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Web ou papier ? 2 patrons de presse entre 2 0

Comment allez-vous ? Nous avons commencé ces entretiens par la même question. Il faut dire que l'un, Bakchich, vient de se lancer en kiosques pour sauver sa peau alors que l'autre, Vendredi, vient d'en disparaître pour étudier comment renaître. Et curiosité, les deux sont aussi alliés puisque la vigie du net vend son expertise (dans 4 pages) à l'hebdo satirique et d'enquêtes. Enfin, dans la série "patron de presse charismatique qui cherche un modèle économique web/papier", on a appris début septembre que Médiapart pourrait lancer son hebdomadaire.

Nicolas Beau

Eric Chaverou © Radio France

Le rendez-vous a été pris par mail à la vitesse d'un SMS. Copie à relire en main et journalistes au travail dans son bureau, cette figure de la presse d'investigation nous remercie plusieurs fois de s'intéresser au journal qu'il mène depuis deux ans jusqu'à l'épuisement avec un de ses fondateurs, Xavier Monnier.

Connu pour ses révélations sur le compte japonais de Jacques Chirac ou l'appartement de Nicolas Sarkozy sur l'île de la Jatte, il fait le point en plein bouclage du 3e numéro, hebdo, de Bakchich.

Et du tout début à la fin de notre entretien, ses explications reflètent les grandes incertitudes financières qui demeurent : "Notre état de santé est pas trop mauvais. Surtout par rapport à il y a trois mois où alors là on était à fond de cale et tout ça. (...) Faut être lucide, on est sur un chemin de crête, on a déjà plusieurs fois sombré dans le précipice donc dans deux mois on sera peut-être plus là. Mais en tout cas, je peux vous assurer qu'on aura fait tout ce qui est en notre pouvoir pour être encore là dans deux mois" :

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Né en mai 2006, le pionnier des "pure players" d'information vit une révolution au quotidien : passer d'un postulat affirmé et répété d'exclusivité en ligne à un bi-média en quête de fonds via le papier. Avec une déclinaison soignée et axée sur les enquêtes qui s'est lancée pour sa survie sur le marché peut-être déjà saturé des Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Siné Hebdo. Et Nicolas Beau de confier exemple à l'appui pourquoi, selon lui, le papier exige une plus grande qualité dans le traitement de l'information :

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Jacques Rosselin

Christophe Abramowitz © Radio France

Changement de décor, de l'ancienne cartonnerie de la rue de Charonne, nous voilà dans une salle de réunion Avenue George V. L'ancien président fondateur de Canal Web nous reçoit dans une salle de réunion de son associé financier, Pierre Bergé. A deux portes du bureau personnel d'Alain Minc.

Celui qui s'est fait connaître par la création de Courrier international nous explique longuement pourquoi Vendredi a subitement disparu des kiosques depuis la rentrée et ce qu'il prépare d'ici la fin de l'année. A condition de trouver de nouveaux fonds, cette nouvelle formule consisterait à faire reposer l'édition papier sur un site repensé. Dans un format plus pratique que celui de départ, Vendredi ne se ferait "plus à partir du net, mais avec le net, ce qui est très différent".

 

 

 

 

 

Selon le chroniqueur de blogs cet été sur France Info, la version en ligne de Vendredi serait désormais à la base de l'hebdomadaire qui fut le premier il y a presque un an à pratiquer le "reverse publishing" ou rétro-édition :

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Optimiste et confiant dans son positionnement d'interface, il parie aussi désormais sur une ligne éditoriale plus large et sur les réseaux sociaux avec l'apport de Facebook et surtout de Twitter. Sans oublier l'appel aux blogueurs, et leur rétribution, qui seraient renforcés. Une porte de sortie parmi quelques autres qui se présentent à la presse :

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Enfin, la rédaction passerait de 6 à 8 journalistes mais le prix en kiosque lui aussi augmenterait : de 1,5-2 euros à 2-3 euros pour une publication toujours hebdomadaire. Jacques Rosselin avance toutefois 2 raisons essentielles à cette valeur ajoutée : "La lecture d'un journal reste une expérience de consommation de l'information très différente de celle du net et je pense qu'elle va non seulement continuer à exister mais se développer, les journaux et les magazines ne sont pas en train de mourir, ils sont simplement en train de changer (...) et la deuxième chose, c'est qu'on rend un vrai service."

 

Thème(s) : Information| Internet| Presse Ecrite| Industrie

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Presse écrite : web ou papier ?L'intégralité de notre dossier à ce sujet.

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