retour en haut de page

Premiers états généraux des nuits parisiennes

Il y a près d’un an, la vie nocturne parisienne faisait grise mine. Au même moment les acteurs et professionnels de la nuit lançaient leur pétition tandis que la ville de Paris essayait son nouveau site de sorties nocturnes. Les premiers états généraux se tenaient ce week-end et le bilan reste mitigé.

 

© REUTERS / Gonzalo Fuentes

Si le « droit à la fête » a clairement été réaffirmé, le renforcement de la médiation avec les riverains doit lui aussi devenir l’une des priorités. « Ces états généraux ont été un succès car ils ont permis de rapprocher les points de vue et de faire prendre conscience à chacun qu'il est tout à la fois fêtard et dormeur et qu'il faut se réconcilier avec soi-même pour se réconcilier avec les autres », a estimé l'adjoint au maire Mao Péninou, organisateur de ces rencontres.

 

Sociologues, géographes, urbanistes, élus, riverains et responsables d'établissements de nuit… près de mille personnes ont assisté à ces débats qui se sont déroulés pendant deux jours à la sortie desquels une vingtaine de mesures ont été décidées. Parmi lesquelles on notera la création de commissions dans les arrondissements, la mise en place d’une campagne de médiation à destination des fumeurs pour les inciter à le faire en silence sur les trottoirs de la ville et les sensibiliser au respect du voisinage et l’attribution de subventions pour des travaux d’insonorisation des établissements de nuit. Parmi les pistes à explorer, la lutte contre la discrimination, l’élargissement des horaires des transports de nuit et l’expérimentation de soirées tardives dans les parcs.

 

Les représentants de la mairie et de la préfecture de police, également présents, se sont déclarés favorables à une vie nocturne dans la capitale, répondant ainsi positivement à l’appel lancé par le collectif « Quand la nuit meurt en silence », il y a un an, en ouvrant une pétition qui a recueilli 16 000 signatures.

 

© Fotolia / drx

Pour autant, les associations de défense des riverains, en particulier le réseau « Vivre Paris ! » présent dans treize arrondissements sur vingt, considèrent que les habitants ont déjà atteint le seuil maximum de tolérance possible. A ce titre de nuisance sonore, une étude constate également un niveau souvent trop élevé dans les boites de nuit. Près de la moitié des établissements contrôlés ne respectent pas les valeurs réglementaires. C’est le résultat d’une étude menée par l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France. Et rien n’empêche de penser que ce phénomène se répète de la même façon en région. L’enquête rapporte aussi que 91% de l'énergie acoustique diffusée se situe dans le spectre des basses fréquences, ce qui pourrait entrer en lien avec certains problèmes de santé tels que les pneumothorax. Claude Evin, directeur de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France, prévoit de mettre en place une charte qualité santé avec les établissements de la nuit.

 

Mais pour le moment, la ville de Paris considère ses nuits comme l’une de ses composantes touristiques fortes et lance du 17 au 21 novembre les « Nuits Capitales », un événement auquel participeront cinq cents artistes et DJs dans les lieux de la nuit tels que la Flèche d’Or, le Batofar, le RexClub…

 

> Pour en savoir plus, Les Nuits Capitales, du 17 au 21 novembre 2010, cinq nuits (de 20h à l'aube) dédiées à la musique live et au clubbing dans de très nombreux lieux emblématiques de la scène parisienne et francilienne.
> A consulter aussi, notre dossier Que deviennent les Nuits parisiennes ?, réalisé il y a un an avec un reportage à Technopol, l’association au service de la culture électro.

Isabelle Lassalle

Thème(s) : Arts & Spectacles| Loisirs| Nuits parisiennes| Sorties