Facebook et Twitter privés de radios et de télés 0
La chaîne de télévision qui a interrogé le CSA pensait-elle déclencher pareille décision ? Et le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel pensait-il provoquer un tel débat ? (Son président a fini par s'exprimer dans Le Monde ce 9 juin).
Du moins en ligne, car comme s'en étonne le spécialiste des médias Matthew Fraser, il n'a pas pris une ampleur anglo-saxonne.
Vendredi 27 mai, à l'unanimité, les 9 membres de l'autorité de régulation demandaient aux radios et télévisions de ne désormais plus citer Facebook et Twitter (voir ici la lettre envoyée aux chaînes).
Une recommandation que justifie Christine Kelly, l'une d'entre eux et ancienne journaliste de LCI :
Officiellement, les chaînes ont pris acte, comme BFM TV et son directeur général Guillaume Dubois :
Des chaînes qui selon certains avaient formé "une rédaction globale" via Twitter, lors du premier procès DSK Valentin Dunate (21/05) :
Cela sera maintenant bien plus compliqué confie Benoît Gallerey, rédacteur en chef de LCI est @ Vous, émission pionnière en France dans le relais télévisé des réseaux sociaux :
Et si lui aussi considère l’interrogation du CSA légitime, le co-fondateur du Post et du Plus, Benoît Raphaël, a très vite qualifié sur son blog cette décision d’étrange :
Pour Erwann Gaucher, elle "montre une fois de plus la fracture numérique entre décideurs et utilisateurs". Alerté via twitter, le consultant médias souligne également l'approche différente du CSA belge, comme l'expliquait lundi dernier son directeur, Marc Janssen, à "L'envers des médias" sur la RTBF :
Enfin, le cofondateur de Rue89, Pierre Haski la qualifie d'"absurde". Et d'abonder dans le sens de la tribune du chercheur Jean Cattan, en citant aussi le commentaire du Huffington Post. Toujours aux Etats-Unis, mais plus acerbe, la critique du célèbre blog Techcrunch, qui lie cet avis aux lois Toubon.
Une réplique législative, c'est justement ce à quoi travaillerait le ministère de la Culture pour revenir sur cette décision, selon Electron Libre. Après la création tardive du Conseil National du Numérique puis l'e-G8 orchestrés par Nicolas Sarkozy,il faudrait éviter de replonger dans les turpitudes d'Hadopi. Histoire d'éliminer une difficulté qui pourrait devenir très gênante pendant la campagne présidentielle.
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