La cyberguerre change d'échelle 1
Tyler Olson © Fotolia.com
"Notre pays est en danger", "Les failles de notre cyber-sécurité qui touchent l'administration et nos
infrastructures clé constituent des menaces pour notre sécurité
nationale, publique et économique", affirmait
il y a moins d’un mois Barack Obama.
Proposition de loi à l'appui, la cyber-sécurité est l'un de ses chantiers prioritaires. Les Etats-Unis envisageant même désormais des répliques militaires.
Et ce jeudi, Hillary Clinton a qualifié de très graves les révélations de Google : des centaines de tentatives d’accès à des comptes mail personnels, notamment d’activistes chinois et peut-être de hauts responsables américains Eric Chaverou :
Sur son blog, la firme californienne estime donc que l'attaque pourrait venir de la ville de Jinan, en Chine, où le piratage informatique pourrait être qualifié de "sport national" Stéphane Pambrun :
Enfin, ce samedi, à Singapour, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré lors d'une conférence sur la défense en Asie à laquelle participait son homologue chinois, Liang Guanglie : "Nous pourrions éviter de sérieuses tensions internationales à l'avenir si nous pouvions établir dès que possible un code de conduite qui dise quels genres d'actions sont acceptables, quels genres d'actions ne le sont pas et quels genres d'actions peuvent en fait être des actes de guerre".
A la tribune du récent e-G8, Nicolas Sarkozy en avait appelé à la responsabilité des grands du web, alors qu’il y a 3 mois, Bercy était touché. Du jamais vu : 10.000 ordinateurs avaient dû être débranché en un week end !
Pour contrer ce phénomène croissant mais difficile à chiffrer, l’Europe a d’ailleurs lancé la semaine dernière 2Centre, un projet de 4 millions d’euros, financé pour un quart par la France.
Les mafias y investissent de plus en plus, chantages commerciaux à la clé. Peut-être une des pistes concernant Sony, déjà victime en avril dernier du vol des données personnelles de plus de 100 millions de joueurs de Playstation, pour un coût estimé à plus de 120 millions d'euros ! Peut-être, car dans ce domaine, il faut toujours rester très prudent.
Le groupe de pirates qui vient de revendiquer l'attaque cette fois de SonyPictures.com met en question la fiabilité du géant japonais. Baptisé "LLulz Security", une variante de l'expression LOL, il a publié une partie de son présumé butin sur le site The Pirate bay : 52.000 noms, associés à des numéros de téléphone, des adresses mail (y compris gouvernementales), des dates de naissance et des mots de passe.
Mais rien ne dit que loin du défi réussi pour ces hackers ne se cache une commande d’un concurrent de Sony ou de spéculateurs ravis de racheter ses actions à bas prix.
Invité ce vendredi du journal de la mi-journée d'Antoine Mercier, l'anthropologue et sociologue Paul Jorion commentait ces derniers développements. Citant également l'appel mercredi dernier des Anonymous à s'en prendre au site du FMI lors d'une "Opération Grèce" :
Paul Jorion, invité aussi le 25 mai dernier avec Jean-Marc Manach des Matins de France Culture :
Thème(s) : Information| Géopolitique| Informatique| Internet| cyber attaques| cyber sécurité| cyberguerre
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Documents
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Cyberespace et acteurs du cyberconflit Hermès science publications, Paris. Collection Cyberconflits et cybercriminalité, 2011 -
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1 commentaire
Cette raison de plus pour faire la guerre ne devrait pas déplaire au complexe militaro financier américain. Les actionnaires du groupe Carlyle vont se frotter les mains.
Si les pirates informatiques fournissent les noms de ceux qui déposent leur fortune dans les paradis fiscaux, leur fera t'on la guerre ?
A malin, malin et demi. Il y a toujours des failles dans les systèmes.
Le capitalisme court termiste vacille et sa réponse est un accroissement de violence, mais la violence appelle la violence et ce n'est pas toujours le mieux armé qui l'emporte (confère guerre du Vietnam, confère guerre des Russes en Afghanistan, etc....).
Les peuples bougent, dans les pays arabes,en Europe du Sud et bientôt peut-être aussi en France. Pour eux aussi Internet est un instrument de guerre contre des Etats complices avec les Institutions financières qui les appauvrissent chaque jour davantage (Banques, FMI...).
Armez-vous, capitalistes! Mais le nombre n'est pas à votre avantage ; et ceux qui vous protègent (armée, police etc...) auront bientôt intérêt à changer de camp pour rejoindre les peuples avides de justice.
Citoyens, désarmons les capitalistes qui portent du sang sur leurs mains et recréons ensemble les nouvelles bases d'une société humaine qui privilégie la qualité à la quantité et se fonde sur la solidarité, l'équité et la justice : à chacun selon ses besoins et ses capacités.
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