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Cyber-guerre en Tunisie 6

La première cyber-guerre aurait-elle lieu en Tunisie ? s'interrogeait mardi sur twitter Sarah Ben Hamadi, une blogueuse tunisienne relayée par Télérama.

Conséquences des tensions sociales qui ont éclaté mi-décembre à Sidi Bouzid, jamais le pays n'avait connu autant d'"error 404".

La censure technique typique d'un Etat pionnier avec la Chine et déjà très actif en la matière en 2005 pour le Sommet mondial de l'Information de Tunis. Un Etat rétrogradé encore l'an dernier du 154ème au 164ème rang mondial pour la liberté de la presse selon Reporters sans frontières (sur 178 pays classés).

 

Mais aujourd'hui, le secrétaire général de RSF, Jean-François Julliard, déplore une répression sans précédent :

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Les cyber-policiers affrontent toutefois une opposition en ligne d'une ampleur inédite dans un pays où les jeunes ont très tôt basculé sur le web face à une presse muselée. Il y a les blogs ou e publications, qui existent de longue date, comme Takriz ou Nawaat, (la Tunisie a été le premier pays arabe et Africain connecté à Internet), mais surtout désormais twitter et facebook. Parmi les mots clés les plus utilisés pour les gazouillis #sidibouzid, #tunisia et #optunisia.

Quant au célèbre réseau social, déjà plus populaire l'an dernier en Tunisie que Google, c'est en quelque sorte le phénomène à l'intérieur du phénomène. Le "I Like" permet de manifester son soutien et les pages spéciales, photos et vidéos sont d'autant plus difficiles à comptabiliser que l'Ammar (surnom de la censure) contrôle désormais de très près le réseau social. Président fondateur du mouvement citoyen d'opposition Byrsa Sélim Ben Hassen évoque cette résistance en réseau :

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Les dires de Sélim Ben Hassen se sont aussi malheureusement traduits ce jeudi par l'arrestation d'au moins deux cybers-militants : Hamadi Kaloutcha et Sleh Edine Kchouk.

Enfin, pour la première fois, le régime est victime d'anonymes. Ou plus précisément de l'appel au piratage démocratique du groupe d'internautes "Anonymous". Popularisé par leur soutien à Wikileaks via des attaques informatiques contre Mastercard ou PayPal, il plaide désormais pour une plus grande médiatisation de la situation tunisienne. Wikileaks qui a d'ailleurs révélé de vives critiques américaines du pouvoir en place.

"Il est de la responsabilité de la presse libre et ouverte de relater ce que la presse soumise à la censure ne peut pas rapporter. Le peuple de Tunisie nous a demandé son aide et nous avons répondu en lançant une nouvelle opération, Opération Tunisie" ont-ils ainsi expliqué en ligne.

 

 

 

 

 

 

Et depuis ce week end, un organe officiel d'information et au moins 5 sites gouvernementaux ont été attaqués. Dont celui de l'Agence tunisienne d'internet (ATI), depuis accusée de vols de mots de passe, et celui du président Ben Ali !

>>> pour suivre l'évolution de l'actualité en Tunisie, rendez-vous dans nos journaux.

Eric Chaverou

Thème(s) : Information| Géopolitique| Internet| Tunisie

Site(s) recommandé(s)

Tunisie. Les Enjeux internationauxÉmission du 4 janvier avec Catherine Graciet, journaliste indépendante, interrogé par Éric Laurent.
"Le réveil tunisien". Le Monde diplomatiqueArticle du 6 janvier signé Jean-Pierre Séréni.
En Tunisie, "Le Monde" est empêché de travaillerExplications le 7 janvier de Sylvie Kauffmann, la directrice de la rédaction du quotidien.

6 commentaires

Portrait de Anonyme soraya07.01.2011

Sans partager la colère de MR, je comprends sa frustration. La Presse est muselée en Tunisie et nous sommes très déçus de constater la rareté de la couverture médiatique, ici en France. Cela ajouté bien sûr à la complicité objective du gouvernement français.

C'est pourquoi, en ce moment crucial pour la Tunisie, il faudrait multiplier ce type d'émission. C'est fondamental : ce gouvernement ne pourra plus tenir longtemps si la communauté française et internationale le mettent en cause et soutiennent la contestation spontanée en Tunisie.

Portrait de Anonyme Zitouna07.01.2011

Si un état se trouve en danger de RÉVOLUTION (par suite de son MAUVAIS GOUVERNEMENT), n'allez pas le visiter. Un pays qui est livré au désordre ne peut pas y rester. Si un pays se trouve gouverné par les principes de la DROITURE & de la RAISON, allez le visiter.

Si un État est gouverné par les principes de la RAISON, la PAUVRETÉ et la MISÈRE sont un SUJET DE HONTE. Si un État n'est pas gouverné par les principes de la RAISON, la RICHESSE et les HONNEURS sont alors les SUJETS DE HONTE ......CONFUCIUS 600av JC !!!!!

Élémentaire Watson, j'invite TOUS les DIRIGEANTS de cette planète à LIRE OU RELIRE CONFUCIUS

Portrait de Anonyme Claudius07.01.2011

enfin un peuple s'indigne et s'éveille,
honneur à ceux qui n'acceptent pas l'inacceptable

Portrait de Anonyme meteaut06.01.2011

et qui plus est le peuple de Tunisie ne "parle" plus depuis très longtemps !
qu'il est lent le chemin du retour à un équilibre après une répression ! Alors imaginez pendant !

Portrait de Anonyme MR06.01.2011

enfin vous êtes obligés de parler de la dictature de Benali...et "ce n'est pas nouveau" disent tous les informateurs sérieux sur la question à qui vs donnez la parole aujourd'hui !
aucune éthique honte à vous !
mr

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou06.01.2011

Bonjour et merci pour votre message aussi aimable MR (Monsieur ?)

Il se trouve que j'étais envoyé spécial de Radio France à Tunis en 2005 pour le Sommet mondial de l'Information. J'ai à l'époque, pour France Culture comme France Inter et France Info mais aussi en ligne, et censuré, raconté ce qu'était la mainmise du régime sur la liberté d'expression.

Nos échos à ce sujet ne sont donc pas nouveaux même si vous ne les avez peut-être pas tous entendus. Ils n'ont peut-être pas aussi suffit à calmer votre colère mais malheureusement les médias ne peuvent pas tout, tout le temps. Nous faisons de notre mieux.

Cordialement et meilleurs voeux

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