Pakistan : des inondations historiques 1
C’est du jamais vu. Les incessantes pluies de mousson de ces deux dernières semaines ont ravagé la partie supérieure du bassin de l'Indus. On compte déjà plus de 1600 morts dans une zone d’environ 1000 kilomètres de long, quelque 13 millions d’habitants touchés, soit 8% de la population.
Ecoutez la correspondance de Benoît Bringer mardi matin :
Le cheptel est décimé, les prix des aliments s'envolent, comme à Rawalpindi où les tomates sont passées de 40 à 120 roupies, et un porte-parole du Fonds monétaire international a estimé que ces inondations "risquent de nuire gravement à l'économie en termes de pertes de production et de conséquences budgétaires". Précisions de Jean-Luc Racine, directeur de recherches au CNRS, interrogé par Elise Delève, sachant qu'Islamabad avait fait appel à une aide d'urgence du FMI en novembre 2008 afin d'éviter une crise de sa balance des paiements et renflouer ses réserves (10/08) :
Pour Olivier Guillard, "le panorama déjà grisâtre" du pays est ainsi encore obscurci. Directeur de recherches Asie à l'IRIS, il explique comment il pourrait à nouveau rebondir et évoque l'attitude du gouvernement (10/08) :
C'est le président Asif Ali Zardari qui a été particulièrement critiqué pour avoir poursuivi une tournée européenne malgré la catastrophe. Après un passage en France, le dirigeant a dû faire face à des manifestations en Grande-Bretagne. A Birmimgham, des centaines de membres de la communauté pakistanaise ont par exemple brandi des chaussures en signe de protestation.
Ce mercredi, l'ONU a lancé appel de fonds de 460 millions de dollars pour une aide d'urgence. John Holmes, son porte-parole, a estimé que la réponse de la communauté internationale a été jusqu'ici encourageante". Ajoutant : "Il est essentiel que cela continue". Alors que les donateurs ont fourni jusqu'ici près de 50 millions de dollars aux activités d'urgence de l'ONU, 99,5 autres millions ont été promis. Mais plus de 300 millions de dollars doivent encore être levés, a-t-il indiqué. Et les talibans ont eux demandé au gouvernement de rejeter l'aide internationale, synonyme selon eux d'assujetissement. Les talibans affirment qu'ils sont capables de prendre en charge une grande partie des besoins actuels. Commentaire de Christophe Jaffrelot, directeur de recherches au CERI :
Thème(s) : Information| Géopolitique| Environnement


1 commentaire
Très bonne infographie
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