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Bart De Wever : l'indépendantiste qui monte

A 39 ans, plusieurs études d'opinion le présentaient déjà comme l'homme politique le plus populaire de Flandre. Ses récentes déclarations auront sûrement conforté le succès du chantre du confédéralisme. Cet Anversois a su alterner propos choc et concessions. Le 7 juin, à la Vlaamse Radio, il affirme ainsi : « le choix de faire de Bruxelles une Région n'était pas celui de la N-VA. C'est un choix néfaste ». Le lendemain, il précise toutefois être prêt à laisser gouverner un francophone et ajoute : « Nous ne voulons pas la révolution. Nous ne voulons pas proclamer l'indépendance de la Flandre du jour au lendemain. Mais nous croyons néanmoins en une évolution progressive (des pouvoirs) vers la Flandre et l'Europe, et dans cette évolution, le système confédéral peut constituer une étape douce ».

En meeting a gand le 6 juin. François Lenoir © Reuters

Fils d’un membre de la VNV, la Ligue nationale flamande, proche du parti nazi, Bart De Wever a fondé la Nouvelle Alliance flamande (N-VA) en 2001, avec des membres de l'aile conservatrice de la Volksunie, le parti historique du mouvement autonomiste flamand. Après en avoir pris la tête et gagné le Parlement, l’historien de formation se fait connaître par quelques coups d’éclats. Comme en 2005 quand il déverse 11 milliards de faux euros au pied d'une usine en Wallonie pour dénoncer les transferts financiers vers le sud du pays. Photographié dans les années 90 aux côtés de Jean-Marie Le Pen, il prendra ses distances avec les extrémistes du Vlaams Belang (L'Intérêt flamand, ex-Vlaams Blok), qui n’hésitent pas à crier "Belgique, crève !" Et gagnera en aura médiatique en accédant à la finale d'une célèbre émission télévisée "De slimste men ter wereld" (l'homme le plus intelligent du monde), sur la VRT.

Aujourd’hui, le favori des néerlandophones affirme à l’AFP que « Le pays est bloqué. Sur des points très importants, comme l'immigration, le budget ou la réforme de la Justice, les Flamands et les francophones ne parviennent plus à s'entendre ». Mais très bon débatteur, il rassure la presse internationale devant un drapeau européen flanqué d’un lion flamand à la place de l’une de ses étoiles ! Un talent politique indéniable qui transforme pour certains ce père de 4 enfants à l’allure de bon vivant en homme clé du pays. Surtout, selon le journaliste Philippe Walkowiak, après « 3 ans d’immobilisme » et face à des « formations francophones très attentistes ».

Eric Chaverou

Thème(s) : Information| Europe| Géopolitique| Parti Politique| Belgique| élections législatives

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Portrait par un Francophone de BruxellesOù l'on découvre notamment une photo de Bart De Wever souriant à côté de Jean-Marie Le Pen, lors d'une réunion de l'extrême droite européenne à Anvers en 1996.