Internet, réseaux sociaux et téléphonie mobile face à Kadhafi 0
Comme face à Ben Ali puis Moubarak, tout a commencé par des groupes sur Facebook.
Le plus important, baptisé « Révolte du 17 février 2011, pour en faire une journée de colère », a compté près de 10.000 membres au début des affrontements. Sur un total estimé dans le pays de 300.000 inscrits au réseau social, selon le site spécialisé SocialBakers.
Les membres estimés de membres de Facebook en Libye ©SocialBakers
Comme en Egypte, le régime a alors vite coupé l’internet. Coupures répétés, la plupart de nuit et assez confuses, et facilitées par le principal fournisseur d’accès dirigé par un des fils Kadhafi. Toutefois, si Tripoli en souffre encore, la situation semblait se rétablir ailleurs ces derniers jours. En particulier à Benghazi.
De quoi favoriser Twitter. Un activiste iranien s’en est servi pour cartographier les violences. Et chacun tente d’identifier les sources les plus fiables.
Cartographie des violences en Libye ©DR
Outre les journalistes désormais sur le terrain, comme la star d'ABC Christiane Amanpour, Ali Tweel est de plus en plus relayé. Ce jeune informaticien au chômage centralise en effet depuis la capitale quantité d’informations, avec aussi ses propres vidéos. Ce mercredi, son compte semble toutefois désactivé.
Mais en dehors de nombreux cybercafés, jusqu’ici très surveillés, l’internet fixe n’est pas encore développé en Libye. Donc cher et réservé à des classes aisés : soit seulement 5,5% de la population, contre 5 fois plus en Egypte et 7 fois plus en Tunisie.
L’usage du téléphone mobile, lui, est revanche massif. Par ¾ des Libyens. Et très vite, le régime a d’ailleurs mis en garde ses potentiels opposants par SMS. Ce qui n’a pas empêché de filmer ou d’enregistrer l’insurrection. Via par exemple le service audioboo, comme Feb17voices, ou le compte youtube intitulé SaveLybia. Ou encore grâce au tout nouveau "Speak-to-tweet", récemment lancé par Google et Twitter.
Black Fax Libye ©Anonymous
Enfin, signalons des campagnes "d'intervention numérique", déjà déclenchées en faveur des Tunisiens puis des Egyptiens.
Avec les désormais fameux Anonymous, via entre autres des 'packs de soins' pour contourner la censure d'Internet ou des black fax à envoyer en grande quantité.
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