Pénalisation de la prostitution pour les clients: Elisabeth Badinter réagit. 21
"En finir avec le mythe du plus vieux métier du monde". C'est l'ambition affichée par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la prostitution en France. Dans un rapport présenté par Roselyne Bachelot, la mission propose une loi qui pénaliserait fortement les clients des prostituées: ils seraient passible de 6 mois de prison ou de 3.000 euros d'amende.
Cette loi s'inspire de ce qui se fait en Suède depuis 1999. Thibaut Mougin a joint la philosophe Elisabeth Badinter. Pour elle, la réforme suédoise n'a pas été si efficace: elle n'a fait que déplacer le problème:
Elisabeth Badinter © Alice fargier
Thème(s) : Information| Débat| Droit| Société| prostitution




21 commentaires
Encore une proposition de loi qui vise des intérêts mal placés..
Merci! Enfin une personne qui reconnaît que la prostitution n'est pas que l'exploitation de la misère sociale mais aussi un mode de vie que l'on peut vouloir pour soi. Quel entretien réjouissant.
Merci à France culture de nous permettre d'écouter la position de Mme Badinter que j'approuve totalement!!
Ce sujet vient Juste pour détourner l'opinion public sur les déroutes de la politique Française en ce moment.!!!
Badinter a raison même si il est très hypocrites de laisser l'etat (les impots) et les clients jouir de celles et ceux qui sont contraints. d'autant que ce sont les prostitué(e)s qui sont aujourd'hui contrôler et pourchasser par les forces de l'ordre.
Elisabeth Badinter fait bien entrevoir l'essentiel : la loi ne doit pas avoir pour objet de restreindre la liberté individuelle mais de la préserver et de l'étendre dans toute la mesure du possible.
Si le réseau dans lequel est prise une personne contrainte à se prostituer est démantelé, elle cessera de pratiquer la prostitution par choix. En pénalisant le client, la loi ne donne pas plus de liberté ni de protection à la personne victime des réseaux de prostitution.
L'Etat n'a pas à être moralisateur : pour être efficace, il doit défendre des valeurs essentielles, liberté, équité, droits humains...
La proposition en cause est réductrice et simpliste (sanctionner le comportement individuel en s'appuyant sur des arguments moralisateurs n'est pas le bon moyen si l'on veut faire évoluer vraiment les mentalités et les pratiques). Tout indique aussi que son caractère répressif ciblant l'individu sera contreproductif. Ni les personnes qui se prostituent sous la contrainte ni la société dans son ensemble n'en tireront un quelconque avantage.
En résumé : une loi inutile, peut-être hypocrite et en tout cas mal inspirée et régressive...
SK
Effectivement les "effets d'annonces" successifs concernant les problèmes sociaux et celui-ci en particulier sont très grossiers à l'image de Madame Bachelot ?
Sinon pour avoir un peu voyagé à l'est on s'aperçoit que les filières mafieuses odieuses qui prostituent des jeunes femmes contre leur gré, quand on les remonte ont des connexions bien surprenantes : à n'être pas démantelées ???!!! je soupçonne que ce soit le cas pour d'autres pays ? à partir de cela on peut toujours "débattre" sur le sujet, et des moyens financiers pour les endiguer... mais chut... le sujet est dangereux... ?
Plus généralement, il semblerait que ce domaine soit touché dans sa dimension libre, indépendante et "artisanale" comme toutes les autres activités ?
Rien à ajouter aux propos de Mme Badinter. Idée hallucinante venue de je ne sais quel fanatisme.Faut il rappeler que la sexualité doit rester, aussi, irreductible au politique, c'est à dire en marge de la société. La loi est sur ce sujet équilibrée: ni organisation, ni interdiction. Qui sont donc ces personnes qui prétendent contrôler intégralement le plus intime de nous tous?
Enfin il est facile de dénoncer la condition difficile des prostituées, quand on s'acharne à démanteler et à interdire toute prostitution volontaire, quand on les stigmatise et marginalise à outrance et enfin quand on évite soigneusement de leur donner la parole.
Quand je me suis étonné, en vacances dans le Gard, de voir tous les jours, au bord d'une route en plein soleil, une dame patienter dans sa petite voiture, mes hôtes m'ont appris que la prostitution étant interdite dans les villes voisines, c'est ainsi que les prostituées devaient procéder. D'une façon qui entre autres nie toute sécurité puisque, loin de tout, elles sont à la merci du premier égorgeur venu. Sur le bilan du "modèle suédois", voir aussi http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2005/10/tre_travailleus.html
et
http://www.ledevoir.com/non-classe/70823/prostitution-le-modele-suedois-...
L'esclavage est-il légal? Non. Le viol est-il légal? Non. Le proxénétisme est-il légal? Non. Mais faisons quand même une nouvelle loi pour continuer à ne pas appliquer les précédentes et ainsi continuer d'interdire aux prostitué(e)s de bénéficier des protections sociales et juridiques accordées à quiconque travail! Quelle hypocrisie écœurante derrière tous ces bons sentiments.
pétition lancée à l'occasion du spectacle "client" au Théâtre Paris-Villette
http://www.nonalapenalisationdesclientsdeprostituesprostituees.net/
Si la traite des êtres humains en matière de sexe est révoltante et intolérable la prostitution volontaire est à considérer comme un service public et dans une société hyper sexualisée les laissés pour compte du sexe dont les handicapés doivent pouvoir trouver un exutoire à leurs pulsions sexuelles sans se sentir coupables et stigmatisés en outre cette proposition de loi va toucher les classes sociales les plus modeste où nombre de prostitué(e)s font office de psy et confident(e)s... Il serait temps que la prostitution soit reconnue comme une profession et réglementée comme toutes les professions. Dans les pays où la prostitution est admise les femmes sont de plus en plus clientes, éros center et escort boys ont leurs faveurs et ça aussi c'est la libération de la femme!Je partage évidemment la position de Madame Badinter en regard de cette proposition de loi liberticide et rétrograde...
Je donne raison à Mme Badinter. Si la prostitution n'existe plus nous aurons plus de crimes. Le plus vieux métier du monde a son sens et son utilité. Mais il faut lutter contre le proxénétisme et fasse en sorte que le choix de métier soit donné aux femmes en toute liberté et le moyen de bien gagner leur vie. Bravo pour vos propos Mme Badinter.
Ce qui semble différencier L'Homo Sapiens du monde animal, c'est le contrôle de ses pulsions, que ces pulsions soient sexuelles ou de violences. Cette différence s'appelle l'humanité, Madame Badinter.
A réécouter une fois, dix fois, cette semaine la série Sur les docks, une immersion d'Alexandre Héraud dans la brigade mondaine. "Paris-sur-vice, ce n'est pas pittoresque, c'est plutôt pitoyable" dit un ancien patron de la brigade...
Pas convaincue, et navrée par l'aveuglement de madame Badinter.
Je suis pour cette loi, mais ce gouvernement est-il capable d'y adjoindre les mesures et l'argent nécessaires pour aider les prostituées à tenter de s'en sortir ? Contrairement à ce que vous dîtes, le bilan suédois n'est pas si mauvais pour la liberté de choix des femmes.
Il ne s'agit pas de moralisme, mais d'un minimum de compassion pour ces "petites jeunes femmes", exposées comme des appâts sur le bord des routes.
Il s'agit aussi de colère et de dégoût pour les "camionneurs" qui abusent d'elles impunément, avec l'excuse de leur désir masculin si naturel et si irrépressible...
Cette loi vous fait penser à l'époque victorienne, mais votre indulgence pour la sexualité pseudo virile incontrôlable, ce sont les temps préhistoriques qu'elle évoque pour moi.
Quand aux putes de riches, et à leurs clients, ne vous inquiétez pas pour eux : entre riches on s'arrange toujours avec la loi, tout le monde sait ça.
Etrange comme cette question n'est au fond jamais abordée sous l'angle social. C'est le mérite de Madame Badinter de resituer le problème. Ce genre de lois réveillent en effet le fantôme de l'ancien ministre et maire de Tours Royer, récemment disparu. Quand la réponse n'est pas l'hypocrisie morale, elle est balayée d'un revers de main tout aussi phallocrate, comme l'a fait Jean-Luc Mélenchon avec un journaliste sur la question des maisons closes -qui n'a pas sa place dans la rhétorique marxiste- ou aujourd'hui le pathétique Philippe Caubère qui semble avoir été bien malheureux en amour -voir le journal libération du 14 avril 2011. Et pour rester dans le théâtre,
deux textes italiens ont abordé la question de manière bien plus subtile. Je pense à Sex machine de Giuliana Musso ou aux Nuages reviennent à la maison de Laura Forti: http://dormirajamais.org/sex/
Bref, une question complexe, que nul ne semble trouver digne d'une commission d'enquête prolongée. Les objectifs devraient en être comment s'assurer de la sécurité des prostituées (sanitaire, professionnelle et relationnelle), de leur liberté (un métier déclaré, libéré du proxénétisme).
Je me suis laissé dire que ces dames étaient impôsées sur leurs revenus "estimés" ! Donc, par déduction, l'Etat "moralisateur" joue aussi le rôle de proxénète puisqu'il profite, comme les souteneurs, de la prostitution. Et il va vraiment y gagner en impôsant toujours les prostituées mais en plus les clients !! Au fait, s'est-on jamais demandé pourquoi il y avait des clients ??
Bonjour.
Je pense que Mme Badinter a tout à fait raison. La prostitution reste une
chose effroyable mais pénaliser les michetons ne résoudra pas le problème,
bien au contraire. Cela restreindra davantage nos libertés individuels et fournira à la police un énième prétexte pour nous embarquer au poste:
"Dite donc vous, seriez pas en train d'aller aux putes par hasard?"
Et si on parlait du proxénétisme et pas seulement de la liberté sexuelle de toutes et tous;avec les montagnes d'argent qui circule en réseaux,Madame Badinter?...!...
Il y a divers façons de considérer la prostitution,et sous prétexte de liberté des corps il est plus facile de ne regarder qu'un aspect de la lutte contre la prostitution!...
Et s'il y avait aussi un problème d'ordre social,et bien sûr,sociétal et si vous regardiez la prostitution subie et non celle qui est volontaire et qui s'apparente plus à une sexualité liée à un souhait personnel et qui celui-là est de la liberté individuelle de disposer de son corps,peut-être que la différence se situe ,justement,là?
Il n'est pas facile de légiférer sur les Droits de l'Homme et il est encore plus difficile de mettre à égalité les droits de la femme et les droits de l'homme dans la vie quotidienne...
Alors votre position n'est pas plus recevable que celle qui fait débat;mais cette dernière a le mérite de poser un problème grave,que les petites gens qui subissent la prostitution contrainte n'ont jamais la possibilité de porter au niveau des Responsables(en l'occurrence du Législateur) au titre de -simplement peut-être- d'"assistance à personne en danger"!...
Madame Badinter avec tout le respect et l'admiration que je porte à la globalité de votre action et de votre réflexion,de Femme de combat,vous ne donnez pas ,à mon sens,un espoir aux victimes de la prostitution subie, et celle-là, elle est terrible car elle atteint les "petits" qui restent en dépendance et çà,vous le savez.
Pour abolir le système prostitueur:
www.prostitutionetsociete.org
http://www.facebook.com/event.php?eid=198264503545040&code=32468701#!/profile.php?id=100001089178083
Très convaincant ! Me E. Badinter a bien raison de nous éclairer, nous qui ne sommes pas vraiment "au fait" de la question. Je communique ma réaction, plus que superficielle, uniquement parce qu'à la première audition de ce projet : j'étais plutôt favorable, et ... j'ai complètement changé d'opinion après cet aperçu plus que convaincant !
Pour éclairer le public, contre ce projet de loi, ne pourrions-nous pas être mieux documentés par un rapport sur l'état des choses en Allemangne ?
Le vrai problème, comme toujours, c'est que la surveillance active des émigrées de l'Est, et sur leurs moyens de subsistance, leurs dépenses, etc ... va rapidement conduire à un climat d'inspection policière qui serait (sera ?) insupportable, et très mal accepté ...
L'Europe, souvent bien mal inspirée ces derniers temps, pourrait - à mon sens - s'attaquer à ce problème ...? pour redorer un blason qui s'altère dans l'opinion ...
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