance se forme en Tchétchénie dans le nord du Causase portant Djohar Doudaïev à la présidence de la République. Entre 1991 et 1994, les séparatistes Tchétchènes chassent plusieurs dizaines de milliers de résidents d'origine russe, arménienne, juive et d'autres minorités non-musulmanes de Tchétchénie, notamment de Grozny où les deux tiers de la population étaient russophones. Prises d'otages et assassinats se multiplient. Le 4 juin 1992, L'Ingouchie se sépare de la Tchétchénie rebelle. En 1994, la première guerre de Tchétchénie éclate avec l'attaque surprise de l'armée russe. Conflit très meurtrier qui entraine de vastes destructions. Mais l'armée russe s'essouffle, d'autant que cette guerre est mal perçue par l'opinion publique russe qui redoute une « afghanisation » du conflit. En août 1996, un accord de paix en forme de statu quo est signé entre les belligérants reconnaissant à la Tchétchénie une autonomie complète mais sans régler la question de l'indépendance dont les pourparlers sont sans cesse repoussés. Cette situation donnera lieu à l'éclatement d'une deuxième guerre de Tchétchénie à partir de 1999.
29 mai 1994, Santiago du Chili Erich Honecker, père du Mur de Berlin, a été limogé en octobre 1989. En 1990, après un court séjour en prison, il quitte l'Allemagne et se met sous la protection de Moscou. Expulsé deux ans plus tard et remis aux autorités berlinoises, il est condamné pour meurtres pour avoir donné l'ordre de tirer sur les fugitifs qui tentaient de franchir le Mur de Berlin. Libéré pour raisons de santé, il choisit l'exil au Chili où il meurt le 29 mai 1994.
Drapeau de l'Union européenne. REUTERS / David W Cerny©Radio France
2004 - 2008
2004, le grand élargissement européen
En 1994, la Pologne et la Hongrie déposent officiellement leur candidature à l'adhésion à l'union européenne. En 1995, c'est au tour de la Roumanie, la Slovaquie, la Lettonie, l'Estonie, la Lituanie et la Bulgarie, l'année suivante, la République tchèque et la Slovénie, etc. Le 1er mai 2004, signature à Dublin de l'acte d'élargissement de l'Union européenne qui passe de 15 à 25 membres.
août 2008
Affrontements entre la Géorgie et la Russie après l'offensive de Tbilissi visant à vouloir reprendre par la force le contrôle de l'Ossétie du Sud, soutenue la Russie. Tskhinvali, sa capitale, bombardée par les forces géorgiennes retombe rapidement aux mains des Russes. De son côté, l'Abkhazie, province également séparatiste entre à son tour en guerre contre la Géorgie. Au final, malgré les condamnations américaines et le plan en six points de la diplomatie française, le 26 août, le président Medvedev signe les décrets reconnaissant l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie tandis que la Géorgie dénonce une annexion pure et simple par la Russie.
Le mur israélien en Cisjordanie, à la périphérie de Jérusalem. © REUTERS / Yannis Behrakis
Epilogue
Si la fin du XXème siècle a vu la disparition du Mur de la honte à Berlin, la mémoire n'est pas le fort des maçons apprentis sorciers qui au nom de la sécurité brandissent truelles et parpaings. Exemples parmi d'autres : le mur que les Américains ont construit sur leur frontière avec le Mexique. Une folie douce de 1.200 kilomètres signée, dit-on, Georges Bush fiston. Et puis un autre mur des lamentations cette fois et de toutes façons contraire au droit international, et puis encore... A Paris, avant la Révolution française, lorsque la ville était ceinte de fortifications (d'où la notion de Paris intra muros), on disait : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. » Les barrières, Checkpoint Charlie de l'époque, furent la première chose à laquelle le peuple de Paris de 1789 s'attaqua, il y a de cela tout juste deux siècles avant la chute du Mur de Berlin.
Thème(s) : Création Radiophonique| Commémoration| La chute du mur de Berlin

