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Martelly nouveau président d'Haïti 2

Partisans de Michel Martelly célébrant sa victoire à Port-au-Prince le 4 avril Swoan Parker © Reuters

C'est finalement l'homme qui aurait pu ne jamais être président qui a largement remporté le scrutin.

Le chanteur populaire Michel Martelly avait d'abord été exclu de ce second tour, ce qui avait déclenché des scènes d'émeutes dans la capitale.

Lundi soir, l'annonce de sa victoire a donné lieu à des scènes de liesse à Port au Prince.

Michel Martelly va donc succéder au président sortant Paul Préval après la publication des résultats officiels le 16 avril prochain Amélie Baron (05/04) :

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Extrait d'une des mélodies de ce novice en politique :

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Joint par Mathieu Laurent, Jean-Marie Théodat, directeur de la délégation Caraïbes de l'Agence universitaire de la francophonie à Port-au-Prince, analyse cette réussite (05/04) :

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Autre réaction, celle de Makendi Tout-Puissant, président de la plateforme des associations franco-haïtiennes, interrogé par Antoine Mercier (05/04) :

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>>>> et retrouvez notre grand dossier spécial Haïti, à l'occasion de 24h à Port-au-Prince, en novembre dernier

 

Eric Chaverou

Thème(s) : Information| Géopolitique| Haïti

2 commentaires

Portrait de Anonyme Manuel07.04.2011

«Ni rire ni pleurer, mais comprendre » Spinoza

Ni pa rele kryé doulé divan tragedi, ni pa tro griyin dan divan comedi Languichat saa
Sitou fo nou konpran anpil anpil nannan listoa kap répété tonkou la mayotte nan madigra
Sim Pa Rele
Ne pleure pas, Jeannette…

Par l’écrivain Lyonel TROUILLOT
mercredi 6 avril 2011,

Dans l’une de mes précédentes chroniques, je dénonçais le désarroi de ceux qui s’offusquaient de la candidature et de la popularité des chanteurs Wyclef Jean et Michel Martelly : les symptômes d’une crise sociale dont l’expression politique prend la forme du rejet de tout ce qui peut représenter l’ordre social, aux yeux des masses urbaines défavorisées et de la paysannerie. Pas besoin d’être sociologue ou historien pour se rendre à l’évidence de cette perception, chez celles et ceux qui ont voté Michel Martelly, qu’il existe un ordre qui est contre eux. Leur vote, dès lors, est déterminé par l’écart que le candidat choisi entretient selon eux avec le pouvoir politique en tant que garant de cet « ordre » duquel ils n’attendent rien.
Quand on offre le vote à des gens qui ne se sentent pas citoyens, dans une atmosphère d’ancien régime, ils votent le « désordre ». Depuis Duvalier, en passant par Aristide, pour en arriver à l’élection de Michel Martelly, la présidentielle haïtienne prend l’allure d’Etats Généraux. Dans ces trois cas, sans nier les spécificités conjoncturelles et les particularités de chacune de ces candidatures, le malheur a voulu qu’aux yeux d’une bonne partie de l’électorat, ces candidats soient porteurs du cahier de charge dont l’exécution mettrait fin à « l’ordre ». Le malheur. Au moins dans les deux premiers cas. La déstructuration de ce qui mérite d’être déstructuré n’a pas conduit à l’organisation d’une société républicaine fondée sur moins d’inégalité sociale. Le désordre n’a pas changé l’ordre social, il en a révélé et exploité la pourriture.
Plutôt que de se lamenter sur l’échec électoral de la constitutionnaliste lectrice d’Agatha Christie, il s’agira pour les progressistes de déborder ce nouveau populisme sur sa gauche. Veiller au respect des acquis démocratiques contre toute dérive totalitaire qui, plutôt que d’engager les institutions dans l’exercice de la transformation sociale dans le respect de leurs pouvoirs respectifs, pourrait prendre le chemin de la destruction de ces institutions. Dénoncer toute tendance au retour vers les préjugés sociaux et le clientélisme : la « bande » à Michel Martelly n’est pas exempte de fils et filles d’ayants-droit en droite lignée du mulâtrisme et du noirisme. Exercer la pression pour des mesures économiques et sociales pour une république fondée sur l’équité et l’égalité réelles.
Il s’agira aussi pour les progressistes de surmonter la contradiction qui les divise en deux : celle qui fait du même homme un intellectuel de gauche contrarié par le notable en lui. A titre d’exemple, des évidences que l’intellectuel aurait dû saisir et que le notable a ratées : Michel Martelly, dans le rôle de Sweet Micky, a choqué les bonnes mœurs, mais dans le système de représentation de celles et de ceux qui ont voté pour lui, cela n’a aucune importance. Pourquoi ? Parce que la crise sociale est telle, le rejet de l’ordre tel, que la « désacralisation » de tout ce qui le représente ne gêne pas, et pourrait même séduire.
Autre évidence : le coup de la sensibilité à la misère. Il faut reconnaître que les gens ont senti une sensibilité à leur condition, et qu’ils voteront à chaque fois (on en revient aux élections Etats-Généraux) celui ou celle qu’ils croiront sensible à leur condition. Si les gens ne croient pas que vous êtes sensibles à leurs conditions, comment pourraient-ils croire que vous allez y changer quelque chose ! Encore une fois, c’est sur sa gauche qu’on pourra vaincre le populisme : sensibilité réelle aux conditions du peuple, propositions claires de transformation de ces conditions. Les pleureurs qui se lamentent auraient dû pousser leur candidate à être plus « sociale », ou se constituer en force autonome et affronter le populisme. Le vaincre : Montrer que c’est nous qui comprenons vos problèmes et qui allons prendre les mesures justes pour les résoudre. C’est aussi ce silence, cette absence, qui a élu Michel Martelly.

Lyonel TROUILLOT

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article7656

Portrait de Anonyme Béneix Anne-Marie06.04.2011

Je veux faire confiance et espérer avec le peuple haïtien.
On dit que les jeunes ne connaissent pas les exactions commises par Duvalier, c'est certain, mais les votants ont connaissance du désordre, de l'absence d'espoir, de l'inefficacité des associations internationales beaucoup trop nombreuses (à ce que j'ai entendu) et qui préfèrent s'offrir une bonne conscience sur le dos des Haïtiens.

Ils ont préféré un "outsider" à Mirlande Manigat, peut-être parce qu'ils se méfient de l'ordre établi par les biens-pensants ?

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