25èmes rencontres de Pétrarque 15
Antoine Mercier ©Radio France
Antoine Mercier est à Montpellier pour les 25èmes rencontres de Pétrarque, organisées par le journal Le Monde et France Culture et présentées par Emmanuel Laurentin et Jean Birnbaum, du 19 au 23 juillet.
La science, les experts, la démocratie, la technologie? Les intervenants se demanderont: "En qui peut-on avoir confiance"?
Tous les jours, il rencontre l'un des intervenants pour un entretien de 10 minutes diffusé à partir de 12h40. Pour le site internet, il propose un second entretien pour approfondir les thématiques abordées.
19 juillet
C'est la sociologue et ancien membre du Conseil Constitutionnel Dominique Schnapper qui ouvre les rencontres avec une leçon inaugurale; c'est également la première invitée d'Antoine Mercier.
Dominique Schnapper
"La crise de confiance
illustre la fragilité des sociétés démocratiques."
"La confiance
dans les institutions est une condition de la vie en commun" (Bonus)
20 juillet
Peut-on avoir confiance en la science? C'est le thème de cette première journée de discussions. Antoine Mercier reçoit Jean Claude Ameisen, immunologue et chercheur en biologie.
Jean Claude Ameisen
"La science nous dit l'état du monde, elle ne nous dit en rien ce qu'il convient de faire."
"Réhumaniser la médecine" (Bonus)
21 juillet
Antoine Mercier reçoit Jean-François Bayart, directeur de recherches au CNRS et spécialiste de politique comparée. Il s'entretient avec lui sur le thème du jour, "Experts en crise, crise des experts".
Jean-François Bayart
"Par définition, l'expert n'est pas indépendant"
Sur la conférence de Kaboul : "L'afghanisation sera une retalibanisation" (Bonus)
22 juillet
La juriste et chercheuse Marcela Iacub sera l'invitée d'Antoine Mercier, pour cette journée des rencontres de Pétrarque consacrée à la démocratie.
Marcela Iacub
"Dans toute représentation politique, il y a un sentiment d’illégitimité"
"On a plus de chance de devenir anti-raciste quand on laisse les racistes s'exprimer"
23 juillet
"Tous connectés, bientôt débranchés?", Antoine Mercier invite la philosophe Michela Marzano, spécialisée dans la réflexion sur l'être humain et son corps.
Michela Marzano
"La méfiance est un cercle vicieux"
Faire confiance, c'est "accepter les dangers du saut"
Thème(s) : Idées| Philosophie| Sciences| Sociologie| Débat| Politique| Dominique Schnapper| Philosophie| politique| rencontres de pétrarque| sociologie
Site(s) recommandé(s)
Documents
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La démocratie providentielle. Essai sur l'égalité contemporaine Gallimard - NRF, 2002



15 commentaires
Jean-François BAYARD oppose les fonctions du chercheur à celles de l'expert, en dénonçant une confusion des genres entre ces deux fonctions et une " marchandisation de la fonction intellectuelle" à l'oeuvre dans toute l'europe.
Il articule son argument autour du contre-exemple que constitue la neutralité axiologique supposée du chercheur, lequel, dans un âge d'or aujourd'hui disparu, pouvait librement choisir son champ de recherche, sans intervention autre que celles de ses pairs, le contribuable n'étant là que pour financer en toute confiance le processus en cours.
Il se trouve que la neutralité du chercheur est loin d'être un fait avéré,et il est un peu ridicule de réifier " la science" qui descendrait sur ces oints pour leur souffler leur intérêt pour tel ou tel champ. Quand on connait la contingence des choix dans un parcours de chercheur, souvent chaotique, l'importance des modes, de la visibilité ou publicité personnelle espérée du choix d'un sujet, et l'importance du " biais de disponibilité", qu'on pourrait appeler aussi conformisme, ou corporatisme dans les orientations d'un chercheur, on se dit que la description de Jean-François BAYARD est un stéréotype, tout à fait sympathique, mais erroné. On peut lui conseiller l'écoute de Philippe EVEN dans l'université de tous les savoirs ( France Culture), pour voir à quel point la corporation des chercheurs, au sens large, est capable de se payer de mots.
Oui, il faut de la contractualisation, oui, il faut justifier une allocation de ressources de la part du donneur d'ordres public. Ce n'est pas forcément du néolibéralisme, c'est certainement la manifestation de l'intérêt du citoyen et de ses représentants pour la chose publique, la recherche n'étant pas le pré-carré ou le terrain de jeu privé de la corporation des chercheurs.
Quant à la description qu'il fait de l'expert, elle est tout aussi caricaturale. La contractualisation avec le donneur d'ordre comporte par nature l'exposé de la problématique dudit donneur d'ordre, c'est bien légitime, et c'est même l'objectif de ce donneur d'ordre public que de demander à l'expert d'éclairer sa décision. Prétendre que du seul fait de cette contractualisation, et de la relation marchande sous-jacente, la demande implicite du donneur d'ordre ne peut être que de rechercher des " éléments de langage" pour habiller une décision déjà prise me semble participer de la théorie du complot.
Les décideurs publics sont désemparés devant la complexité du monde, c'est bien évident, et l'appel aux experts ne participe pas d'un simple exercice de communication. Rappelez-vous la parole pathétique du chef de l'état adressée à jacques ATALI en lui commandant son rapport sur la croissance. "Ce que vous nous direz, nous le ferons". Parole tenue. Vous vous souvenez des chauffeurs de taxi dans la rue et de la retraite piteuse des pouvoirs publics. Les décideurs sont en manque cruel d'idées,cela semble évident.
Regardez la réforme des retraites en train de se faire, le rapport des experts du COR situant nettement le cadre et le gouvernement optant pour des choix qui sont clairement les siens. On ne peut accuser le COR d'avoir conseillé au gouvernement de faire reposer sa réforme sur la contribution des jeunes, sans toucher aux intérêts des retraités, parce que ceux-ci constituent sa base électorale. Ce n'est pas ainsi que les échanges entre les experts et le gouvernement se sont organisés et s'organisent dans nombre de domaines. Les experts ne sont pas obligatoirement dans une position de conflit d'intérêt, et parfois bien moins que les chercheurs.
votre nom :
Peut on avoir confiance dans la qualité des choix culturels de France Culture quand elle nous remet une couche de michel Onfray, ou met en scène l'identité nationale avec " les Gaulois" répétés sur une logue période ?
idéologie médiatique, comme les autres ...
France culture pas à l'aise ??
Très intéressant.
Ces interviews très importants pour la réflexion, l'enseignement, comme les précédents d'ailleurs devraient être plus facilement accessibles et dans leur intégralité et surtout restaient librement consultables
Merci.
Cordialement
Bonjour, merci pour votre commentaire. Comme pour toutes les diffusions de France Culture, les interviews de Marc Mercier sont disponibles 30 jours après leur passage à l'antenne.
Cordialement.
déjà une angoisse dans la question !
et c'est bien ' à la mode ' avec ce rejet encore accru des Politiques des media (qui ne s'en sortent pas); dans le règne de la confusion et surtout de l' ARGENT_FOU & ROI !!...
Etait-ce de Gaulle qui avait proféré : " la confiance ne se décrète pas " ? On pourrait ajouter qu'elle se retire aisément, avec des nuances parfois; on fait "moins confiance" ..
Il peut arriver également qu'on retire définitivement confiance, avec des motifs pour cela; et ce début de siècle nous a fourni une occasion de première grandeur !! Vivre avec d'énormes non-dits et mensonges au-dessus de la tête est intenable à terme. que ceux qui se targuent de réfléchir pour autrui fassent simplement preuve d'honnêteté et simple respect du Public .. puisqu'il s'agit de Service Public, n'est-ce pas ?!
J'ai retiré définitivement ma confiance à France-Culture.
Je ne comprends pas les raisons de votre défiance, ou du retrait "définitif" de votre confiance à France-culture.
Quels sont ces mensonges ou non-dits qui planent au-dessus de nos têtes ?
Cela m'intéresserait de le savoir, moi qui pense naïvement que j'ai une dette immense envers cette radio de service public.
Que dénoncez-vous, le rejet des politiques par les médias, ou le règne de l'argent au sein du monde politique ?
Votre intervention n'est pas claire et en tous cas pas à la hauteur de cette magnifique émission.
Bonjour,
Des émissions intéressantes...La qualité France-culture quoi!!!
Pourrions-nous connaitre le nom des prochains intervenants interviewés?
L'invitée du jeudi 22 sera la juriste Marcela Iacub et vendredi 23, Antoine Mercier recevra la philosophe Michela Marzano.
Rubrique très intéressante mais impossible à trouver sur le site de France Culture. Merci d'avoir annoncé que le lien était en première page... même s'il y a au moins trois endroits qui parlent des 25èmes rencontres de Pétrarque sur la première page (Blog...).
Pourquoi n'y a-t-il pas de rubrique spécifique ("Web radio", "Bonus" ou "Compléments" par exemple) pour toutes ces prolongations d'interviews que vous faites. Déjà sur l'ancien site vos "Autres regards sur la crise" étaient introuvables ! D'ailleurs sont-ils encore disponibles quelque part ?
On ne peut que souhaiter plus de podcast de ce type. A quand une disponibilité de l'ensemble des conférences de ce type ? Ce sont des supports intéressants pour la réflexion, l'enseignement, etc.
Merci beaucoup pour votre suggestion. Sachez que du 9 au 13 août, "Les grands débats" reviendront tous les jours sur les rencontres de Pétrarque, entre 20h30 et 22h
L'émission sera également disponible en podcasts.
Je n'ai pas eu le loisir de poser une question qui me tient à coeur: celle du principe de précaution qui a désormais valeur constitutionnelle et qui est brandi à tort et à travers pour masquer peur du changement, égoïsmes ou manque de confiance dans l'avenir. S'il avait existé au 19ème siècle, il n'y aurait dans doute pas de chemin de fer en France.
Certes il y a eu et il y aura des fautes et des erreurs, mais l'excès de judiciarisation est un frein au progrès et à la prise de risque. Il est trop facile de faire peur !! Et il est plus aisé de mettre en place un plan vigipirate que d'y mettre un terme !!
Le principe de précaution est une notion instrumentalisée
Mais il peut être compris comme "une responsabilité", le complément de la confiance.
Ce dont n'ont pas parlé les invités.
Ce principe de précaution pourrait être la renonciation à un acte que l'on ne considère pas comme un progrès.
On ne peut en effet pas faire confiance à une société qui confond l'urgence de la nouveauté et progrès.
retransmission très précieuse et bien faite
merci
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