Etat des lieux de la vie nocturne parisienne
A la demande de la Mairie de Paris et de la Chambre Syndicale des Cabarets Artistiques et des Discothèques (CSCAD), l’École de Guerre Économique (EGE), a réalisé un rapport sur « la compétitivité nocturne de Paris » en particulier par rapport aux capitales européennes concurrentes.
Le Moulin Rouge, à Paris dans le quartier de Pigalle. © REUTERS / Ho New
Un rapport qui place Paris en bonne dernière
Le rapport de l’EGE se base
sur l’étude comparative de quatre grandes agglomérations européennes :
Amsterdam, Barcelone, Berlin et Londres. Pour chacune de ces villes, le
document établit une « matrice SWOT », composée de quatre axes : les
forces, faiblesses, opportunités et menaces de la ville.
Un tableau comparatif permet également de résumer les différentes
situations. Londres prend la tête du classement, suivie de Berlin puis
de Barcelone et Amsterdam. Et Paris figure en bonne dernière.
Pourtant la ville ne manque pas de points forts : une grande diversité
des établissements de nuit, une offre adaptée à un large public, l’atout
patrimoine culturel et un certain art de vivre à la française, les
initiatives d’événements mondiaux tels que la fête de la musique ou la
nuit blanche...
Mais Paris collectionne également les points faibles : l’image d’une
ville musée, des transports insuffisants, trop peu nombreux, une offre
peu visible, un manque de renouveau, une absence de considération par
les pouvoirs publics, des rapports difficiles avec la préfecture de
police, des vides culturels dans certains quartiers, une intégration
difficile des minorités…
Quelle sera la stratégie de Paris ? © REUTERS / Charles Platiau
D'autres stratégies payantes
Dans son rapport, l’Ecole de Guerre Économique a comparé quatre
métropoles européennes dont les stratégies vis-à-vis de leur vie
nocturne sont claires et pleinement assumées.
« Amsterdam assume ses choix et se donne les moyens de ses
ambitions ». La ville a su séduire avec son état d’esprit libéral et une
vie nocturne permissive.
Barcelone sait tirer profit d’un développement touristique sans
précédent et mise sur son image de ville dynamique et festive.
De son côté Berlin joue la carte de la capitale techno, la
culture underground et artistique et une forte implication des pouvoirs
publics.
Enfin Londres profite de la grande diversité de ses activités
nocturnes, sa réputation d’avant-garde et sa culture du « Clubbing ».
Face à ses concurrentes, Paris manque d’une réelle stratégie par
rapport à sa vie nocturne.
Fête du nouvel an sur les Champs Elysées parisiens. © REUTERS / Charles Platiau
Des propositions…
En conclusion l’étude propose d’élaborer une stratégie pour Paris en
capitalisant sur l’offre et le patrimoine culturel de la ville en
accommodant certaines activités culturelles du jour à la nuit.
Une première proposition consisterait en la création d’un office du
tourisme de la nuit situé sur les Champs Elysées dont le but serait
d’informer et de renseigner les passants, parisiens et touristes sur les
activités, les lieux et les tarifs.
Une seconde proposition vise la mise en place de « pass » pour une
soirée dans un quartier. Un moyen d’adapter l’offre à la demande : un «
pack » soirée pour découvrir un quartier, pour un public ciblé (pack
jeune, famille, sénior…) avec des activités diverses…
Sur le site de Slate.fr, le journaliste Loïc H Rechi propose d’innover
et lance six pistes pour refaire de Paris un
lieu de fêtes : faciliter les transports la nuit, assouplir les
entrées dans les clubs, changer les formes des soirées, remettre au
gout du jour les bals de quartier, aller en banlieue, ouvrir les squats…
- > A consulter : notre dossier Que deviennent les Nuits parisiennes ? La vie nocturne parisienne fait grise mine : au même moment sont lancés la pétition « Quand la nuit meurt en silence » par les acteurs et professionnels de la nuit et le site Paris Nightlife par la ville de Paris. État des lieux des nuits parisiennes.
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