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Bac Philo 2010. Vendredi 11 juin 2010

Lycée Jacques Brel à La Courneuve, avec Maryse Emel

 Peut-on tout démontrer ?

 

j'aime bien commencer un sujet par l'analyse d'expressions courantes  qui font apparaître simplement la problématique du sujet.

. Ainsi énoncerai-je qqs formules courantes où est mis en lumière tout à la fois le prestige et les limites du prestige de la démonstration

D'autre part je me demande s'il n'est pas mieux du fait du public de cette émission de montrer l'ordre des recherches qui me guide afin de parvenir à construire le plan de la dissertation (.et lutter ainsi contre la tendance lourde des élèves à consommer du prof au lieu de réellement construire une réflexion)

 

Ménon de Platon me servira de fil conducteur et tout particulièrement l'épisode de l'esclave. Je montrerai que la démonstration est aussi monstration  et que la démonstration est certes fascinante mais qu'elle a des limites. (ainsi je guiderai mon public vers l'idée que la démonstration est d'abord un  jeu mathématique , jeu au sens mécanique d'espace de liberté, d'écart...). Pourquoi? parce que après avoir établi la rigueur de la rationalité mathématique et sa forte fécondité - notamment lorsque l'on fait intervenir le rapport des sciences à la démonstration), la puissance de ce jeu qui met de côté la "gênante" subjectivité , je ferai surgir:

1. le fondement de cette vérité dans la subjectivité chez Descartes (Méditations Métaphysiques)

2. les deux chemins de la vérité mathématique: ordre d'exposition et ordre de découverte

3. le pb des indémontrables qui fait des mathématiques un jeu axiomatique

Ainsi cette force de la démonstration se voit bousculer...

c'est pourquoi dans un dernier temps j'examinerai les limites de cette démonstration dans le domaine religieux (la question de la démonstration de l'existence de Dieu par ex).

Plus largement cette question pose le pb de l'équivocité des mots, du statut du langage par conséquent...

la démonstration suppose un langage dépourvu de confusion...ou du moins ramène tout à un idéal de transparence..

c'est faire fi de la force du langage et de la puissance créatrice de ces symboles qui ne sont pas mathématiques ou logiques.

dire que tout peut être démontré c'est s'enfermer dans un dogmatisme de la raison qui peut paradoxalement nous amener à un usage irrationnel de la démonstration.

 

je viens de rédiger ce plan très rapidement. Plus qu'un plan c'est plutôt un cheminement qui me conduit à souligner la capacité que la raison peut parfois avoir d'engendrer de l'irrationnel.

Je vs envoie ce premier jet et le prolonge dans un second mail par des références philosophiques, notamment pour cette dernière partie ;..j'ai envie de montrer par exemple qu'on ne démontre pas le sens d'un tableau...qu'il faut parfois admettre au nom de la raison qu'une réponse définitive et close n'est pas nécessairement signe de vérité mais que le "conflit des interprétations" c'est à dire l'ouverture et la non clôture est seule garante d'une vérité toujours en devenir..ce que l'esclave de Ménon nous laissait entrevoir...c'est lorsque ce dernier sort du cadre rigide qu'il trouve la réponse ou du moins est capable de l'envisager.

 

comme tableau j'analyserai probablement la Raie de Chardin...)

Thème(s) : Idées| Philosophie