Disquaire Day au "Gals Rock"
« Disquaire Day » le 16 avril dernier, les disquaires indépendants étaient à l’honneur. Dans un marché de la musique morose, les disquaires menacés font de la résistance. Ils multiplient les idées originales, proposent et conseillent. Avec sa complice et associée Pauline Dutheil, la disquaire parisienne Clémence Gancel, à Gals Rock., a fait un choix radical et assumé : proposer un choix très sélectif sur une culture spécifique.
Gals Rock, située au17 rue Henri Monnier dans le 9e arrondissement parisien. © Isabelle Lassalle
Quelles sont les alternatives face aux grandes surfaces ?
Dans notre boutique, nous avons fait le choix d’une culture « rock féminine », c'est-à-dire des musiques écrites, jouées ou chantées par des femmes. Mais notre démarche n’est absolument pas féministe et à notre grande surprise 75% de notre public est masculin. Nous avons aussi diversifié l’offre en proposant des livres, des accessoires et des vêtements. Nous nous sommes inspirées de lieux qui nous plaisaient à New York ou à Viennes. Nous sommes contre le système des bacs, ici tout est accessible. Nous suivons les groupes que nous soutenons, surtout ceux qui passent rarement en radio. C’est une offre de niche mais nous défendons le choix de chaque CD.
Dans la boutique, la première pièce est consacrée aux accessoires, vêtements et livres. © Isabelle Lassalle
Comment fidélisez-vous la clientèle ?
Les clients qui entrent ici sont souvent insatisfaits de ce qu’ils entendent sur les ondes. Ils viennent pour la sélection, des conseils et des échanges. Nous militons pour un vrai partage. Et nous travaillons à la fois pour des spécialistes qui viennent pour notre choix très subjectif et un public ouvert à la découverte. Nous avons deux espaces dans la boutique dont l’un entièrement dédié à l’écoute, avec un canapé à disposition et la possibilité de prendre un café ou un thé. Nous invitons les gens « chez nous ».
Quelles sont les évolutions que vous avez pu observer ? Avez-vous trouvé LA bonne stratégie ?
Nous constatons que nous avons plus de nouveaux clients et toujours plus de fidèles, certains sont même devenus des amis. Nous proposons régulièrement des concerts à la Flèche d’Or et en organisant des showcases hebdomadaires, nous avons transformé la boutique en lieu de vie. Le public vient pour la proximité avec les artistes. Nous avons gagné en légitimité et maintenant les groupes eux-mêmes nous sollicitent. Enfin, nous bénéficions d’un bouche-à-oreille et d’un véritable réseau qui s’est mis en place progressivement.
La deuxième pièce est une véritable salle d’écoute à disposition des clients. © Isabelle Lassalle
Une fête des disquaires, est-ce vraiment utile ?
Nous y participons pour promouvoir la musique qui nous plaît. C’est une belle occasion de mettre en avant les disquaires indépendants et d’aider les artistes peu ou pas connus. Et des chanteurs très célèbres, comme Charlotte Gainsbourg, soutiennent cette opération. Des labels indépendants nous ont aussi contactés en qualité de prescripteurs. Nous avons ouvert il y a un peu plus d’un an, en décembre 2009, et le résultat est plutôt inespéré pour un début. Nous n’avons pas de pertes et pouvons même commencer à nous rémunérer.
> Pour en savoir plus, consulter le site de « Gals Rock ».
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