Robots, jusqu'où ? 0
Où vont les robots ? se demandait-on en novembre dernier à la Cité des sciences dans un cours toujours à l'écoute dans la Culture Académie. Et alors que le mot robot, d'origine tchèque, vient de fêter ses 90 ans !
Vers une peau électronique pourrait-on notamment répondre à la lecture des travaux publiés en septembre dernier par des chercheurs de deux universités californiennes. Le toucher, comme le goût et l'odorat, reste une des difficultés majeures dans la reproduction des facultés humaines. L’équipe de Stanford a réalisé une "peau" synthétique faite de minuscules transistors et d’un film spécial ultra-fin qui peut sentir une mouche de seulement 20 mg se poser ou décoller. Mais de l’aveu d’une de ses conceptrices, le prototype "n'est pas aussi extensible que la peau humaine" et son sens du toucher ne peut encore rivaliser avec le nôtre, en particulier pour la perception de la douleur.
La peau artificielle mise au point à Berkeley ©Berkeley.edu
A Berkeley, c’est un caoutchouc plus classique qui a reçu des milliers de "nano-fils" (diamètre de quelques millionièmes de millimètre). Résultat : la possibilité de détecter une pression de 0 à 15 kilopascals, soit celle d'une main qui tape sur un clavier ou tient un objet.
Le défi pour l’avenir est de pouvoir transformer ces essais à grande échelle et pour le toucher d’arriver à apprendre au robot à doser ses forces. Par exemple pour tenir un verre sans le casser.
Il y a quelques jours, des visiteurs du salon de l'électronique grand public (CES) de Las Vegas ont en tout cas déjà pu tester celui vendu comme le premier robot masseur au monde (aux allures de jouet acidulé). Un peu plus loin, la société japonaise Cyberdyne présentait un "costume" mécanisé pour aider les invalides à marcher. Un Japonais paralysé veut l'utiliser pour gravir le Mont Saint-Michel alors que son représentant envisage avec un sourire d'aboutir d'ici quelque temps au costume de Tony Stark dans "Iron Man".
En attendant, un programme européen veut pousser les PME à adopter des robots. Un article des Echos nous explique comment il s'agit de doper leur compétitivité grâce à des machines désormais polyvalentes, aisément paramétrables et capables de cohabiter avec l'être humain. L'Europe, via la Commission, qui avait financé ICub, un robot de la taille d'un enfant de 3 ans et demi. Le quotidien économique vient aussi de faire un point sur une robotique française qui se cherche encore. Michel de Grandi nous situe "en position de challengers" mais "loin d'une démarche homogène".
Après Nao, dont la société française Aldebaran Robotics vient de vendre 30 exemplaires à la
prestigieuse Université de Tokyo, c'est désormais, entre autres, Roméo qui occupent les esprits. De son 1,35m, il devrait permettre à partir de 2015 d'aider les personnes en perte d'autonomie. A priori, "capable de comprendre ce qu’on lui dit, d’entretenir un court dialogue
et même de percevoir les intentions et les émotions de son interlocuteur
pour en déduire les actions qu’il doit mettre en œuvre".
Pour la majorité des spécialistes, dans des pays vieillissants, ces humanoïdes de service seront moteurs. Avec par exemple une prévision de 85% de parts du marché coréen en 2018 ! La Corée qui, avec le Japon et les Etats-Unis, a fait des robots une de ses priorités. De quoi continuer à alimenter toujours plus de scénarios de science fiction...et de rythmes endiablés ;-)
Avec AFP
Thème(s) : Sciences| Recherche| 24h au coeur de la recherche| robots









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