retour en haut de page

Nuits parisiennes. Réactions... en ligne

Le 23 octobre 2009, s’ouvre la pétition en ligne « Quand la nuit meurt en silence » à l'initiative de Technopol (l'association au service de l'électro qui organise la Techno Parade et les Rendez Vous Electroniques), Plaqué Or (promotion d'artistes et organisateur de soirées) et My Electro Kitchen (disquaire et organisateur).
A ce jour, elle compte 13 034 signatures. Sur facebook, le groupe compte quelques 17 283 membres. Le 31 décembre, cette lettre ouverte sera envoyée au ministère de la Culture.

En parallèle, le 18 novembre dernier, la ville de Paris lance son site internet, Paris Nightlife, comme site de référence des fêtes nocturnes parisiennes.

 

Concert à l'Elysée Montmartre. © RF / Christophe Richert

Les raisons de cette pétition

Professionnels de la nuit, artistes, exploitants de lieux de sortie, ils souhaitent attirer l’attention sur les difficultés qu’ils rencontrent à exercer aujourd’hui leurs métiers. Le premier des points soulevés concerne la gestion des problèmes de voisinage et de nuisances.

Paris est une capitale à l’étendue réduite où la cohabitation des lieux de travail, d’habitation et de vie nocturne se concentre aux mêmes endroits. Les lieux parisiens de diffusion musicale (bars, salles de concert, clubs) voient les artistes, les professionnels et le public s’exiler vers d’autres destinations plus festives.

Une situation qui s’est encore dégradée avec la mise en place de la loi anti-tabac qui élargit la responsabilité de l’établissement à la rue et provoque de nouvelles nuisances sonores dû aux conversations qui se déroulent maintenant sur les trottoirs. Ce cumul des lois anti-tabac, antibruit ainsi que l’interdiction de faire danser les clients pour les établissements non déclarés comme « clubs » fait chuter les bénéfices des lieux festifs de la nuit.

 

Depuis le jardin du Luxembourg pendant la Nuit Blanche 2009. © REUTERS / Gonzalo Fuentes

Les demandes des signataires

La pétition, soutenue de ses signatures, met en avant les points que le collectif veut négocier avec le ministère de la Culture.
A savoir :
• Un réaménagement de la législation et une réadaptation avec les réalités et les pratiques culturelles et sociales actuelles ;
• Des moyens plus importants des aides publiques pour les travaux d’aménagement et d’isolation des lieux de diffusion ;
• Une juste écoute entre les attentes du public des nuits et les riverains ;
• La définition d’un statut juridique particulier pour des zones définies comme quartiers festifs ;
• La possibilité de mise à disposition de lieux ou de friches pour des événements ponctuels ou pérennes ;
• L’affirmation effective de l’importance pour la culture des lieux de diffusion de proximité ;
• La prise de conscience des institutionnels de l’importance culturelle et économique de la vie nocturne pour une capitale comme Paris et une région comme l’Ile-de-France.

 

La Ville de Paris lance son « site de la nuit »

Le site Paris Nightlife se veut être la vitrine de la vie nocturne parisienne en recensant les bars, restaurants et discothèques, avec l'ambition de devenir « l'outil de référence pour organiser ses nuits à Paris ».

Bilingue français / anglais, le site propose un agenda détaillé de toutes les activités possibles le soir même, le lendemain, la semaine ou le week-end suivant. Le plan interactif permet de visualiser l’ensemble de ces informations : tous les quartiers et les lieux musicaux, festifs et artistiques sont cartographiés. Quelques informations complémentaires sur les transports et les numéros d’urgence. Le site dispose aussi d’un moteur de recherche multicritères et chaque établissement est présenté sous forme de fiche.
Une version mobile est également envisagée. Et parallèlement, un document papier sera distribué à 100 000 exemplaires : cartographie des quartiers et lieux de sorties nocturnes.

Parmi les premières réactions, celle de Libération qui émet quelques réserves sur le plan papier, peu lisible car imprimé sur fond noir et très incomplet puisque le Zénith, la Cigale, le casino de Paris ou le Gibus, célèbres lieux de la nuit parisienne, n’y figurent pas.
Même son de cloche sur le site de la boîte à sorties, blog des sorties culturelles, autour du lancement en demi-teinte de Paris Nightlife.

 

> A consulter : notre dossier Que deviennent les Nuits parisiennes ? La vie nocturne parisienne fait grise mine : au même moment sont lancés la pétition « Quand la nuit meurt en silence » par les acteurs et professionnels de la nuit et le site Paris Nightlife par la ville de Paris. État des lieux des nuits parisiennes.

Isabelle Lassalle

Thème(s) : Information| Création Sonore| Loisirs| Musique| Nuits parisiennes| Sorties