Grèce : une austérité sans précédent 0
La visite est une échéance très attendue. Ce "début mai", une représentation de la Troïka (UE-FMI-BCE) doit évaluer à Athènes le plan de redressement des finances grecques. Un impératif avant le versement de la cinquième tranche du prêt accordé au pays sur trois ans. Et déjà au moins trois déclarations ont retenu l’attention.
Le chef de la Représentation de la Commission européenne en Grèce, Panos Karvounis, a précisé que "Selon les conclusions de l'examen, cette analyse pourrait entraîner une adaptation des mesures prévues dans le plan de redressement des finances". Alors que le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble avait précédemment indiqué que si la Grèce n'était pas sur une trajectoire soutenable, "il faudrait décider quelque chose", évoquant "de nouvelles mesures". Jeudi dernier, un porte-parole du FMI, David Hawley, a lui rappelé que l’institution "ne continuera à verser son aide à la Grèce, comme à n'importe quel Etat membre, que si sa dette reste à des niveaux supportables".
Ce même jour, l'Institut Statistique Européen publiait des chiffres montrant que les problèmes d'Athènes sont loin d'être réglés. Un déficit public de plus de 10% en 2010, soit 1% de plus que prévu, et une dette montée à près de 143% de ce même PIB. La question du remboursement de cette dette continue de se poser, ainsi que celle d'une éventuelle restructuration aux conséquences difficilement prévisibles y compris pour les autres pays de la zone Euro, Renaud Candelier (26/04) :
Et dans une version "rectifiée" de son premier communiqué, le ministère grec des finances a reconnu que ce creusement du déficit attestait "aussi des difficultés réelles" de l'appareil d'Etat à réduire le déficit et de la nécessité "d'efforts supplémentaires notamment dans la lutte contre la fraude fiscale". Jeudi dernier, un fonctionnaire d'un bureau du fisc d'Athènes a d'ailleurs été arrêté pour blanchiment de 2,2 millions d'euros.
Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, mi-avril à Washington, face au FMI et à la Banque mondiale Jonathan Ernst©Reuters
Ces dernières semaines, des rumeurs insistantes de restructuration de la dette grecque ont ainsi agité les marchés. Option rejetée jeudi dernier par Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro : "elle entraînera énormément de problèmes non encore identifiés, si jamais ils étaient identifiables" (...) "Donc ce n'est pas une hypothèse de travail".
Mais l'agence de notation Moody's avait justement évoqué cette restructuration et des difficultés économiques persistantes pour abaisser de trois crans la note souveraine du pays. Précisions le 7 mars d'Angélique Kourounis :
Et ce alors que fin décembre, les parlementaires avaient voté un budget 2011 d'austérité sans précédent Angélique Kourounis :
Quelques mois plus tard, le Premier
ministre Georges Papandréou vient d'accuser les partis grecs d'opposition, "des médias, des analystes ou experts
soi-disant indépendants de choisir le rôle des Cassandre". "Cela suffit avec cette misère et ce chant funèbre (...). Il faut que chacun assume
ses responsabilités", a-t-il affirmé au cours d'un conseil des ministres. Reconnaissant toutefois que "L'économie grecque se trouve toujours au milieu de sa plus grande crise
et la voie pour
s'en sortir est encore longue et difficile". Avec des paradoxes comme pour son huile d'olive.
Manifestant contre les mesures d'austérité devant le Parlement, à Athènes, le 13 avril dernier Yiorgos Karahalis © Reuters
Tenant compte des mauvais chiffres révélés par Eurostat, la "feuille de route" de son gouvernement prévoit entre 2012 et 2015 des économies de 23 milliards d'euros et de 50 milliards issus de privatisations (y compris de casernes). Le Parlement en prendra connaissance mi-mai, juste après une grève générale le 11 (la 2e de l'année) et des mouvements sociaux qui se multiplient. Comme récemment celui, inédit, des journalistes, Angélique Kourounis (07/04) :
Lueur d'espoir tout de même, au beau début de la saison : le tourisme. Conséquences des révolutions tunisiennes et égyptiennes, et après l'attentat de Marrakech, les professionnels observent et prévoient un retour en masse des étrangers. Et le ministre, Pavlos Geroulanos, vient de le qualifier de "principal pilier de développement de l'économie".
Eric Chaverou © Radio France
Avec AFP
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Grèce : des emplois pour les jeunes OECD Publications, Washington. Coll. Jobs for youth = Des emplois pour les jeunes, 2010 -


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