Drogue : vers des salles de consommation en France ? 0
Lancé mi juillet par la ministre de la Santé suite à une étude de l'INSERM sur la contamination par le VIH et les hépatites, la question a pris de l’ampleur au fil de l’été. La France peut-elle rejoindre les 8 pays où existent ces centres : Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Norvège, Suisse, Canada et Australie ? Non, a recadré François Fillon ce mercredi. "La priorité de Matignon est de réduire la consommation de drogue, non de l'accompagner, voire de l'organiser", a affirmé mercredi le bureau du Premier ministre, estimant ces lieux "ni utiles, ni souhaitables". Un désaveu pour Roselyne Bachelot, mais aussi pour Nadine Morano, qui avait appelé à "ouvrir le débat", Germain Treille :
Ce jeudi, le président et le vice-président du Sénat ont compliqué la donne à droite. Pour Gérard Larcher (UMP), interrogé sur Europe 1, "il ne serait pas inutile que ce débat fasse l'objet d'un rapport" et d'"une mission parlementaire". Jean-Claude Gaudin a de son côté réaffirmé son soutien aux mesures proposées par Roselyne Bachelot. Réaffirmer car le sénateur-maire UMP de Marseille s'était exprimé à ce sujet par communiqué le 23 juillet expliquant notamment que ces salles "peuvent contribuer encore à une politique sanitaire à la hauteur des enjeux actuels, notamment par rapport aux contaminations par le virus de l'hépatite C, mais aussi à réduire les nuisances liées aux shoots dans la rue, dans les parkings ou dans les entrées d'immeubles. ".
Capture d'écran du site de l'UMP © Radio France
Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, s'était lui dit "vraiment opposé" à ces "salles de shoot". Vives critiques aussi de 14 députés du même parti, dont 12 appartenant au collectif " Droite populaire".
Ex UMP désormais apparenté PS et président d'Elus Locaux Contre le Sida, Jean-Luc Romero a lui regretté que Matignon "ait choisi une position populiste inefficace et dangereuse pour la santé et la sécurité publique". Alors que l'association "Elus, santé publique et territoires" a annoncé rendre public le bilan de son séminaire à ce sujet le 24 septembre.
En attendant, le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), Etienne Apaire, a jugé de tels centres "discutables sur le plan philosophique" et inefficaces d'un point de vue sanitaire. "Rendre l'usage acceptable par la communauté, c'est faire le choix de l'abandon et de l'esclavagisme à le dépendance", a-t-il assuré dans Le Monde.
Quant aux dispositifs déjà existants, écoutez le reportage de Sophie Parmentier :
Au Havre, le dossier est suivi de près par une association qui dit recevoir chaque année plus de 700 toxicomanes. Reportage d'Anthony Rimbaud :
Idé © Radio France
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