Au coeur de l'e-G8 2
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>>> dossier : au coeur de l'e-G8 | l'avis des entrepreneurs | Nicolas Sarkozy 2.0 ?
Le Davos de l’internet est né : l'e-G8, aujourd’hui et demain à Paris, en préambule au G8 de Deauville.
Un forum international pour officiellement « éclairer et nourrir la discussion des chefs d'État et de gouvernement du G8 d'une vision des acteurs du Web sur l'importance et l'impact d'Internet dans la société et l'économie ». Une façon d'amorcer un dialogue avec ce que certains ont qualifié de 8e continent, et avec ceux qui pourraient désormais justement aider à renverser des États. Quand on apprenait fin janvier qu'il y aurait plus de deux milliards d'internautes dans le monde, selon l'ITU (Union Internationale des Télécommunications).
Le casting de ces grandes discussions aux Tuileries est d’ores et déjà réussi. Nicolas Sarkozy aux côtés des patrons de Facebook, Google et Wikipedia, au moins restera la photo pour le président régulateur qui a lancé l’Hadopi. Pourtant, dans son discours et ses confidences ce mardi matin, pendant une heure, il a notamment rejetté l'idée d'une régulation définitive pour ce marché puissant mais encore fragile Eric Chaverou (24/05) :
Celui qui n'aurait toujours pas d'ordinateur aurait-il changé et d’où vient son déclic ? Après un déjeuner avec des personnalités du web français en décembre et le Conseil National du Numérique lancé il y a un mois, il poursuit son opération séduction. Avec cet événement estimé à 3 millions d’euros organisé par Publicis et financé par des sociétés privées. Si le pdg de Publicis, Maurice Lévy, reconnaît ne pas encore être rentré dans ses frais, il se félicitait ce mardi matin du succès inattendu d'affluence, avec finalement 1500 entrepreneurs et personnalités :
Maurice Lévy, pdg de Publicis et organisateur de ce Forum, le 24 mai 2011
Eric Chaverou © Radio France
Officiellement, cette plateforme d’expression servira aux chefs d'Etat du G8 qui recevront pendant une heure ce jeudi une délégation de 6 grands noms de cette réunion. Même si la Quadrature du net estime que les sherpas ont déjà rédigé le texte de Deauville. Jérémie Zimmermann, cofondateur et porte-parole :
La Quadrature du Net qui a improvisé une conférence de presse ce mercredi avec d'autres représentants de la société civile, au sein même du e-G8.
A la tribune, pour dénoncer des échanges trop commerciaux, évoquer des fuites du New York Times sur le communiqué final et rappeler certaines réalités politiques : Jérémie Zimmermann donc, Lawrence Lessig (professeur de droit spécialisé dans la propriété intellectuelle et fondateur des Creative Commons), Jeff Jarvis (journaliste américain), Susan Crawford (ancien membre du conseil d'administration de l'ICANN) et Jean-François Julliard, le secrétaire général de Reporters sans Frontières :
Via une déclaration internationale de nombreuses organisations non gouvernementales et associations s’étaient auparavant inquiétées de ne pas voir la société civile représentée et de voir oubliés des débats la censure en ligne, la neutralité d'internet, ou le logiciel libre.
Jimmy Wales, co-fondateur de Wikipedia, au e-G8 de Paris, le 24 mai 2011 Eric Chaverou©Radio France
Le co-fondateur de Wikipedia lui-même, Jimmy Wales, s'est étonné ce mardi de cette absence dans son intervention. Entretien réalisé avec Tim Martin, pour la Deutsche Welle :
Wikipedia qui fête ses 10 ans et souhaiterait être inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité !
Et l'association Internet sans Frontières avait elle dénoncé ce e-G8 bien avant son ouverture. Son président et fondateur Christophe Ginisty explique pourquoi :
Plus étonnant encore, la CNIL est sortie de sa réserve pour regretter dans un communiqué ce mardi "l'absence de tout régulateur [...] ainsi que des associations de défense des libertés ou des consommateurs". "Des questions essentielles touchant aux libertés fondamentales, aux enjeux du traçage des personnes, au droit à l'oubli, ne seront donc pas évoquées".
Interviewé par Florence Pacaud, Alex Türk, président de la CNIL et sénateur DVD du Nord, apporte des précisions sur "cette mise à l'écart" des questions relatives à la protection de la vie privée :
Un atelier s’est toutefois intéressé ce mercredi aux nouveaux outils pour la liberté, en présence d’un conseiller spécial d'Hillary Clinton et d'une cyber activiste égyptienne.
Pour le reste au programme, entre autres : internet et la croissance, la propriété intellectuelle à l’heure du numérique ou l’art de la start-up.
Eric Schmidt, le président exécutif du conseil d’administration de Google (cravate beige) au e-G8 de Paris, le 24 mai 2011
Eric Chaverou © Radio France
Une première rassemblant le gratin du secteur, même si certains se sont étonnés du peu de Chinois, d’Indiens ou de Brésiliens. François Quentin est le président du Conseil d'administration de Huawei Technologies France, une multinationale chinoise de 110.000 salariés dans le monde qui sponsorise ce e-G8 (à raison d'entre 250.000 et 500.000 euros selon la Tribune) :
Les têtes d'affiches ont elles plutôt répondu présent. Sauf Dick Costolo, de Twitter et Jeff Bezos, d'Amazon, finalement absent.
Rupert Murdoch, magnat de la presse australo-américain, s'est indigné que la révolution numérique ait tout changé, sauf l'éducation, demeurée inchangée depuis "l'époque victorienne" Eric Chaverou © Radio France
Bouquet final décevant, la conversation avec Mark Zuckerberg, qui venait d'offrir un t-shirt de sa marque préférée à Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Passé au jean basket pour les Tuileries, le co-fondateur de Facebook a essentiellement démenti son intention d'ouvrir son réseau aux moins de 13 ans et minimisé le rôle de son "outil" dans les révolutions du monde arabe :
Le leader aux 600 millions de membres s'est ensuite préparé à rencontrer les chefs d'Etat du G8 à Deauville. Car membre de la délégation de ce Forum chargée ce samedi d'en rapporter la quintessence des débats. Aux côtés de Yuri Milner (Mail.ru), Hiroshi Mikitani (Rakuten), Eric Schmidt (Google), Stéphane Richard (Orange) et de son interlocuteur sur scène, l'organisateur du e-G8 Maurice Lévy (Publicis).
Maurice Lévy, pdg de Publicis et organisateur de l'e-G8, et Mark Zuckerberg, pdg de Facebook, le 25 mai 2011 Eric Chaverou © Radio France
Thème(s) : Information| Economie| Internet| e-G8| Nicolas Sarkozy| Publicis


2 commentaires
RÉVOLUTION : Évolution née du rêve.
Il est prévisible que la forme d'oligarchie qui nous gère depuis une génération ne lâche pas facilement un terrain fort efficacement occupé.
Il reste essentiel que la diversité s'exprime avec suffisamment de recul pour ramener une touche de bon sens dans la lutte incessante entre partisans de l'Ordre et du Mouvement Perpétuel. Le film de l'actualité ne peut se construire qu'image par image, par région, ville, voir village parfois, sur le mode du palabre africain. Plus d'humains dans un monde de brutes.
Lire que le G8 envisage une aide directe aux Printemps arabes me semble de bon aloi dans cette direction. J'espère ne pas être trop naïf en la matière.
Parler et surtout écouter. Mais ne jamais s'interdire de Rêver.
J. Kouakou G.
L'évidence de cette pantalonnade augure mal de l'avenir de l'internet.
quelques signes annonciateurs nous avaient prévenus (ICANN, acharnements sur certains sites non destructibles par la force, ...)
Les marchands et les gouvernements impérialistes (de fait) sont là pour savoir comment dominer ce média trop libre.
Même nos intellectuels les plus écoutés se plaignent des libertés de dire ! C'est perdu. La CNIL n'existe plus ...
Notre monde a perdu pied, les principes les plus fondamentaux de la démocratie, que dis-je des droits de l'homme, de la simple dignité de l'humanité sont bafoués.
Les masses populaires deviennent dangereuses pour ce Système capitaliste et dictatorial en détresse.
Le pire est à venir, si nous laissons encore faire...
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