Le bac en question après une fuite 5
L'apparition sur un forum de jeux vidéo d'un sujet de mathématiques la veille de l'épreuve n'en finit pas de provoquer des remous.
Le ministre de l'Education, Luc Chatel, a exclu de faire replancher les 165.000 candidats du bac S. Le ministre a demandé la clémence aux jurys et choisi de neutraliser l'un des 4 exercices :
Pas question donc d'annuler l'épreuve toute entière comme le demandait l'association des professeurs de mathématiques de l'enseignement public (l'APMEP, qui revendique 4.000 adhérents). Mais un parent d'élève a déposé un recours ce jeudi devant le Conseil d'Etat, qui s'est déclaré incompétent, et un lycéen de la Rochelle a saisi le Tribunal administratif de Poitiers. Eclairage d'Emmanuel Leclère (23/06) :
Très rapidement, le débat a été relancé à propos de la fraude à l'ère du numérique Eric Chaverou (22/06) :
Et ce jeudi, Luc Chatel a annoncé avoir ordonné une "enquête administrative" sur de nouvelles rumeurs aux épreuves d'anglais et de physique révélées par RTL. Répondant à une demande de fédérations de parents et d'organisations de lycéens (FCPE, Peep, et UNL et Fidl), le ministre a également indiqué avoir demandé à l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale de réfléchir à "l'organisation du bac et à la sécurisation plus forte des épreuves".
Ecoutez Victor Colombani, le président de l'Union nationale lycéenne, invité du journal du soir d'Antoine Marette ce vendredi :
C'est en effet désormais le sacro saint rendez-vous de fin d'études qui est remis en question. Avec la mise en avant des qualités du contrôle en continu. Un point de vue que partage l'historien de l'éducation, Claude Lelièvre. Il s'en explique avec Antoine Marette (23/06) :
L'affaire a enfin pris un tour politique avec différentes réactions. Notamment celle du Parti socialiste. Bruno Julliard, chargé de l'Education, évoque ainsi ce vendredi "des examens de fin d’année, témoins de l’état de désorganisation et d’appauvrissement dans lequel se trouve l’Education nationale". Jean-François Copé, pour l'UMP, estimant que "cet incident ne doit cependant pas remettre en cause le principe même du BAC, qui reste un examen essentiel pour valider tous les acquis du Lycée".
Thème(s) : Information| Education| Gouvernement| baccalauréat
Documents
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Les politiques scolaires mises en examen : onze questions en débat ESF, Issy-les-Moulineaux. Coll. Pédagogies. Références, 2008 -


5 commentaires
M Ido,
Je ne suis pas sûre que votre ignorance crasse de ce qu'est le travail des élèves et des enseignants méritent une réponse... mais la journée s'annonce belle et un peu de ménage ne me déplaît pas.
Professeur de Lettres Classiques, fille d'ouvriers et fière de l'être, je continue pendant ma retraite à donner de mon temps et de ma peine pour aider dans le monde mes collègues enseignants de français et je vous assure que pour eux la connaissance et les diplômes, c'est de la sueur, du pain et de la fierté.
Votre mépris des enseignants et de la culture en général me rappelle des temps que j'espérais révolus.
Non, Monsieur, le bac n'est pas une histoire de Karaoké. Ma fille, prof de Maths qui corrige les épreuves du Bac, est révoltée par ce que vous appelez avec une sottise un non-évènement.
Avec toute la beauté d'un soleil matinal qui brille pour tous, vous avez de la chance...
M. Pérès
Chatel rime avec bordel !
Je suis professeur de mathématiques et je corrige l'âme en berne cette épreuve.
Je pourrais faire mon travail correctement. L'exercice 1 je l'ai sous les yeux dans chacune de mes 75 copies; mais je n'ai pas le droit de le noter. A côté de cela, je note un QCM sur 6 points sans points négatifs avec une erreur d'énoncé. Presque une loterie. Il suffirait que M le Ministre revienne sur sa décision pour que ce Bac S 2011 soit presque comme les autres et reflète au mieux le travail des élèves.
Il est encore temps pour lui de changer de décision; de suivre l'avis de personnes plus compétentes et informées; de personnes dont c'est le travail d'évaluer un niveau en mathématiques. Jusqu'à mercredi. Après...
C'est vraiment désolant. On ne juge pas un ministre à sa capacité de prendre des décisions dans l'urgence mais à savoir se donner le temps de prendre une décision la plus juste possible.
En bref, je suis scandalisée...
Id0, la question que vous posez est intéressante à débattre.
Voici, je pense, un élément de réponse :
L'informatique repose sur des règles logiques, qui, après assimilation, permettent à des gens doués, une progression rapide, voire fulgurante.
De plus, c'est une science qui, de part son côté ludique et créatif, favorise l'apprentissage.
La langue française, par contre, repose sur des règles truffées d'exceptions, difficiles à mémoriser.
Son usage s'entretient par une pratique assidue de la lecture, genre qui, convenons en, n'est plus très usité à l'heure actuelle.
Je vous laisse conclure...
Je suis assez amusé par le fait que ce soit justement via l'informatique, matière jamais enseignée par l'éducation nationale et pour laquelle il n'existe toujours pas de CAPES, que la fuite se soit produite. Comment expliquer que quantité de jeunes sachent utiliser des techniques relativement complexes sans jamais les avoir apprises à l'école, alors que dans le même temps, ils s'expriment dans un français lamentable en dépit du nombre d'heures passées à écouter des enseignants de lettres ?
Cette affaire de triche est un non-événement. Quand on donne un diplôme à 80% d'une tranche d'âge, on le vide forcément de tout son intérêt. On le ramène au même rang que le permis de conduire, une simple formalité et une ligne nécessaire (mais très loin d'être suffisante) sur son CV.
Concernant l'autre "polémique" (faut-il sauver des élèves obtenant un peu moins de 10 de moyenne aux épreuves), c'est aussi un faux problème. Il suffit de connaître quelques professeurs pour savoir que de telles pratiques sont déjà largement répandues. On repêche parfois à partir de 8,5 pour certains BTS.
Sachant tout cela, il importe peu de savoir si le BAC doit être organisé autour d'un examen final, d'un contrôle continu, ou pourquoi pas d'une grande loterie ou d'un karaoké.
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