Le jour d'avant : La guerre au fil des ondes
Lorsque l'on évoque la Radio en France durant l'Occupation, deux types d'auditeurs viennent à l'esprit. Les uns, peu nombreux, écoutaient la Radio de Londres; la BBC (qu'ils prononçaient d'ailleurs sans snobisme "bébéçé"). Les autres se groupaient autour du poste familial pour ne rien perdre des programmes de Radio-Paris. La Radio de Londres et Radio-Paris, se livraient une guerre sans merci sur les ondes mais elles cohabitaient plus pacifiquement dans le vieux poste de TSF familial. L'écoute de la radio de Londres était interdite et en cas de contrôle, il valait mieux ne pas laisser trainer n'importe où l'aiguille du cadran...
Ici Londres... ©Radio France
En fait, nos chers z'amis z’auditeurs n'avaient pas franchement le choix d'écouter autre chose que Radio-Paris. Les autres radios ayant cessé d'émettre, la plupart du temps, dans les premiers jours de l'Occupation. Radio-Paris née en 1924, était l'héritière de l'historique Radiola et son sympathique animateur Radiolo alias Marcel Laporte qui sera par la suite la voix de l'horloge parlante jusqu'en 1965. Réputée pour la qualité de ses programmes, la station est rachetée en 1933 par l'Etat qui la dote d'un émetteur très puissant à Allouis (détruit pendant la guerre, il sera remplacé et affecté à Radio France par la suite notamment pour la diffusion de France Inter en Grandes Ondes). Les anciens actionnaires de Radio-Paris investiront les recettes de la vente dans la création de Radio-Luxembourg.
La véritable Radio-Paris, l'une des meilleures radios de France émet jusqu'au 17 juin 1940 mais l'occupant va usurper ce nom pour en faire l'outil principal de sa propagande durant toute la guerre tandis que sur d'autres fréquences, on fredonnera : Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand... sur l'air de "la Cucaracha".
Radio Paris, Radio Cité, BBC... :
Le Poste-Parisien "arrosait" l'Europe entière et l'Afrique du Nord à l'aide d'un émetteur de forte puissance. C'est le frère de Paul Dupuy, directeur du journal Le Petit Parisien, qui à l'aube des années trente, va faire du Poste-Parisien une radio très populaire qui accueillera dans ses studios toutes les célébrités du moment. En 1940, les Allemands font main basse sur les installations de la station qui deviendra Radio Nationale à la Libération. Le Poste-Parisien fit également des essais de télévision dans les années trente.
Radio-Cité est la radio de Marcel Bleustein-Blanchet, patron de Publicis qui voulait en faire une radio "à l'américaine" avec des jeux, des feuilletons (notamment la famille Duraton que reprendra ensuite Radio Luxembourg). Radio-Cité, c'est aussi le Crochet Radiophonique et le souci d'un meilleur confort d'écoute pour les auditeurs. Radio-Cité se tait définitivement en 1940.
Radio Tour Eiffel émet depuis ...la Tour Eiffel dès 1910. A la veille de Noël 1921, elle démarre des émissions quotidiennes à raison d'une demi-heure par jour : un bulletin météo, une revue de presse et un morceau de violon... Les programmes s'étofferont un peu par la suite mais le ton de la station n'incline pas à la franche rigolade : ses programmes sont austères, sa musique n'a rien de légère et ses causeries sont interminables. Comble de malchance, une piètre qualité de réception en fait une radio peu écoutée. Radio Tour Eiffel cessera ses émissions avec l'arrivée des Allemands en 40 mais aussi dans l'indifférence générale.
Citons aussi le Poste de l'Ile de France, une radio populaire, colorée et, comme on le dit de nos jours, résolument fredonnante. Variétés, accordéon et opérette sont au programme avec le Concert Banania, le Théâtre Lustucru et, cela ne s'invente pas, La semaine en vers et contre tous.
Quelques anecdotes pour finir, Frank Bauer à Londres, c'était la voix des Français parlent aux Français et la guerre terminée, le père d'Alex Bauer qui se fit connaître lui-même à la radio avec son fameux tube : cargo de nuit. Autre homme de radio, Jean Nohain et son frère Claude Dauphin, comédien, tous les deux dans la 2ème DB avec Jean Gabin et Jean Marais, libérant Paris en août 1944.
Raymond Marcillac
Un journaliste débutant d'une vingtaine d'années couvre la libération de Paris et la descente des Champs-Elysées par le Général de Gaulle lorsque soudain près de Notre Dame, une fusillade éclate. Ce jeune journaliste au coeur de l'événement, jeune résistant, et à qui Maurice Schumann a confié ce reportage, on le croisera souvent, bien des années plus tard, dans les couloirs de la Maison de la Radio puis plus tard encore, promenant son chien rue du Ranelagh ou de Boulainvilliers. C'était Raymond Marcillac, un grand nom de la Radio Télévision Française, qui créa notamment Télé dimanche et Les coulisses de l'exploit.
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Thème(s) : Histoire| 20e siècle| BBC| radio| Radio Paris| Seconde guerre mondiale

