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Mort du cinéaste Mario Monicelli 0

Mario Monicelli Gianmaria Zanotti©Wikipedia-It.

Le cinéaste italien Mario Monicelli est mort lundi dans un hôpital de Rome. Il était âgé de 95 ans et atteint d’un cancer de la prostate en phase terminale, il a choisi de mettre fin à ses jours.

Mario Monicelli est un de ces personnages flamboyants digne de figurer dans le générique imaginaire d’un Cinéma Paradiso. Le cinéma italien nous a tout donné et constitue une part importante, essentielle, de notre culture. Il y a bien sûr Fellini, Visconti, Vittorio de Sica, tant d’autres encore et il y a aussi des cinéastes italiens plus italiens encore et dont les films destinés à un public national ne parvenaient pas toujours à franchir les Alpes. Qui se souvient ainsi du grand comique Toto que mit en scène Monicelli ?

Fils d’un journaliste et critique de théâtre, Monicelli étudie l’histoire et la philosophie à l’université de Pise et de Milan. Il fait ses débuts comme critique en 1932. Entre 1934 et 1937, il co-réalise deux films avec Alberto Mondadori. Il sera ensuite assistant avant de réaliser en 1937, La pluie d’été sous le pseudonyme de Michele Badiek.

Entre 1939 et 1949, il se consacre à l’écriture des films, à l’assistanat de réalisation avant de collaborer avec Stefano Vanzina à de nombreux films mettant en scène l’acteur Toto (1898-1967), personnage burlesque extraordinairement populaire en Italie, assez peu connu en France, un peu dans le style de Chaplin. Acteur évoqué dans une séquence émouvante en forme d’hommage nostalgique dans Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore (1988).

Mario Monicelli qui avait la dent dure contre Berlusconi dont l’empire audiovisuel décérébré a entraîné le déclin, la mort du cinéma italien, a obtenu de nombreuses récompenses : Lion d’or du meilleur film pour La Grande Guerre en 1959. Il fut aussi primé au Festival de Berlin et nominé aux Oscar toujours pour La Grande Guerre. On lui doit aussi Le pigeon (1958) avec Vittorio Gassman et Renato Salvatori, Mes chers amis (1976) avec Ugo Tognazzi, Bernard Blier et Philippe Noiret, Un bourgeois tout petit petit avec Alberto Sordi (1977).  Sans doute, même s'il a débuté dans la critique de films, Mario Monicelli était un réalisateur qui faisait des films pour un public familial qui paie sa place, orchestre plutôt que balcon, écrase une larme ou éclate de rire, parfois, en se régalant simplement d'un esquimau café-noisette à l'entracte.

Gérard Conreur

Thème(s) : Arts & Spectacles| Cinéma| cinéma italien

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