retour en haut de page

Les années Pompidou : Le dernier souffle des Trente Glorieuses

L'énergie JM Parkin©Fotolia

La période 1969-1974 durant laquelle Georges Pompidou est président de la République marque la dernière étape, le dernier souffle des Trente Glorieuses qui vont de 1945 à 1975. En gros, de la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la flambée des prix du pétrole née des différents chocs pétroliers, le premier se produisant d'ailleurs en 1973, sous la présidence de Pompidou, à la suite de la Guerre du Kippour.

S'il fallait retenir une expression marquante des années Pompidou, on pourrait dire qu'à l'époque, les économistes comparaient parfois la France à une sorte de Japon de l'Europe tant le pays se modernisait en profondeur et à grande vitesse. La quatrième puis la cinquième République jusqu'au départ du Général de Gaulle avaient accompli une oeuvre immense mais il restait encore beaucoup à faire.

Georges Pompidou avait été à plusieurs reprises Premier ministre du Général de Gaulle du 14 avril 1962 au 10 juillet 1968. Homme discret, effacé mais efficace, il avait été en 1961, le porte-parole officieux du Général alors que les négociations avec le FLN semblaient compromises. Et lorsque la France traversa les événements de Mai 68, Georges Pompidou bien mieux que De Gaulle comprit toute la nature de la crise : il ne s'agissait pas de « chienlit » mais bien d'une profonde crise de société telle que plusieurs autres pays l'avaient d'ailleurs eux-mêmes ressenti.

La gestion de Mai 68 par Georges Pompidou a sans doute permis d'éviter le drame. C'est en tout cas ce que reconnaissent aujourd'hui de nombreux politiques toutes tendances confondues. A telle enseigne aussi qu'un fossé va se creuser entre De Gaulle et son Premier ministre remercié et remplacé par Maurice Couve de Murville en juillet 68. Quelques temps plus tard éclate l'affaire Marcovic qui éclabousse Claude Pompidou, l'épouse du président. Une affaire sordide montée de toutes pièces : règlement de comptes politique sur fond de fait divers crapuleux et de photos montages compromettantes. La seule moralité de l'histoire, c'est le constat que dresse Pompidou blessé, seul dans la tourmente, avec ce silence embarrassé de ses collaborateurs d'hier et, au plus niveau, ce silence du Chef de l'Etat qui détourne volontiers le regard plutôt que de défendre son ancien Premier ministre.

La rupture entre les deux hommes semble consommée. Georges Pompidou se sent trahi et il ne le pardonnera jamais. Coïncidence ou non, quelques temps plus tard, à Rome, il n'hésitera pas à lâcher à un journaliste qu'il pourrait éventuellement, le jour venu, briguer la succession de De Gaulle. Une façon bien à lui de laisser entendre que le temps du général est peut-être révolu. Cette déclaration fait l'effet d'une bombe. De Gaulle quitte le pouvoir après le referendum de 1969, la voie est désormais libre pour Pompidou.

A lire aussi : La continuité en général – Le dernier souffle des Trentes Glorieuses – Une France à grande vitesseQuestions poséesL’élection de juin 1969

 

Gérard Conreur

Thème(s) : Histoire| 20e siècle| Les années Pompidou