Céline : les années ont passé, la polémique demeure 57
Le 1er juillet 1961 disparaissait Louis Destouches, plus connu sous le nom de Louis-Ferdinand Céline, l'inoubliable auteur de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit.
Cette année, la France aurait pu célébrer cet anniversaire si les controverses liées au parcours idéologique de l'écrivain n'avaient resurgi. Retour ici sur ces polémiques récurrentes ainsi que sur la programmation que France Culture avait consacrée à cet écrivain majeur pendant une semaine entière, au mois de février.
CÉLÉBRER 3♦ (1180 « honorer ») Faire publiquement et avec force l’éloge, la louange de. →chanter, exalter, glorifier, 1.louer, prôner, publier, vanter. Célébrer la mémoire de quelqu’un. « Je célébrerais ses mérites et la noblesse de son cœur » (Courteline)
— Le Petit Robert 1993 —
Louis-Ferdinand Céline © Du Lérot éditeur
Le 21 janvier, le recueil des célébrations nationales 2011 était présenté publiquement par le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Parmi les personnalités politiques, artistiques et scientifiques figurant dans ses pages, Clovis, Louis XIV, Théophile Gautier, Henri Troyat, Franz Liszt, François Couperin ou encore, Marie Curie.… Mais de Louis-Ferdinand Céline, point.
Initialement, l’écrivain connu pour l’âpreté de son antisémitisme revendiqué (« Je suis l'ennemi numéro un des juifs. ») devait pourtant y figurer à l’occasion du cinquantenaire de sa mort.
Henri Godard, éditeur de l’œuvre célinienne dans la collection La Pléiade, avait même rédigé une notice à cette intention, dont voici un extrait :
Doit-on, peut-on célébrer Céline ? Les objections sont trop évidentes. Il a été l’homme d’un antisémitisme virulent qui, s’il n’était pas directement meurtrier, était d’une extrême violence verbale et il a été condamné en justice pour cela. Mais il est aussi l’auteur d’une œuvre romanesque dont il est devenu commun de dire qu’avec celle de Proust elle domine le roman français de la première moitié du XXe siècle.
Puis, plus loin :
Mais sa personnalité incontrôlable fait que les lettres qu’il envoie pour qu’ils les publient aux journaux collaborationnistes y détonnent tantôt par leurs critiques, tantôt par leurs outrances. Il se tient soigneusement à l’écart de la collaboration officielle.
C’est notamment ce dernier propos qui eut tôt fait d’engendrer la révolte du président de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, exprimée le 19 janvier, dans une lettre rendue publique :
L’officiel «Recueil des célébrations nationales» a inclus l’infâme Céline comme un de « ceux dont la vie, l’œuvre, la conduite morale, les valeurs qu’ils symbolisent sont, aujourd’hui, reconnues comme remarquables» (préface de Alain Corbin).
(…)
La célébration de Céline ne charmerait pas nos imaginations et torturerait nos mémoires d’orphelins d’une Shoah avant et pendant laquelle le talentueux délire de Céline a vigoureusement nourri la haine antijuive.
Nous demandons le retrait immédiat de ce recueil et la suppression dans celui qui le remplacera des pages consacrées à Céline.
A ceux qui s’offusqueraient de cette exigence nous répondons qu’il faut attendre des siècles pour que l’on célèbre en même temps les victimes et les bourreaux.
Suite à cet appel, le 21 janvier, Frédéric Mitterrand annonçait la suppression de l’auteur du Voyage, du recueil des célébrations 2011, expliquant que la veille, il avait relu Bagatelles pour un massacre et que cela avait suffi à infléchir définitivement sa décision : « Après mûre réflexion, et non sous le coup de l'émotion, j'ai décidé de ne pas faire figurer Céline dans les célébrations nationales. »
Depuis, la polémique va toujours bon train, surtout sur la blogosphère où les partisans respectifs de Godard et de Klarsfeld débattent à qui mieux mieux, transformant les tribunes de commentaires des journaux en ligne en véritables arènes où s’arrache la bonne-pensance en la matière.
Découvrez un échantillon de ces réactions sur les sites du Monde , de Libération et du Figaro.
Au cœur de toutes ces turbulences, comment savoir où s’est réfugiée la morale ? A chacun d’en décider sans doute, en son âme (pourvu d’en être « le capitaine ») et conscience.
Une chose, une seule, reste certaine : tout en gardant en tête l’abjection du personnage et de ses pamphlets, il est toujours possible de lire - en la triant - l’œuvre de Céline et de prendre la juste mesure de son colossal génie langagier.
>>> Du lundi 14 au vendredi 18 février 2011, l'émission A Voix nue donnait à entendre la voix de l'écrivain dans des archives sonores recensées par Matthieu Garrigou-Lagrange.
Ecoutez ce dernier énoncer les "trois bonnes raisons de lire Céline", dans les Matins du 18 février :
>>> Le samedi 19 février, plusieurs émissions consacraient également leurs programmes à l'écrivain :
- dans Répliques, Alain Finkielkraut s'entretenait avec Henri Godard et Patrick Kéchichian sur le thème "Céline et nous".
- Jean-Noël Jeanneney, producteur de Concordance des temps, s'interrogeait avec Gisèle Sapiro sur "La responsabilité morale de l'écrivain sous la IIIe République."
- dans Radio Libre, un comédien livrait une lecture d'un texte de Céline.
- dans Mauvais genres, François Angelier se penchait sur l'écriture et l'esthétique de Céline, en compagnie d'Emile Brami, Marc Hanrez, Yves Pagès et Paul Yonnet.
- la Fiction de Blandine Masson vous proposait une immersion dans des "Pages arrachées au Voyage au bout de la nuit".
- enfin, dans Chanson Boum, Hélène Hazéra s'intéressait à Céline et la chanson populaire de la Belle Epoque.
Thème(s) : Littérature| 20e siècle| Grands Classiques| Débat| Littérature Française| Guerre| Idéologie| Roman| Morale| actualité| antisémitisme| culture| Frédéric Mitterrand


57 commentaires
Gobineau en pléiade et les pamphlets Céline à l'index, comme quoi...
messieurs "ne jugez point vous ne vous égarerez jamais " étant issu de familles honorables ayant payées de leurs enfants a leur belle "patrie " certains de vos jugements me font rire ( tristement bien sur ) elle sont là vos valeurs ! dans l'absolu la même pensée absolue qui a fait germer tout les monstres de l'histoire "on est parfait , sans vices , avec une morale a toute épreuve , fort très fort même(laissez moi rire ) la force le courage la loyauté elle est dans l'homme qui fera sa vie avec une personne aimera toute sa famille et la soutiendra toute sa vie pardonnera au moment venu et finira sa vie sans regrets car il l'a vécue ! ( tellement bien que son père avait vécu une guerre et lui la suivante ) grâce a des frustrés car c'est toujours le cas dans une guerre!!
merci a l'écrivain et NON merci a l'homme
J'adore l'écriture de L-F Céline. Je n'ai pas encore eu le temps d'écouter l'émission qui doit être intéressante, je n'en doute pas. Avant, j'ai voulu lire les commentaires, il y en a pour tous les goûts..... suis tout à fait d'accord avec Savanien-Huron, d'accord avec J. (le pseudo-nommé "Céline c'est moi") et certains autres mais pas tous.....
Auditeur fidèle, j'ai podcasté votre émission que je vais écouter maintenant.....
Paul
Lisez le formidable essai de Jean-Marie Turpin,écrivain, philosophe et métaphysicien LE CHEVALIER CELINE publié à l'âge d'homme.
Cet ouvrage a été mis sous le boisseau.
L'auteur qui vit en Bretagne est le petit fils de Céline.
son oeuvre est distincte, mais sa voix a été étouffée.
Eh ben Destratin, quelle ouverture d'esprit ! Le monde est simple avec vous : blanc ou noir et tout est dit ! Mais, peut-être êtes-vous un être parfait, auquel cas je vous plains.
Anonyme
L'état français refuse d'honorer un écrivain notoirement antisémite. Je ne vois pas ce qu'il y a d'étonnant à cela; c'est le contraire qui le serait. Libre à chacun de lire Céline; il n'est pas censuré que je sache. Mais qu'on ne nous demande pas de l'honorer, d'autant qu'il se moquait bien des honneurs, non? Quand on se veut subversif, on en accepte les conséquences. En fait tout ce débat est ridicule.
Je n'ai pas lu "bagatelles pour un massacre" et n'ai pas vraiment envie de le lire.
J'ai toutefois été étonné d'apprendre que ce livre, que je reliais dans ma tête à la Shoah, a été écrit et publié dans les années trente.
L'assimilation : Céline = génocidaire est donc sans doute hâtive...comme toutes les indignations a posteriori qui réécrivent l'histoire en tenant compte de ce qui s'est passé après, donnée qui manquait à Céline...
Il y a en France beaucoup de gens qui me semblent les dignes successeurs des tricoteuses sous la guillotine: vertueuses indignées contemplant férocement et béatement les têtes qui tombent dans le panier de son.
Je viens de lire les commentaires et m'interroge...
Quelle tristesse de faire porter tous les maux à l'écrivain Louis-Ferdinand Céline, d'autant que l'on s'arrange avec lui comme bon nous semble : un coup on l'encense, un autre on l'assassine. Enfin, on en sait plus sur lui que lui sur lui-même, c'est un comble !
Ceux ou celles qui se targuent de le connaître, de le lire, de le trouver génial mais le condamnent quand même, n'ont visiblement qu'un éclairage sinon ils verraient ce qu'il y a voir.
Lisez bien Céline, l'écrivain et vous trouverez un génie de la plume, celui même qui a su révolutionner le roman ;
écoutez parler Céline, vous entendrez un homme s'exprimant moyennement mais plutôt inoffensif ;
regardez le docteur Destouches, celui qui soignait gratuitement ses patients, vous y verrez aussi l'écrivain qui se nourrit de son entourage avec humanité, quoi qu'on en dise.
Tout cela pour vous dire que Céline est partout à la fois.
D'un autre côté, si vous vous documentiez bien à propos vous comprendrez combien l'époque était antisémite par définition et alors là vous reconnaîtrez que Céline n'était pas Hitler, pas même son bras droit.
Oui, osons le rappeler, Céline n'est pas monstrueux, c'est un homme avec ses défauts, ses provocations et aussi ses qualités.
N'oubliez jamais que Céline est d'abord un écrivain qui écrit... ou alors, il vous faut brûler tous ses livres et ne plus en parler jamais, ainsi le débat serait clos une bonne fois !
Moi je trouve que, mort ou vivant, il a payé chèrement ses maladresses (que je sache, il n'a tué ni exterminé personne !) tandis que d'autres ont fait bien pire que lui... cet acharnement sur sa personne est douteux, Céline paierait-il pour les autres, je parle des intouchables ?
J.
Céline, Frédéric Mitterrand et la polémique qui les réunit passent les frontières, on en parle dans le quotidien espagnol El Pais. Pour en savoir davantage : http://www.ventscontraires.net/article.cfm/3432_celine_le_soufre_passe_l...
C curieux que sur cette affaire je n'ai pas entendu d'intervention de J.A. Miller, l'auteur du "Pousse-au-jouir du Maréchal Pétain". A défaut, et sur la mentalité régnant chez les soldats "mobilisées" en 39/40, il faudrait lire le livre-enquête écrit au début des années cinquante, et dont il fut question aujourd'hui 28/02 dans l'émission de Jacques Munier de ce lundi. Il s'agit de "La débâcle" de César Fauxbras, aux éditions Alia.
Je me demande , ironiquement, mais non pas dans une manière noire, ce que pense notre cher E. Laurentin (ainsi que l'excellent J.N. Jeanneney) d'un "témoignage" que son auteur tenta par trois fois de publier, durant 65 ans. Il faut remarquer que depuis plusieurs années les catégories de la critique du matériau historique se sont brouillées; témoignages, analyses croisées des spécialistes, bilans et problématiques, derniers mots et verticale de l'expertise. Et où situer le remarquable travail de Thomas Clerc sur Maurice Sachs, en même temps juif et ordure nazi. Comment ne pas admirer l'essai d'Hadrien Laroche sur Le dernier Genêt? Décidément, il faut marcher sur les traces d'Emerson en vue de ne jamais répondre d'un clivage borné entre les valeurs et les faits. Pour moi, la véritable et fertile option morale repose avant Guy Debord sur la parole de Walt Whitman "a simple separate person".
Ceux qui parlent d'ordure et de raclure... de déchet de l'Humanité (Ah, l'Humanité, qu'a-t-elle d'"humain ?), Céline serait-il le seul et unique "ordure, raclure" (tout ce qu'on voudra...)à mettre sur le bucher ?
Il est vrai que notre petit confort à la petite semaine, le manque de recul, les décennies qui nous séparent de tel ou tel événement, etc. sont autant de remparts contre toute vision "critique" (du grec : séparer le bon grain de l'ivraie, c'est cela critiquer...) pour assez bien jauger la profondeur des choses.
Et comme le dit l'adage, ce n'est pas avec de bons sentiments qu'on fait de la bonne littérature... Ce n'est pas en s'enflammant, sans approche critique, sans vision lucide, qu'on arrivera à apprécier...
Dans un panier de poissons, ou de pommes..., je trie le pourri du saint, cela me permet de me nourrir... Si je jette le tout, mes réserves se retrouveraient réduites à rien... il en est ainsi de la nourriture spirituel (le littérature, etc.), je trie, et je lis ce qui est bon... C'est cela la critique, faire le tri...
Mais bon, la "bien pensance" est là pour nous dire comment il faut penser...
Le "débat" sur Céline a le mérite d'éviter d'en analyser le cas froidement, et notamment en matière d'idéologie.
Des néo-curés, ici et ailleurs, parlent d'"ordure", de "salaud", de "nazi", du haut de leur Vertu que ne leur accorde que le confortable recul du Temps (et non le courage moral, car qui se dirait courageux d'avoir jugé Céline comme coupable en 2011?). De l'indignation pour pas cher, zéro.
Or, ce qui est remarquable avec Céline, c'est que son zèle envers le nazisme et l'armée allemande a été gênant pour les nazis eux-mêmes, qui l'ont considéré avec une infinie méfiance, jusqu'à l'écarter purement et simplement. Un cas d'école auquel tout totalitarisme s'est confronté : les individus les plus zélés sont les plus dangereux, car ils livrent et expriment sans ambiguïté l'épaisseur et la grossièreté de l'idéologie. Les staliniens ou les nazis "respectables" n'étaient pas des "illuminés" mais des gens qui n'en pensaient pas moins, qui faisaient "comme si".
Des individus comme Céline mettent entièrement à nu la matière idéologique et l'endossent totalement. Il n'y pas de double pensée, de double jeu, d'évitement, toute la duplicité, qui caractérisent les fausses révolutions fascistes et soviétiques ("on sait que c'est la mauvaise solution, mais quand même...") dans Bagatelle... : pour cela, Céline est dangereux pour les nazis, qui eux-mêmes n'endossent pas totalement leur pensée. Et pour cela, Céline n'est pas lâche, il fait preuve au contraire du plus grand courage qui est de tout porter sur lui, de se sentir le devoir d'assumer entièrement ce que les autres (les Allemands comme les Français) pensent, de l'assumer à leur place.
Et à ce titre, il est donc suspect de voir Céline encore jugé dangereux. Il faudrait être un nazi pour le considérer tel et de s'interroger : qu'est-ce que Céline révèle de si honteux caché en nous? Tout peut-être, et c'est le problème (comme le dit René Girard, on accuse les vices que l'on porte en nous).
Enfin, la "Vigilance" et la Vertu de ceux que "le Céline des pamphlets" indignent est proprement ordurière, c'est la Vigilance des collabos, de ceux qui aiment dénoncer (et dénoncer les morts, ça coûte peu).
Il faut ainsi avoir été exemplaire pour être célébré...
Il y a des "sélectionnables" (après contrôle du curé responsable) pour les années futures ?
Voltaire ? je lis : " a gagné de l'argent avec la traite des noirs", "propos antijudaïques"... à la fosse.
Baudelaire ? "Partisan illuminé de la peine de mort", "misogyne", "a tenu également des propos anti judaïques"... Non, non, non... à la fosse, avec.
Continuons
Rimbaud ? voyons voir... "aurait été trafiquant d'armes"... recalé.
Bernanos ? la bonne blague ! "les nazis ont déshonoré l'antisémitisme". On le répète dans chaque documentaire historique consacré à la période...
Pas facile vraiment...
Allez, sur les conseils de "LâchHamid". Proust ! que dit-il... "côté gauche, côté coeur". Mais c'est super sympa ça ! Allons voir... Non.... Je lis : "a été proche de l'action française, et notamment de Léon Daudet, qui l'a aidé à obtenir le prix Goncourt". à la fosse !
Victor Hugo ! Voilà un pur ! L'embêtant, c'est qu'il aimait, jusqu'à un âge avancé, forniquer avec les prostituées : esclavage moderne contraire à l'idéal progressiste !
Il faut peut-être remonter plus loin dans le temps...
Le brave père Ronsard ! "mignonne..." Déception... Quel saligaud pendant la Saint-Barthélémy ! à la fosse.
J'ai commencé le travail.
J'invite tous les curés, les ministres, les commissaires du peuple, les censeurs, les militants à continuer cette liste.
il faudrait arrêter de comparer cette ordure, qui a souhaité l'élimination
d'un groupe humain et déversé sa haine, avec des écrivains poètes ou saltimbanques ayant servi l'humanité avec amour.destouches est avant tout une
raclure raciste et haineuse.Que certains lisent ses écrits soit mais il
faudrait sans cesse dire avant tout ce qu'il était réellement .
Ecouter, quand le racisme, relativise la littérature, quand une grande oeuvre est effacé par l'écrivain
raison ou tort
mais lisant ses livres peu 't'on oublier l'homme; derrière chaque phrase les petites voix disent ses paroles de haine craché????
L'écrivain le plus grand peu t-il effacé, l'homme ultra immonde,,,
J'ai été une ado qui a adoré deux livres, je suis une femme qui aime toujours ces textes, mais qui c'est par qui ils ont été écrit, dois-je renier le plaisir pris
Peut être aurais-je préférer ne pas savoir comme cette découverte à 15 ans???
Je ne sais pas répondre à la question
Car, je vie dans une (f)rance raciste (pas de majuscule à france elle ne la mérite pas),
. . . les grands esprits se rencontrent.
jeanbob bobjean bonjour bonsoir . . .
Bonjour a tous
Je vous trouve atristants.Simplement.
Vous vous engueulez sur Céline ??
bien !!
Il n'y a rien d'autre dans le monde qui puisse occuper vos neurones infertiles ?
Bougez vous !!
La vie est belle et la paix regne ?
Le quatrain en exergue du "Voyage au bout de la nuit" n'est pas de Céline, mais c'est la transcription du premier couplet d'une chanson populaire de langue allemande, le "Chant de la Bérézina", chantée en 1812 par le contingent suisse de la Grande Armée lors de la retraite de Russie et traduite en français en 1917 par l'écrivain et historien suisse Gonzague de Reynold. Céline a changé la date en 1793, l'année terrible, ce qui est très symbolique. Voir à ce sujet le "Bulletin célinien" no.295, mars 2008, avec le texte complet de cette chanson.
Le Corbusier: il y a aussi chez nous des imbéciles et des citoyens qui se prennent pour des "commissaires du peuple", mais la décision n'a pas été prise par le ministre de la culture.
Céline fait une fois de plus polémique parmi les imbéciles. Les pamphlets sont malsains. Ils sont aussi à ce titre une expérience de lecture.
Toute cette histoire lamentable rappelle le peu de foi que nous avons en l'éducation, qui devrait apprendre à penser et à exercer le jugement. Ajoutons que notre civilisation n'a rien à envier à la paranoïa de Céline: l'autre, c'est Céline! Etonnant retournement de situation!
La lâcheté de Céline est indéniable. Je crois que Céline parle à une part de nous-mêmes, du non-courage. Mais la polémique est là...
Soyons plus courageux. Céline ne l'a pas été en disant toutes ces ignominies sur des victimes. Pourtant, le lâche visionnaire du Voyage... aurait pu prendre le train des déportés mais Céline voulut être à rebours. Pourquoi?
Soyons plus courageux. Moi, Céline, je le porte en moi comme une indéniable foi en l'histoire littéraire le place côté gauche, côté coeur, côté Proust.
Coté des Swann? Non, côté des anti-Dreyfus, malgré lui, de sa voix éraillé, je l'entendais rappeler ce matin sur France Culture... Oui, je suis né, j'ai grandi dans l'ombre de l'affaire Dreyfus... Céline a été du mauvais côté comme s'il avait voulu refaire une part de l'histoire, un ressentiment années 1914..COMME S'IL AVAIT VOULU METTRE DES POINTS DE SUSPENSION A L'HISTOIRE...
Soyons plus courageux. Céline ne l'a pas été. De sa voix éraillée, bégayante de l'Histoire, du Peuple France aussi salie en Collaboration qu'en Algérie, Céline a bégayé dans l'Histoire, dans la tragédie en remuant tous les cadavres juifs des nazis dans les camps eux-mêmes, dans les fours eux-mêmes. Céline a commenté... Honte à lui.
Histoire et Honte ont la même consonne silencieuse, tragique.
Soyons plus courageux. Tâchons de tenir le point. La suspension sur Céline peut être là. Nous pouvons prêter oreille à l'oeuvre bégayante de Céline qui, pour moi, en lisant ces jours-ci Philip Roth, juif américain ou plutôt le CONTRAIRE, représente un bel exemple de CONTREVIE. Céline a vécu en collaboration comme une contrevie comme s'il avait été guetté par une perte de puissance lui qui semblait, je le répète, avoir pris le CAMP des victimes dès la première phrase du Voyage...
Puisque vous en êtes à "célébrer" une journée entière à Monsieur Céline, vous pourriez aussi bien consacrer prochainement une journée supplémentaire à Monsieur Hitler: ce dernier en effet était certes antisémite, mais il n'a lui non plus tué personne de ses propres mains. En outre, même s'il était un piètre artiste peintre, il fut un "génie" de l'art oratoire (quel allemand de l'époque pourrait le contester?), il fit faire de superbes autoroutes et fut le premier à résoudre la question du chômage suite à la grande crise… J'assure les divers organisateurs de cette célébration de mon dégoût et de mon mépris. Honte à vous tous pour qui tout se vaut, du moment qu'on maîtrise la langue française.
Monsieur,
il y a assurément quiproquo : il n'est absolument pas question de célébrer Céline mais simplement de reconnaître la valeur littéraire de son oeuvre, sans pour autant minimiser son ignominie.
Pourquoi l'ecriture est elle si sacrée ? Pourquoi Le plus grand auteur francais du XX , LF CELINE, ne pourrait en meme temps etre un parano, raciste et veule ? Sa puissance litteraire, son style, son humour hallucinant ne peuvent ils pas etre le fruit d'un seul et meme sale type ? ce debat surrané ( Celine,certes , mais c'est un âffreux antisemite ..) n'a aucun sens , lisez henri GODARD pour analyser.
Ce matin, en ecoutant M. KECHICHIAN chez A.FINKIELKRAUT , j'ai compris que ce monsieur ne connaissait pas CELINE ... je trouve dommage d'en parler ! Les questions de FINKIELKRAUT m'ont semblées tres justes au demeurrant ...
Pour ma part, certains passage de ses livres ( Courtials ds " Mort a credit" ou le retour de l'enterrementde Bichelonne ds " d"un chateau l'autre ... et bien d'autres ) me font hurler de rire , comme ses pages sur la guerre me font frissoner ... Cette polemique sterile est vaine !
A noter une célébration tout ce qu'il y a d'officieuse : une lettre ouverte à Céline écrite par Fabrice Vigne paraît ces jours-ci aux éditions du Pré#Carré sous le titre "Dr. Haricot, de la faculté de médecine de Paris", cf. http://www.fonddutiroir.com/Docs/DrHaricot.pdf
le contexte des pamphlets:
Mort à crédit ne se vend pas bien ,Denoël veut du matérierl,
céline est un peu las d'avoir tant oeuvré pour un demi-four,
il recycle ses premières oeuvres (Semmelweiss,L'église,Progrès)
donne ses impressions d'U.R.S.S. dans Mea culpa et lâche tout
dans Bagatelles pour un massacre ,gros succés d'édition...
Denoël est mort en décembre 1945 ,dans la rue d'une balle dans le dos...
Célébrer les anniversaires de mort ou de naissance des écrivains, c'est franchement cucul(te). Pourquoi ne pas attendre 2012 et célébrer le 80e anniversaire du Voyage ? ça aurait plus de sens et ça mettrait tout le monde d'accord.
Oui, Céline laisse une oeuvre derrière lui, mais certains de ses propos ne l'honorent pas.
Lorsque j'ai découvert Céline, en lisant "Mort à Crédit" et ensuite "Voyage au bout de la nuit"...
J'ai découvert un auteur d'exception...
J'ai voulu en savoir davantage sur cet homme ambivalent...
Certes la biographie de François Gibault m'a un peu aidée à connaître l'homme, mais c'est vrai que quelques années bien après, ça ne l'excuse toujours pas...
On est responsable de ce qu'on écrit.
Je n'ai pas lu tous les commentaires, c'est donc peut-être déjà dit.
Vous l'avez dit en entrée :"Céline est génial, Céline est abject."
Pourquoi une oeuvre artistique (littéraire ici) devrait-elle être obligatoirement morale? Ce serait une démarche d'auto- ou de censure.
La Nation doit-elle célébrer des hommes ou leurs oeuvres contraires à ses principes, pour la simple reconnaissance du génie artistique? Non, les principes s'imposent d'eux-mêmes.
L'artiste a toute licence artistique, la Nation est garante du respect de ses principes dans tous les domaines possibles (d'où les comités d'éthique dans les questions scientifiques, pour prendre un autre domaine).
Je viens d'écouter l'émission "Répliques", toujours passionnante.
A propos de Céline, je pense que l'on ne doit pas faire l'amalgame entre la meilleure part de ses écrits et ce que d'aucuns jugent indéfendable.Oui, sûrement il y a chez lui de la provocation, continuellement, et un désespoir féroce aussi peut-être.
Ce n'est pas parce que certaines idées déplaisent ( rien n'empêche de rejeter ces textes, de ne pas les lire ), que l'on doit clouer au pilori, voire censurer des écrits. Et la liberté d'expression dans tout cela ? S'il ne s'agissait de juifs, de musulmans ou de Noirs, on fermerait les yeux : voilà le vrai problème de la liberté aujourd'hui. ON prétend dicter ce que l'on a le droit d'écrire, de lire ou pas. Ainsi on a littéralement "censuré" Renaud Camus, et sans doute bien d'autres, par des campagnes destructrices bien orchestrées. C'est inacceptable quand on se prétend "démocrate".En ce sens nous ne sommes plus dans un pays de liberté. Là la Ligue des droits de l'homme est muette.N'oublions pas, au nom du génocide juif tous les génocides présents et passés dans notre pauvre monde ! Deux poids deux mesures, voilà la triste réalité.
Pourquoi lorsque l’on veut parler de Céline, on cite toujours l’auteur de
« Voyage au bout de la nuit » et non pas celui de « L’Ecole des Cadavres »
ou de « Bagatelles pour un massacre » ? Il s'agit du même individu dont le
racisme antijuif haineux et violent fait frémir,et sombre dans les bas fonds de la pensée la plus abjecte et désolante
.
« Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés
tiraillés qui doivent disparaître. […] Dans l'élevage humain, ce ne sont,
tout bluff à part, que bâtards gangréneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif
n'a jamais été persécuté par les aryens. Il s'est persécuté lui-même. Il est
le damné des tiraillements de sa viande d'hybride. » (L'École des cadavres,
Paris, Denoël, 1938, p. 108).
« Je me sens très ami d'Hitler, très ami de tous les Allemands, je trouve
que ce sont des frères, qu'ils ont bien raison d'être racistes. […]
Les nazis écoutaient en même temps de la musique classique et les cris des tortures ("Rome ,ville ouverte")
Doit-on les admirer pour leur sensibilité musicale?
Je suis une "fan " de France -Culture mais consacrer une semaine à Céline me désole et m'attriste.Dommage!
Pourquoi est ce qu'on ne fait pas la difference entre la célébrité d'un auteur et sa celebration? En quoi un auteur celebre a-t'il besoin d'etre nationalement celebré? On ne saurait dissocier cette question de la remontée de la droite et conclure que Celine sera nationalement célébré parce que le front national remontera au dessus de 20% des voix. Il y a dans ce probleme quelque chose qui est deja apparu dans la polémique qui a suivi la publication des bienveillantes de Jonathan Littel, quelque chose qui tient de la formation et de la transmission. L'officier nazi des "bienveillantes" n'a jamais honte de son implication dans les évenements et de ce fait il en rend possible la reproduction. De la meme façon au sujet de Céline se pose la question du droit à la transmission de l'antisémitisme.
Céline est le Wagner de la littérature en France!
Céline est le Wagner de la littérature française,monumentale!
L'intervention de Madame Salenave à la fin de la rubrique sur Céline, m'a déçue sur son auteure ( je suppose que Madame Salenave revendiquerait cette orthographe ). Je suis souvent gênée par le ton moralisateur et académique de cette dame dont j'ai lu avec passion et émotion , jadis, "Le don des morts", et je crois avoir compris ce matin les raisons de cette gêne : Madame Salenave n'aime pas la littérature pour les seules et uniques raisons qui doivent la faire aimer. Céline est à la hauteur de Rabelais, de Molière, de Voltaire, de La Fontaine, de Proust bien sûr. Les réserves indignées, sur lesquelles aussi bien s'entendent les honnêtes gens, quand on parle de ses romans sont peut-être le signe d'une "belle âme", mais signalent dès qu'énoncées l' absence de sens artistique ( et pour certains, je pense, une jalousie d'hommes ou de femmes de lettres-tout ce que n'était pas Céline- moins splendidement doués?). Céline est un monument. Célébrer le cinquantenaire de sa disparition aurait été absolument légitime, voilà un "mort" qui nous a laissé l'un des plus "dons" jamais faits à la littérature. C'est un chagrin d'assister à cet acharnement. En même temps qu'un style immense son oeuvre romanesque contient certaines des pages les plus fraternelles de la littérature universelle. Aucun soupir effarouché ne changera rien à cela.
Je suis roumain d'origine et, peut être, ce problème, putrement français, n'aurait jamais du m'intéresser. Je considère Céline comme un des grands auteurs des touts le temps.
Mais si on considère le fascisme aussi criminel comme la communisme (est-européen), par rapport au nombre des victimes, j'aimerais savoir si, en France, les célebrations de Barbusse, Romanin Rolland ou Aragon ont été interdites par lois. Mais si ces gens-la occupent encore la scène des manifs officielles, ont le passe-partout et le laissez faire pour le respect publique, toute cette question n'est qu'une immense ipocrisie. Voila la morale du plus fort: Nos criminels sont plus innocents que les vôtres, plus propres et plus visibles.
On discute - l'histoire. On loue la valeur, on doute sur les erreurs. Ça c'est tout. A part si on vit dans une vraie démocratie. Si non…
Je suis d'une génération dont les jeunes filles se sont parfois ouvert les veines en lisant Artaud, et que le voyage et la suite ont fortement marqués.
Mais, avec ces brèves explications, je vote pour la non-commémoration de M.Céline, dont j'ai lu tous les ouvrages censurés. Sinon, il faut commémorer Gilles de Rais, ou pourquoi pas M.Hitler, si l'on trouve une qualité littéraire à son roman "mon combat". Nous mettons déjà tellement de gens à l'index qui ne le méritent pas.J'ai failli oublier le donneur de leçons métaphysiques Heidegger, ou le plus grand chef du siècle dernier, M. Furtwangler. Le talent de Céline est indissociable de l'horreur que ce bon docteur petit-bourgeois tolère par ailleurs très bien. J'aurais préféré ne pas avoir connu Céline, ni la Shoa.
Klum a plus ou moins 60 ans.
Bonjour tout le monde,
VANNE
Lors de cet entretien (4ème volet), la vanne de retenue s’entrouvre plus par deux fois (les indications de temps sont à quelques secondes près) :
* (de 22’15 à 24’30) Céline pense de lui-même au Figaro, et cela (entre autres bien évidemment), cela déclenche chez lui un flot abondant (dont force aÂÂa)
* (de 26’36 à 27’40) Céline s’emballe à nouveau : (en très peu de temps et à la suite) les Français raffinés de la gueule, Khrouchtchev et son gros cul, « c’est très vulgÂÎre n’est-ce pas ? »
HASARDS ?
Céline qui souvent commence de répondre avant la fin de la question, qui coupe la parole donc, se la voit coupée par deux fois (si je puis dire) par une ou deux femmes :
* (instant 8’44) il vient de dire : « … la femme n’est pas douée musculairement… » quand il est interrompu par une femme qui lui pose tout net une question (qu’on n’entend pas, et à laquelle il répond : « Elle est là, elle est là » - il peut s’agir d’un objet ou d’un animal domestique) : on peut penser tout un tas de choses, là, dont certaines humoristiques… à vous de jouer…
(cet instant s’inscrit dans tout un passage sur la femme très, très intéressant (de 6’44 à 9’)
* (instant 11’15) Céline parle de sa (de leur) misère, dit plusieurs fois à la suite : « c’était la misère », enchaîne avec : « … toute ma vie j’ai mangé des nouilles… » quand il est interrompu par une femme qui lui pose une question (qu’on n’entend pas) à laquelle il répond de manière grommelée et extrêmement brève, puis il enchaîne aussitôt avec cette question : « Vous avez pris l’argent ? »
[la première femme intervient avec, semble-t-il, assurance : il peut s’agir de sa femme. La seconde de façon plutôt révérencieuse : femme de ménage, infirmière, autre ?]
« RACISTE RACIAL »
Il y aurait encore énormément à ressortir, par exemple cet instant (à partir de 25’15 – très bref) où il dit exactement : « une question raciste raciale qui se pose ». Fait-il là un lapsus qu’il rectifie aussitôt ?
(remarque : la transcription d’un dialogue tel que celui-ci est impossible : comment rapporter TOUT ce qui n’est pas les mots… ?)
Bonne soirée
PS : conseil pour les seniors plus nuls que moi en informatique : si vous voulez faire des recherches sur Céline avec votre moteur de recherche-réfrigérateur (on dit pas Google-Frigidaire, c’est pas bien !), tapez "céline -dion" (avec le signe moins donc), cela devrait faire un p’tit ménage, éliminer bon nombre de sites où il est question de cette dame que-personnellement-je-sais-à-peine-qu’elle-existe
Les deux premiers entretiens sont très intéressants et inouïs, au sens premier du terme. Céline y apparaît presque humain. Quant aux suivants, ils sont bien connus car disponibles en CD (Céline parle), et le « bon docteur Destouches » y est fidèle à son personnage de Salaud sartrien.
Bel exemple du clivage qui caractérise le bonhomme : grand romancier/ abjecte pamphlétaire et piètre être humain.
Remarquable est le fait que ces interviews passionnants et éclairants surgissent maintenant, des années aprés le ou les scandales récurrents puisqu'il s'avére que la vague Anti-Céline des années postmodernes était déjà le deuxième purgatoire de l'écrivain ...
De l'étranger je n'ai jamais suivi de trés prés la polémique et d'ailleurs pour quelles raisons le faire en l'absence du principal interessé . Par contre ces documents sont une bonne occasion de se mettre à 'écoute du personnage .
Je dois dire que ces interviews dont l'authenticité ne fait pas de doute donnent une approche privilégiée, permettent de "comprendre" jusqu'á un certain point - de comprendre surtout que cet homme avait du génie et en même temps une tare , mais aussi une intuition sur les humains bien au-dessus de la moyenne , en particulier sur la violence qui couve dans chaque individu et que le soi-disant antiracisme s'ingénie énormément á passer sous silence , un déni assez fatal et qui freine le débat ...
Car cette violence qui se tourne si facilement vers l'Autre , le différent , "celui qui n'est pas comme nous" elle est assez universelle , répandue , de la maternelle á la fin de vie , du Pôle Nord au Pôle Sud et toutes latitudes confondues . Bien sûr lorsqu'elle se trouve codifiée comme dans le nazisme , officiellement on se révolte , on proteste , on dit non et on a raison , c'est clair , ca n'empêche qu'on n'est pour autant bien loin d'être arrivé au pôle souhaitable de la tolérance et d'une pensée objective ainsi qu'en témoignent la plupart des réactions
souvent trés naives au phénomène Céline .
Très significative la derniére phrase du troisième interview "Comme ils étaient lourds...!" que j'appliquerais déjà à l'interviewer qui répète bêtement deux ou trois fois la même question et si prompt à juger (le suicide = mépris de soi ???) ...alors que justement il y avait urgence à se taire devant le tragique de ce génie en mal de lui-même , et prêt à quasiment se flinguer en public
Bien loin d'être une inconditionnelle de cet écrivain dont on ne peut qu' admirér le talent , qui se dit et se veut pacifiste (?) et qui aurait mieux fait de se taire sans doute mais dont on devine facilement qu'un traumatisme terrible doit être à l'origine d'une telle haine , haine de soi , des autres etc ...
et donc on se lasse trés vite des vitupérations ...
De lá à le mettre au ban de la société d'une douteuse political correctness , il y a une marge énorme à revendiquer quant à la qualité et surtout l'originalité d'une pensée ...
Quelle passion á rayer et à interdire au pays de la liberté !
Bonjour tout le monde,
(encore plus) passionnant ce 3ème volet ; dans le contenu, bien sûr, et au moins tout autant dans la forme.
Dans le contenu, lexique, phrases, idées, argumentations, etc., etc.
Dans la forme, du sacré matériau pour l’HCD (Hémisphère Cérébral Droit) : assertions, hésitations, rythme, utilisation des fréquences (graves, aiguës) ; mais aussi respiration, tous bruits de la sphère nez-bouche-gorge ; mais encore variations de l’énergie, du volume, etc., etc.
(c’est pas des listes scientifiques – pas les compétences ni le temps -, mais des pistes)
Hier lors de l’écoute en direct, l’HCD a réagi fortement à deux moments et ce matin, à la réécoute, idem.
A ces deux moments, on dirait qu’une vanne s’ouvre, libérant encore plus le docteur Hyde ; des composantes de son parler changent et/ou s’ajoutent.
Une 1ère fois vers l’instant 18’ (durée environ 1’45), moment que personnellement j’intitulerais « Je suis femme du monde et non pas putain » (avec plusieurs occurrences "femme", qui peuvent ouvrir un abîme de réflexion).
Une seconde fois vers l’instant 26’ (durée environ 1’20 – jusqu’à ce que Matthieu Garrigou-Lagrange ne reprenne la parole pour conclure), moment que j’intitulerais « Ils étaient lourds » (les « lourds », au cas où vous auriez loupé, c’est vous et moi).
Prenez une bonne bouffée d’air frais et réécoutez ces deux moments. Terrible !
PS : conseils à des seniors plus nuls que moi en informatique :
* au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, lorsqu’on lance la réécoute, en tâche de fond se charge, "en avance", toute l’émission. Donc après quelques instants on peut, à l’aide de son pointeur sur le petit curseur de la barre de durée du player, aller plus loin dans l’émission (malheureusement l’indication de temps n’y est pas, faut y aller au pif – par contre si vous avez téléchargé l’émission, en l’écoutant avec le Lecteur Windows Media, là vous avez l’indication du temps)
* si votre radiocassette de cuisine date du XXe siècle, c’est le moment de le remplacer pour une radio (qui fera probablement aussi lecteur CD) avec un port USB. Sur une clé USB de 4 Go (ça suffit largement), vous pourrez copier les émissions téléchargées sur votre ordi (téléchargées ou podcastées : si cette question de vocabulaire vous intéresse, cf. ici : http://espacepublic.radiofrance.fr/debat-un-autre-mot-pour-podcast ) et les réécouter donc dans votre cuisine, en savourant votre frichti et regardant par la fenêtre le bleu du ciel
I’s sont pas (encore plus) heureux les Français, les Suisses et tous les francophones grâce à Radio France et les nouvelles technologies ?
Il n'y a pas à tergiverser sur l'antisémitisme franco français de Céline. Ce n'est pas du nazisme, c'est du pur vichyisme qui n'en finit pas de courir depuis...Comme un poulet à qui on a coupé la tête et qui, grâce à des processus artificieux est maintenu en vie.
Céline est le reflet intellectuel d'un racisme bien national qui n'est pas uniquement orienté contre les juifs. Les roms, les belges, les suisses....Les autres (?). Chaque culture a sa partie d'ombre. Ou bien on l'assume et on essaie, individuellement de la dépasser, de la clarifier, ou bien, on fait dans l'équivoque, on noie l'obstacle par un discours pervers, lâche, hypocrite, qui mêle "l'esthétique" à l'éthique, dans une mixture toute aussi nauséeuse que l'oeuvre d'un Céline. Pour la célébration? Que ceux qui veulent le célébrer le fassent dans la sphère cachée de la vie privée, si ça leur chante. Jubilez donc les uns sur les autres, bien à l'étroit, dans vos cabinets très particuliers.
Curieux ce commentaire de Claude Haenggli en tête de votre forum, venant de Suisse dire que l'affaire "Céline" est "très française", alors qu'il y a quelques mois l'on instruisait un procès en antisémitisme envers Le Corbusier dans son pays sur la foi de quelques lignes pêchée dans la correspondance de l'architecte avec sa mère, et qu'on "forçait" l'UBS à retirer une phrase dudit Corbu de sa campagne publicitaire (une phrase sans rapport avec le problème soulevé, bien entendu, du genre : allons de l'avant…) et faisait suspendre la dénomination d'une place de Zurich au nom du même Corbu !
Quant à ladite "affaire Céline", n'y a a-t-il pas quelque hypocrisie à discuter de livres de Céline que sa veuve interdit de rééditer depuis la fin de la guerre, en particulier "Bagatelle pour un massacre" que le ministre de la Culture a "relu" récemment : mais dans quelle édition ? La Pléiade et "Folio" qui abondent en célineries ne nous l'offrent pas, il faut l'aller chercher chez un éditeur spécialisé dans la littérature antisémite (Rebatet, etc.) !
Quoi qu'il en soit de la grandeur de Céline qui allait-on offrir à l'admiration et l'édification des foules en célébrant le 50 tenaire de sa mort ? un auteur tronqué, un homme-tronc.
Le voilà et ses thuriféraires, dans de "beaux draps" !
Rémi Néri 17 février 011
Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour tout, Claude Haenggli.
Très française, cette affaire, vue de Suisse. Chez vous, tout est politique et vous n'êtes pas capable de juger uniquement sur le plan littéraire. Concentrez-vous donc sur votre langue qui décline parce que vous la soignez mal, avec le résultat que vous écrivez maintenant au passé simple eût au lieu de eut (voir plus haut).
Merci pour votre vigilance. Voilà qui est corrigé.
Quand Frédéric Mitterrand supprime Céline de son calendrier de «Célébrations nationales»
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A ce sujet, il serait bon de lire la préface du document de la célébration.
Dans son premier paragraphe il est dit ceci : "Il n’est pas facile mais il est passionnant d’établir une liste des individus dignes d’être célébrés ; c’est-à-dire de ceux dont la vie, l’œuvre, la conduite morale, les valeurs qu’ils symbolisent sont, aujourd’hui, reconnues comme remarquables."
Qu'en est-il de la vie, de la conduite morale et des valeurs de Céline (1) ?
On pourra longtemps s'interroger sur le fait que les lecteurs et les admirateurs inconditionnels de Céline aient tant besoin de cette célébration alors que cette recherche d'honneurs est en contradiction totale avec le caractère et la nature de l'œuvre de l'auteur.
De même, sera-t-on fortement tentés de demander à tous ces lecteurs d'assumer le fait que Céline fait bien exception en tant qu'auteur à la fois inassimilable et irrécupérable.
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Le choix de Céline était un choix imbécile et irresponsable car Céline n’est pas un auteur que l'on peut célébrer comme l'on célèbrerait Hugo, Zola, Pagnol, Proust…
Le ministre de la culture prenant le risque de se voir contesté par une association qui, non contente de critiquer sa politique - ce qui est son droit le plus absolu -, ira jusqu'à lui dicter ses choix, ce qui est inacceptable ; sans oublier le fait que nombre d'associations pourront à loisir se poser la question de savoir si un ministre de la culture aurait accepté un tel diktat s'il s'était agi d'un autre auteur et d'une autre cible communautaire.
Risque supplémentaire donc : celui de renforcer le soupçon d'un "deux poids deux mesures" au profit d'une communauté en particulier, et d'un "pour les uns tout est permis, pour les autres, tout est interdit".
Faire le choix de Céline, c'était faire preuve d'un manque de discernement indigne d'un ministre de la République, et qui plus est, ministre de la culture qui, jour après jour, s’avère être un très mauvais "politique" (méconnaissances des symboles et de leur utilisation) ; un Frédéric Mitterrand maladroit, inconstant, incohérent, et finalement bien superficiel.
1 - Ou bien alors, il faut dès à présent ôter toute considération morale aux choix effectués car, plus on y réfléchit et plus l'on est bien en peine de trouver parmi les auteurs majeurs du 20è siècle des candidats susceptibles de correspondre aux critères retenus ; dans tous les cas, on aura vite fait d’épuiser les candidats potentiels.
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Décidément non ! Céline n'est pas un auteur comme les autres ; son racisme, son anti-sémitisme, sa haine de l'humanité interdisent toute tentative de normalisation, voire de banalisation, d'une œuvre qui, aussi originale soit-elle, impose un devoir de vigilance (2).
Auteur d’exception, Céline ne convient donc pas à une reconnaissance de cette nature ! Et l'on s'empressera d'ajouter : son œuvre mérite bien mieux qu’une célébration qui le rangerait parmi d’autres figures littéraires qui ne pourront jamais prétendre à un tel régime d’exception dans ce vaste champ d’investigation de nos démons les plus intimes et les plus obsessionnels qu’est aussi la littérature.
2 - "Oeuvre originale" dans le sens de… œuvre sans précédent, si on oublie un moment celle du Marquis de Sade.
à Joël, merci de votre commentaire.
je pense qu'il n'est pas "passé de ce ressentiment général à l'égard des bellicistes, des capitalistes et des profiteurs à un antisémitisme fanatique", mais qu'il était bel et bien antisémite antérieurement, comme une grande partie de la population "européenne" - l'intelligence n'a rien à voir avec ça - on le sait bien maintenant - l'antisémitisme est un mal profondément ancré dans l'inconscient occidental - et bien sûr lorsqu'une intelligence comme celle de Céline (ou d'autres) l'exprime "librement" et talentueusement (?) ce peut être terriblement troublant et dangereux. Plus dangereux en tout cas que les discours au zinc du "bar des amis" où l'on continue encore et encore d'entendre des propos dignes des années brunes -
Quatre petites réflexions:
Je n'ai lu que des fragments des pamphlets, il y a un certain temps, et je me rappelle avoir pensé: "c'est pas possible, c'est du second degré, cet homme tellement intelligent ne pouvait pas croire sérieusement les c*** qu'il débitait !" Je ne sais pas.
Il y a comme ça quelques écrivains, pas seulement celui-là, dont on admire l'oeuvre (ou une oeuvre) et on changerait de trottoir si on croisait l'homme dans la rue... Autre mystère.
Je vomis l'antisémitisme et le racisme sous toutes ses formes. Mais le politiquement correct à outrance est dangereux aussi. Sarah Palin comme ministre de la culture, je ne crois pas que j'aimerais.
Entendu un jour au marché Brancion quelqu'un qui venait de feuilleter Bagatelles pour un massacre, dire avec un accent belge à couper au couteau: "j'ai fait des économies, je voulais racheter tout Sartre et là, pour pas un centime, j'ai la nausée et les mains sales !" Mieux vaut en rire ? En tout cas, pas avec n'importe qui, comme disait Desproges.
J'aime Céline comme j'aime Primo Levi ou Pakhor, mais je juge extrèmement dangeureux et, j'oserais dire, presque criminel faire figurer un auteur si virulent envers le peuple juif dans des célébrations nationales.L'étique dans ce domaine doit l'emporter sur l'esthétique. Cela n'empêche pas de célébrer ses mérites littéraires dans le domaine des spécialistes et de ses lecteurs. Veuillez pardonner mes fautes, le français n'est pas ma langue maternelle. Merci Mila
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