WikiLeaks imprime sa marque 2
Jamais ce site n'avait autant fait parler de lui. A la Une à plusieurs titres : les "révélations" qu'il distille, les polémiques que cela provoque et les péripéties judiciaires de son co fondateur australien Julien Assange, désormais visé via Interpol pour répondre d'un "viol et agression sexuelle" en Suède.
Avant le décryptage et les réactions ci-dessous, voyons d'abord son principe :
Ecoutez ensuite "Place de la Toile" de Xavier de la Porte, du 14 novembre dernier, sur Le "data-journalisme" ou comment faire du journalisme avec les données :
Et regardez "Les Matins" de Marc Voinchet de ce mardi intitulés ce mardi "Journalisme et démocratie : y-a-t-il une révolution WikiLeaks ?" :
C’est donc un nouveau chapitre dans une histoire déjà longue
puisque WikiLeaks a été lancé fin 2006 ! Julian Assange, 39 ans, qui se définit comme un journaliste militant, investit alors sur
ses deniers pour ce qu'il appelle « un service de renseignement du
peuple ».
Ce nouveau média signera plusieurs révélations. Mais en
avril, une vidéo de civils irakiens mitraillés et surtout cet été une mine de
documents sur la guerre en Afghanistan feront sa réputation. Sans oublier la publication d'un millier de pages
d’auditions de Marc Dutroux et de protagonistes clés de l’affaire.
Jusqu'ici très critiqué, en particulier pour avoir livré des noms d'informateurs et des masses d'informations brutes d'un coup, WikiLeaks vient de changer de stratégie. Avec des informations livrées au compte-gouttes sur un sujet sensible. Ecoutez l'éclairage du journaliste d'Owni Olivier Tesquet, interrogé par Eric Chaverou. Owni qui fut parmi les premiers à collaborer avec le site :
WikiLeaks à la Une de la presse internationale Staff Photographer © Reuters
Bien sûr, cette dernière mise à disposition de 250.000 rapports diplomatiques américains a eu dès le début un vaste écho sur le web Thomas Cluzel (29/11) :
Et a suscité quantité de réactions, à tous les niveaux, relayées dans des journaux du monde entier divisés sur l'impact de ce nouveau système d'information Cécile de Kervasdoué (1/12) :
Les chancelleries, gouvernements ou chefs d'Etats ont rapidement aussi répliqué. Comme entre autres en France Nabila Amel :
Nicolas Sarkozy est d'ailleurs l'objet de "révélations" dans ces fuites Fabienne Sintès :
Des fuites que l'on soupçonne venir d'un ancien soldat américain de 23 ans spécialiste du renseignement, Bradley Manning, Fabienne Sintès :
Si le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a dit craindre un "11-Septembre de la diplomatie mondiale", le Président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Axel Poniatowski parle d'"une bombe" :
La majorité des analystes ont de nouveau critiqué WikiLeaks. Comme le sociologue des médias Dominique Wolton, qui répond à Nadine Epstain :
Même si certains, comme maître Antoine Comte, l'avocat du Canard Enchaîné et de Rue 89, défendent le site. Il est également interrogé par Nadine Epstain :
Mais peut-être bien plus préoccupant pour celui qui sème le trouble, Julien Assange vient aussi d'affronter mardi le départ de certains de ses acolytes Julien Chehida :
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2 commentaires
Il est malhonnête de traiter le phénomène WikiLeaks comme vous le faites, c'est à dire avec une dizaine d'interventions de moralistes, tous plus informés les uns que les autres mais sans jamais qu'aucun d'entre eux ne revienne en arrière sur la première fuite importante qui fut celle des e-mails scientifiques au moment du sommet de Copenhague.
Pourquoi ne pouvez vous pas dire que ceux qui sont furieux de la fuite d'aujourd'hui parce qu'elle concerne la diplomatie, ont au contraire applaudi des deux mains lorsque la fuite de 2009 a fait triompher les négateurs du réchauffement climatique ?
Prenons un exemple, celui de l'Église orthodoxe et de son rôle en Russie. Il suffit d'avoir une connaissance même superficielle de la Russie pour savoir, et de façon bien plus détaillée et précise que ce qui est rapporté par le Monde qui cite une note de l'ambassadeur américain, que l'Église joue un rôle important dans la vie politique russe. Mais, peut-être, aucun journaliste du Monde ne lit la presse russe. Vaut-il la peine de publier ce genre d'info alors qu'on est dans la banalité. Ou alors cela démontre le fiasco du travail de journaliste ?
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