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Avignon 2011. "Mademoiselle Julie" de Frédéric Fisbach

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Nicolas Bouchaud et Juliette Binoche dans les rôles de Jean et Julie. © Christophe Raynaud de Lage

La veille d’une nuit d’été de la Saint-Jean, le père de Julie s’absente pour la soirée et elle en profite pour improviser une petite fête qu’elle passe avec ses valets, Jean et Christine. Julie tente de séduire Jean. Lutte d’amour comme lutte des classes, entre drame et tragédie, entre fait divers et autobiographie… la situation dégénère vers une seule issue possible, le suicide.

 

La pièce d’August Strindberg date de 1888 et fait scandale. Censurée à Copenhague comme à Stockholm jusqu'en 1906, elle sera finalement donnée en 1893 à Paris.

 

Mademoiselle Julie est l’œuvre du dramaturge suédois la plus jouée à travers le monde et fait maintenant partie des « classiques ». C’est précisément ce qui intéresse Frédéric Fisbach, « j’aime les textes qui viennent de loin, d’une époque lointaine ou d’une autre culture parce qu’ils imposent d’emblée un décalage et une distance. »

C’est à l’occasion d’une commande pour le Japon que Frédéric Fisbach redécouvre la pièce de Strindberg.

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L’intérieur, côté cuisine. © Christophe Raynaud de Lage

Ecrite il y a plus d’un siècle, la pièce conserve des thématiques absolument contemporaines : les rapports sociaux, l’égalité entre les hommes et les femmes, le poids des conventions, la force de l’inconscient.

 

Sur le plateau, derrière de grandes baies vitrées, un décor d’intérieur, une cuisine au premier plan et une salle à manger. Au fond, dans ce qu’on imagine être le jardin, la fête bat son plein, « pour de vrai ».

C’est une volonté marquée chez Frédéric Fisbach de représenter le groupe, les rapports de force qui s’y jouent, les influences que ses membres y subissent. Et comme il l’a déjà expérimenté, le metteur en scène a choisi de travailler avec des amateurs. Ils œuvrent en invités de la fête.

Frédéric Fisbach a volontairement plongé la pièce de Strindberg dans une époque résolument contemporaine.

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Le metteur en scène a conservé le texte original en procédant à quelques très légers aménagements.

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On pourrait caricaturer les personnages d’un simple coup de crayon :

Julie, du côté de l’aristocratie, des maîtres, en hystérique et en folle irresponsable,

Jean, le valet, en ambitieux et froid calculateur et

Christine, en domestique simple et un peu coincée. 

Mais le metteur en scène Frédéric Fisbach affirme s’être plutôt intéressé à la complexité de chacun.

© Christophe Raynaud de Lage

Il a axé le personnage de Julie, sur les différences homme / femme.

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Et porte sur Jean, le domestique, un regard très personnel.

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Ecoutez la critique plutôt mitigée de Joëlle Gayot, "Mademoiselle Julie" par Frédéric Fisbach.

 

En habitué, Frédéric Fisbach vient régulièrement au festival depuis dix ans. Il y présente Bérénice en 2001, L’Illusion comique en 2004, Gens de Séoul en 2006. Il est l’artiste associé de l’édition 2007 et propose Les Paravents et Les Feuillets d’Hypnos.

Mademoiselle Julie, au gymnase Aubanel, les 8 et 9, du 11 au 14, du 20 au 23 et du 25 au 26 juillet à 18h, les 15, 16, 18 et 19 à 22h.

Isabelle Lassalle

Thème(s) : Arts & Spectacles| Festival| Théâtre| Avignon 2011| Frédéric Fisbach

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