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Troy Davis exécuté 10

Il était 23h08 à Jackson, aux États-Unis, 5h08 heure française. Troy Davis a été exécuté dans le pénitencier de Géorgie au bout d'un insoutenable suspense.
Sa mise à mort a été reportée de 4 heures, en raison d'un ultime recours déposé par ses avocats auprès de la Cour Suprême. Recours rejeté. Et ce noir-Américain de 42 ans accusé du meurtre d'un policier blanc a donc reçu une injection létale Aurélien Colly :

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Troy Davis avait toujours clamé son innocence. Et grâce à une mobilisation internationale, de Jimmy Carter au pape en passant par l'actrice Susan Sarandon, il était devenu le symbole de la lutte contre la peine de mort. Des manifestations avaient encore lieu hier Place de la Concorde comme devant la Maison Blanche

 

Ecoutez la réaction de l'avocat Daniel Soulez Larivière, interrogé ce matin par Amélie Perrier :

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A noter que, quelques jours après le 30e anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France, le Quai d'Orsay a déploré cette exécution, estimant notamment que : "Alors que plus des deux tiers des États dans le monde ont aujourd’hui renoncé à ce châtiment, en droit ou en fait, ce cas illustre la nécessité de poursuivre le combat pour l’abolition universelle et définitive de la peine de mort." Dès hier, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Romain Nadal, faisait part de son indignation :

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Ce matin, , porte-parole de la chef de la diplomatie européenne a également déploré "profondément" cette mise à mort, rappelant de nombreuses interventions pour la suspendre.

"Un assassinat judiciaire" selon Robert Badinter, interrogé sur Europe 1.


Texas en tête, 12 Etats américains sur 50 procèdent encore à des exécutions depuis 1976, alors que 35 conservent la peine de mort dans leur Constitution. Avec selon le rapport 2010 d'Amnesty international des progrès dans le monde considérables ces dix dernières années. Plus de 30 pays étant devenus abolitionnistes en droit ou en pratique. Mais l'association relève notamment que quatre pays du G20 ont exécuté l'an dernier des prisonniers : les États-Unis, l'Arabie saoudite, le Japon et la Chine, où les exécutions se compteraient par milliers.

Eric Chaverou

Thème(s) : Information| Amérique| Etats-Unis| Géorgie| peine de mort| Troy Davis

Site(s) recommandé(s)

Ligue des Droits de l'HommeDossier spécial peine de mort dans lequel reviennent de fréquentes mobilisations en faveur de Troy Davis et des échos au trentième anniversaire de l'abolition en France.
Troy Davis exécuté : honte à la justice américaine. Amnesty InternationalRéaction complétée en lien par une enquête sur l'affaire à retrouver en vidéo sur YouTube

10 commentaires

Portrait de Anonyme Michel24.09.2011

Certes on ne peut pas dire que la justice américaine soit pilotée par le pouvoir, comme dans d'autres pays, suivez mon regard.

Il n'empêche, qu'au pays de la soit-disant sacrosainte liberté, il existe la justice des riches et la justice des pauvres.
Entre Strauss Kahn et Troy Davis, où dans les deux cas le doute est déterminant, après 3 mois d'instruction pour l'un et 11 ans pour l'autre, cela se traduit d'un côté par la relaxe, d'un autre par la peine de mort.

je ne vois pas , dans ces conditions, comment les Américains peuvent se prévaloir d'être les champions de la démocratie à travers le monde. Comment peuvent-ils prétendre être un interlocuteur valable dans le conflit du Proche Orient, par exemple, quand avec de tels comportements sur leur propre territoire, ils perdent autant de crédibilité ?

Portrait de Anonyme laurie 23.09.2011

Je suis effondrée, pourtant je voudrais continuer à croire en l'humain mais aujourd'hui c'est très dur.On dit toujours plus jamais ça mais il faudrait crier : ''regardez bien, c'est horrible mais l'humain en est capable''

Portrait de Serge ULESKI Serge ULESKI23.09.2011

Sans doute la société américaine préfère-t-elle exécuter un innocent plutôt que de soupçonner qu’un coupable puisse être libre.

Dans cet état d’esprit, il semblerait que le doute bénéficie à la mort seule.

***

Et si cet acharnement en faveur de la peine de mort - plus de 20 ans après les faits parfois même (comme si c'était le même homme que l'on punissait) - était une manière pour le peuple américain de rendre à plus faible que soi (la lâcheté chez les humiliés, ça existe aussi !) toute la violence sociale d’un système hyper-compétitif, cruel dans l’échec, d’une générosité sans bornes dans la réussite ; et la résignation pour le plus grand nombre.

Portrait de christou christou 22.09.2011

Je n'arrive pas à écouter les extraits d'émission alors que tous les autres accès écoute du direct par ex fonctionne ... que faire ?

Portrait de Eric Chaverou Eric Chaverou23.09.2011

Bonjour et merci de votre fidélité,

Certains de nos internautes rencontrent effectivement des difficultés d'écoute ces derniers jours, semble-t-il liées à des configurations informatiques. Nos équipes techniques y travaillent pour un service parfait au plus vite.

Veuillez nous excuser,

Cordialement

Portrait de Anonyme Colle22.09.2011

Une démocratie ne devrait pas reproduire ce qu'elle condamne. A fortiori lorsque subsistent des doutes quant à la culpabilité d'un inculpé.

Je suis horrifié.

La bannière étoilée est en deuil et le ciel est en berne.

Portrait de Anonyme annie Porcedda - Selleron22.09.2011

Notre humanité s'honore de cesser toute condamnation à la peine de mort.

Alors continuons, au nom de nos humanistes dont l'un des célèbres fut Victor Hugo, à défendre la peine sans la mort. Trop de guerres s'en chargent......

Portrait de Anonyme marc merian22.09.2011

tristounet

Portrait de Anonyme LORREYTE22.09.2011

Je ne sais pas quoi dire.
1) Je suis contre la peine de mort.
2) Le doute doit toujours profiter à l'accusé.
3) 9 témoins, c'est bien pour accuser, surtout en l'absence de preuves, mais si la moitié se rétractent, on peut se poser des questions sur la véracité de ces témoignages.

Savannah est une ville du sud. Il faut voir aussi qui sont les accusateurs.

Sont-ils proches du Ku-Klux-Klan ? Le racisme est toujours sous-jacent

Portrait de Anonyme Jean-Luc PLECHE22.09.2011

Il y a - hélas, des pays où la peine de mort est instituée. L’exécution d'un être humain dont la culpabilité est prouvée s'inscrit alors dans un système légitime, même s'il convient de le combattre.

Les circonstances qui ont amené à l'exécution de Troy Davis sont encore pires : non seulement, sa culpabilité n'a pas été prouvée, mais les éléments apportés par la défense au fil des années établissent un doute certain sur cette culpabilité.

On en était là lorsque le Comité des grâces a ordonné l'exécution.

Aujourd’hui, force est de dénoncer que ce même Comité a trahi ses propres engagements à ne pas condamner un possible innocent et que les différentes juridictions impliquées, dans un parfait déni de justice, n'ont pas fait leur travail.

Dès le départ, il fallait un coupable, à tous prix. Troy Davis a été désigné, et par des simulacres d’enquêtes et de justice, pendant plus de vingt ans et jusqu'à hier soir il l'est resté.

Pourtant, dans le monde, il y a beaucoup de femmes et d’hommes qui œuvrent pour la justice pour tous. Il y en a aussi beaucoup qui la piétinent et mettent leurs pouvoirs au service de la violence et du crime. C'est l’éternelle lutte du Bien et du Mal que nous portons tous en nous. Est-il alors possible encore d'espérer un peu de paix sur cette Terre ?

Aujourd'hui, je suis pessimiste.
Jean-Luc PLECHE

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