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Mostra de Venise, la 67e édition débute le 1er septembre

Quentin Tarantino © REUTERS / Mario Anzuoni

Le Festival International du Film de Venise se tiendra du 1er au 11 septembre prochain. Le réalisateur américain Quentin Tarantino présidera le jury et sera entouré du réalisateur français Arnaud Desplechin (auteur de « Un conte de Noël », « Rois & reine » et « Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) ») et ses confrères mexicain Guillermo Arriaga et italien Gabriele Salvatores. Cette manifestation décerne le Lion d'or du meilleur film, le Lion d'argent de la meilleure mise en scène, le prix spécial du jury et les coupes Volpi du meilleur acteur et de la meilleure actrice.

 

 

Pour le directeur de la Mostra, Marco Müller, ce festival est « le reflet de l'esprit de notre époque avec un cinéma d'auteur dans tous ses états ». Vingt-trois films dans la sélection officielle où les Etats-Unis, l’Italie et la France sont particulièrement bien représentés. Parmi les projets américains les plus attendus, Sophia Coppola proposera « Somewhere », Vincent Gallo « Promises written in water » et Julian Schnabel, « Miral » avec Willem Dafoe. Hors compétition, les frères Affleck seront à l’honneur avec « The Town » réalisé par Ben Affleck et « I’m still here » documentaire signé Casey Affleck (vu récemment dans une brillante interprétation de « The Killer Inside Me »). Le film « Black Swan » (« Le cygne noir ») de l’américain Darren Aronofsky assurera l’ouverture avec les comédiens Nathalie Portman et Vincent Cassel.

De son côté, l'Italie affirmera sa présence en force avec pas moins de quatre longs métrages dont une adaptation du best-seller « La solitude des nombres premiers » signée Saverio Costanzo.

 

Elodie Bouchez dans « Happy Few ». © Le Pacte

Trois films français en lice

Le réalisateur François Ozon met en scène une belle brochette d’acteurs, Catherine Deneuve, Fabrice Luchini, Gérard Depardieu et Karine Viard, dans « Potiche ». A la fin des années 70 dans le milieu bourgeois d’une ville de province, Suzanne est l’épouse modèle d’un riche industriel, Robert Pujol. Ce directeur règne en maître sur son usine de parapluies et sur ses ouvriers tout comme sur sa famille, femme et enfants compris. L’épouse potiche se révèle en femme de pouvoir à l’occasion d’une grève qui la propulse à la tête de l’usine. Tout se complique lorsque le mari revient de sa cure de repos…

Déjà salué il y a dix ans à la 57e Mostra de Venise pour « La faute à Voltaire » qui avait reçu le Lion d’Or de la Première Œuvre et le Prix de la Jeunesse, Abdellatif Kechiche revient avec « Vénus noire ». L’histoire est tirée du drame de la « Vénus Hottentote » qui a été étudiée en 1817 à Paris, dans l’enceinte de l’Académie Royale de Médecine par l'anatomiste Georges Cuvier. « Je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes » affirme-t-il face au moulage du corps de Saartjie Baartman qui quittait l’Afrique du Sud avec son maître quelques sept ans plus tôt.

Enfin, Marina Foïs, Elodie Bouchez, Nicolas Duvauchelle et Roschdy Zem composent le quatuor amoureux de « Happy Few », dernier long métrage d’Antony Cordier qui avait signé la réalisation de « Douches froides » en 2005. Rachel travaille dans une bijouterie et rencontre Vincent à l’atelier. Elle organise un diner avec leurs conjoints respectifs qui engendre un chassé croisé amoureux débordant entre les deux couples.

 

Le réalisateur iranien Jafar Panahi chez lui, à Téhéran. © REUTERS / Stringer Iran

Il n'avait pas pu assister au festival de Cannes. L'iranien Jafar Panahi, privé de son passeport par Téhéran, sera de nouveau absent  à Venise.

Le réalisateur iranien Jafar Panahi retenu en Iran, alors qu'il était invité à la 67e Mostra, ne pourra pas assister à la présentation de son nouveau film, « L’accordéon » pendant la Journée des Auteurs. Ce court métrage, tourné à Téhéran, raconte le parcours de deux jeunes musiciens de rue privés de leur instrument à la suite d'un incident. « Je suis un réalisateur attentif à l'aspect social et à ce qui se passe autour de moi (...) « L'accordéon » reflète mes émotions face aux événements et exprime ma façon d'observer la réalité » a déclaré Jafar Panahi.

Le cinéaste avait été arrêté le 1er mars dernier par les autorités iraniennes qui avaient affirmé que le metteur en scène « préparait un film contre le régime portant sur les événements post-électoraux », propos démentis par l’intéressé. Son absence au dernier Festival du Film de Cannes avait soulevé une vague d'indignation à l’étranger comme dans son propre pays. Son procès doit débuter fin septembre.

Dans le cadre des manifestations exceptionnelles, John Woo recevra un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. Notons enfin la présence, pour la première fois, d’une œuvre de la République dominicaine dont le sujet est Haïti.

 

> A écouter, le lundi 6 septembre de 12h à 12h30, La Grande Table en direct et en public depuis La Nostra de Venise, avec une table ronde critique animée par Antoine Guillot et Michel Ciment.
> A écouter également, le samedi 11 septembre de 14h à 15h, Projection privée enregistrée à Venise par Michel Ciment, pendant le festival.

Isabelle Lassalle

Thème(s) : Arts & Spectacles| Cinéma| Festival| Mostra de Venise