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Quand les internautes financent l'art 0

Série sur le financement de l'art - Temps n°5

 

En France, le financement collectif se fait connaitre avec le succès de la chanson "Toi + Moi" de Grégoire. Les internautes plébiscitent ce titre et investissent de l'argent pour réaliser le rêve de ce jeune inconnu. Au final, ils produisent un album qui se vendra à plus d'un million d'exemplaires. Depuis, ce mode de financement par la communauté s'est étendu à d'autres domaines artistiques.

Le crowdfunding a le vent en poupe. Les premiers à surfer sur la vague sont les fondateurs de My Major Company (MMC), label de musique communautaire. Riche du succès commercial de Grégoire, ils ont décidé de tenter l'aventure sur un autre terrain, celui de la littérature.

 

Sevan Barsikian Florence Pacaud © Radio France

Retour sur le label musical

 

My Major Company doit beaucoup à la crise financière. En 2007, les trois futurs fondateurs du label communautaire, Sevan Bariskian, Michaël Goldman et Anthony Marciano dressent un constat : les maisons de disque ne signent plus de jeunes artistes, parce qu’elles n’en ont plus les moyens. Or internet a permis la découverte de talents. "De ce paradoxe est née l'envie de fonder notre propre major avec l’aide des internautes, en les faisant participer à la production, en mutualisant les risques mais aussi les revenus quand il y en a", explique Sevan Bariskian. En quatre ans, son fonctionnement a subi des évolutions.

 

 

Des modifications ont été prises afin d'éviter un site dormant. Sevan Bariskian donne des précisions :

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Les revenus issus des ventes d'un album, déduction faite de la marge du distributeur, sont ainsi répartis : 50% pour MMC, 30% pour les producteurs et 20% pour les artistes. Depuis 2007, une trentaine d'albums ont été produits, mais le niveau des jauges, (montant à atteindre pour financer l'album) a été augmenté :

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Le cas "Grégoire", qui est resté fidèle au label pour son second album, a provoqué des changements sur les modalités de redistribution des investissements pour les internautes :

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Les revenus générés par Grégoire, appuyés par une entrée au capital, contribuent à l'expansion de la plateforme à l'étranger :

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Sophie PouliquenFlorence Pacaud © Radio France

De MMC à My Major Company Books

 

Née, il y a un an, de la volonté des fondateurs de MMC de s’étendre à d’autres domaines culturels, MMC Books a déjà trois livres sortis en librairie en novembre 2010 et tirés à plus de 10 000 exemplaires. Deux autres sont annoncés pour juin, et un sixième devrait arriver à l'automne.

Le choix s'est porté sur la littérature, car il était relativement facile d’adapter le modèle déjà existant de MMC, au livre. Mais contrairement au label musical, MMC Books travaille en partenariat avec une maison d'édition, qui sélectionne les livres ouverts au financement. Sophie Pouliquen, chef de projet :

 

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Le fonctionnement du site pour les auteurs, leurs lecteurs et les internautes-contributeurs :

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MMC Books s'est fixé l'objectif de financer l'édition de 10 livres par an. A ce stade d'exercice, chaque opus sélectionné par l'équipe éditoriale a réuni les fonds nécessaires auprès des internautes, soit 20 000 euros.

 

le site Sandawe

Sandawe, site né de la frustration de l'édition classique

 

Lancé le 10 janvier 2010, Sandawe est un site belge d'édition de bandes dessinées. Patrick Pinchart, son directeur éditorial, a travaillé pendant vingt-deux ans aux éditions Dupuis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il explique ses motivations à se lancer dans l'édition participative de bandes dessinées :

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Contrairement à MMC Books, Sandawe n'est pas une plateforme où tous les auteurs peuvent déposer un extrait de leur production. Seuls apparaîssent en ligne les projets sélectionnés par Patrick Pinchart. Il en reçoit un à deux par jours, mais seulement vingt sont proposés. Et même s'il en a trois ou quatre en réserve, il n'est pas pressé de les mettre en ligne.

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Le budget et la répartition financière des gains

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Serge Perrotin, scénariste de bandes dessinées, a déjà publié des albums aux éditions Glénat, Soleil et Futuropolis. Mais pour son nouveau projet, Il Pennello, qui sortira en librairie à la fin du mois d'août, il a fait le choix de Sandawe. Il explique pourquoi :

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Nicolas Bailly Florence Pacaud © Radio France

Et maintenant, le cinéma

 

Ancien producteur, Nicolas Bailly, fondateur de Touscoprod, connait la difficulté de production d'un film indépendant. L'objectif de son site est double : apporter un complément budgétaire à un projet audiovisuel ou cinématographique et lui donner une visibilité grâce à la promotion faite par la communauté engagée.

Le montant de la participation, ainsi que ses répercussions sont différentes s'il s'agit d'un film cinéma ou d'un film documentaire :

 

 

 

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Le fonctionnement et le retour pour les internautes-contributeurs :

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Touscoprod prend 10% des souscriptions et s'il n'est  pas encore à l'équilibre, le site a atteint l'objectif qu'il s'était fixé.

 

A ce jour, 12 films sont ouverts au financement. Créé le 20 janvier 2009, le site  regroupe aujourd'hui une communauté de 15 000 membres, qui depuis l’ouverture ont investi pas loin de 650 000 euros sur 18 films exploités essentiellement en salle. Et si, à l'origine, Nicolas Bailly a démarché les producteurs, aujourd'hui ce sont eux qui viennent à lui. Une réussite donc pour ce pionnier dans la production communautaire de films.

Dans le domaine de la musique, le pionner My Major Company a également connu un beau succès. En quatre ans, l'entreprise s'est implantée en Angleterre et se développera prochainement en Espagne et en Allemagne. L'entreprise emploie 35 personnes, gère une communauté de plus de 100 000 internautes qui a investi plus de 4 millions d'euros. Le crowdfunding culturel paraît donc promis à un riche avenir. Car l'internaute a le sentiment de ne pas se laisser imposer des goûts et de ne pas se soumettre à un diktat culturel. Pourtant, la plupart des sites fonctionnant sur une pré-sélection, cette liberté n'est sans doute qu'illusion ! 

 

Retrouvez tous les épisodes de la série :

>>> Temps n°1 : Le Louvre a les grâces du mécénat privé

>>> Temps n°2 : Le Musée des Arts Forains, un cabinet de curiosités privé

>>> Temps n°3 : L'art au privé

>>> Temps n°4 : Le mécénat culturel en crise

Florence Pacaud

Thème(s) : Arts & Spectacles| Bande Dessinée| Internet| Cinéma| Finance| Musique| crowdfunding| financement collectif

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La chronique de Philippe Meyer du 1 juin 2011Chronique au sujet du rapport de la Cour des comptes sur les musées nationaux

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