Polémique autour d'un documentaire sur les femmes dans les quartiers sensibles 2
Arte, qui célèbre ses 20 ans, se serait bien passé d'une telle publicité : un documentaire "déprogrammé dans l'urgence". Un fait rarissime qu'elle annonce elle-même sur twitter le 31 août dernier. Et très vite, le web s'empare de "La cité du mâle", réalisé Cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (Val de Marne), là même où en 2002, Sohane, une jeune fille de 17 ans, avait été brûlée vive dans un local à poubelles :
Officiellement en raison "de risques encourus par une personne liée au film", la chaîne va travailler pendant près d'un mois avec la maison de production, Doc en Stock*, et des avocats. Certains visages sont floutés, des injures "bipées" et certains commentaires pouvant "éventuellement porter à diffamation" modifiés annonce celle qui insère ce programme dans une Théma intitulée "Femmes, pourquoi tant de haine?"
L'affaire oppose en fait deux femmes au coeur du documentaire. Celle qui l'a orchestré sur le terrain, Nabila Laïb, qui parle de "bidonnage" à Télérama.fr et de "scénario préécrit" à Canal Plus. Et la réalisatrice, Cathy Sanchez, qui a peiné à s'exprimer selon Rue89 avant d'évoquer une accusation "grave et inadmissible".
Et à quelques heures de la diffusion, c'est le producteur et animateur de la soirée, Daniel Leconte, qui est monté au créneau à l'antenne de France Info :
Comment est né ce document et a rebondi cette polémique ? Est-elle aussi liée au travail journalistique dans les quartiers sensibles ? Précisions d'Antoine Marette dans le journal de 12h30 d'Antoine Mercier :
Antoine Marette qui a aussi enquêté sur les lieux du tournage, à Vitry-sur-Seine, pour savoir comment l'on percevait ce film :
Interrogé par l'AFP, le directeur adjoint de la programmation d'Arte, Emmanuel Suard, a lui estimé que cette soirée ne traîtait pas de la banlieue, mais du "problème du machisme et d'une certaine forme de mépris pour les femmes, par certains en banlieue mais aussi par des rappeurs outre Atlantique".
Découvrez enfin le regard à ce sujet et en allemand de Laura Freisberg, journaliste radio de Bayern 2 (Munich) :
*qui évoque très peu le film sur son site
Thème(s) : Information| Médias| Société| Arte| machisme| quartiers sensibles| sexisme


2 commentaires
Bonjour,
il est vrai que la qualité de ce documentaire était bien inférieure à ce à quoi Arte nous a habitués. Quelle imbécillité (faiblesse et bêtise réunies) dans les propos de ces coquelets ignares de leur propre langue, statufiés dans leur hideuse tenue siglée et pétrifiés dans des "traditions" dont leurs parents et ancêtres ont dû souvent chercher à s'affranchir. Trop peu de contradiction, en effet, à leurs ignominies, dont on aurait gagné à mesurer la part de fantasme, de conformisme en vigueur dans un monde assez clos, de rituel initiatique et de forfanterie...
Merci à France Culture pour ce commentaire, même si plus de nuances auraient parfois été bienvenues (un témoignage éliminé finalement aurait-il suffi...?).
Une chose m'inquiète : lorsqu'on cherche des articles d'actualité sur ce film, google oriente vers un site nauséabond qui calomnie France Culture et n'a pas de mots assez durs pour son antenne :http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-cite-du-male-france-culture-a-82181
Continuez, ne renoncez surtout pas!
bjr, j'ai regardé le documentaire hier soir, et je suis éffaré, non tant par les propos de jeunes machos débile, on le sait, mais par cestyle de film, je croyais être sur TF1! quel recul completement à côté de la richesse et évolution du documentaire depuis des années.
voila un film où, aussitôt après les paroles des petits machos, une voie male de narrateur commentateur, embraye et nous dit quoi et comment penser. affligeant vraiment
ce n'est pas avec ce type de traitement que lourdingue et manipulateur, que l'on fait avancer le sujet.
un film réussi est celui qui fait la moitié du chemin et le spectateur l'autre partie.
désolant ARTE.
ce n'est pas la 1ere fois que Daniel leconte produit des docs sur ce mode de traitement impératif..
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