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Inventaire avant élections à Marseille : Les villes appartiennent-elles aux riches ? 2

France Culture part sur les routes de l'hexagone pour battre la campagne. Première étape d'une série de délocalisations de l'antenne, dans le cadre d'"Inventaire avant élections" : la cité phocéenne. Jeudi 19 janvier, plusieurs émissions seront en direct du théâtre de la Criée à Marseille.

Au programme : Les Matins, La Grande Table, Du Grain à moudre, Les journaux de la Rédaction. 

Mais avant l'antenne, en écho à quelques problématiques françaises majeures en 2012, tel le logement, la mixité et l'exclusion sociale, reportage à Marseille, dans un centre-ville qui connaît actuellement les soubresauts d'une restructuration de grande ampleur :

 

Mobilisation des habitants de la rue de la République à Marseille© Michel Cuadra

 

 

Reconquérir les espaces pauvres des centres-villes en les réhabilitant pour favoriser la mixité sociale, une politique urbaine qui s’impose en France depuis les années 80. Il s'agit donc de faire venir des populations plus aisées dans des quartiers défavorisés. Mais dans certains cas, « favoriser la mixité urbaine » n’est-elle pas une périphrase signifiant "exclure les pauvres" ?


 

Cette volonté de reconquête des centres-villes au profit d’une population plus aisée est appelée  "gentrification" par les géographes et sociologues urbains. La notion est due à Ruth Glass, sociologue britannique, au début des années 60. Ce néologisme découle de son observation de l’installation d’une population aisée, la gentry, dans les quartiers populaires autour de la City de Londres.

 

De la venue de populations aisées...


 

Jean-Stéphane Borja, doctorant au Laboratoire Méditerranéen de Sociologie (Lames), définit le concept et son application dans les grandes villes de France :

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Cette vision de la ville devient la norme dans le courant des années 80. En s'appuyant sur l'exemple de la cité phocéenne, Jérôme Dubois, Directeur de l'Institut d'urbanisme et d'aménagement régional d'Aix-en-Provence, explique ce que recouvre la notion de "mixité sociale" :

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Plusieurs villes en France ont donc entrepris la réhabilitation de quartiers : Lille, Nantes, Lyon, Rennes ou encore Montpellier. La gentrification a opéré, des populations aisées se sont installées dans des zones précédemment défavorisées. Mais les élus ont veillé à maintenir ou créer, dans ces mêmes zones, des logements sociaux pour éviter des traumatismes.

Marseille, deuxième ville de France, n’a pas échappé à cette politique urbaine. Dans les années 90, elle entreprend la réhabilitation de ses quartiers paupérisés du centre-ville. Mais, contrairement aux  agglomérations préalablement citées, le processus de gentrification n’est pas flagrant, en raison d'une précarité dominante. Jérôme Dubois :

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...A l'exclusion des pauvres

Rue de la République © Michel Cuadra

Toutefois, le réaménagement de quartiers populaires, et ce sous couvert de favoriser la mixité sociale, cache dans certains cas une véritable politique d'exclusion des plus vulnérables. A Marseille, des habitants ont subi des pressions pour quitter leurs logements. Des expulsions illégales ont donc eu lieu sur l'hyper centre-ville dans le cadre de Périmètres de restauration immobilière (PRI), mais aussi sur la rue de la République, artère incluse dans le projet Euroméditerranée.

D'ailleurs, des chercheurs danois, John Andersen et Jesper Visti Hansen, font état d’un virage « néolibéral » des politiques publiques à partir de 2002, virage se traduisant en France par un « volontarisme rénovateur mais exclusif ». Jérôme Dubois ne conteste pas cette réalité et l'illustre par la situation de Marseille :

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En raison de sa pauvreté, la gentrification est faible à Marseille. Mais, si le phénomène est réel dans d'autres grandes villes françaises, il ne s’applique qu’au niveau du quartier. Dans aucune ville de France, il n’est possible d’observer des mouvements forts de migration et d’exclusion des pauvres, qui aboutiraient au renouvellement complet des habitants de l'agglomération. Toutefois, à Paris, compte tenu de la pression foncière, on assiste depuis une vingtaine d’années à une mutation sociologique profonde.

>>>> Retrouvez ici la suite du dossier consacré au phénomène de gentrification et d'exclusion des populations défavorisées :

Euroméditerranée, le nouveau centre de Marseille

Un centre-ville à l'abandon

Initiatives citoyennes au coeur de Marseille

Florence Pacaud

Thème(s) : Information| Géographie| Sociologie| Ville| Inventaire avant élections| Politique| Société| Pauvreté| Aménagement du territoire| euroméditerranée| gentrification| Marseille| sociologie urbaine| urbanisme

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2 commentaires

Portrait de Anonyme JB19.01.2012

Après, la vocation de France Culture est davantage culturelle que représentative du paysage politico-social français. J'aimerai pour ma part que la station s'intéresse enfin aux sujets de sa vocation (histoire de l'art, patrimoine, archéologie, littérature etc.) plutôt que de faire dans le reportage info en région...

Portrait de Anonyme Pitiot19.01.2012

Vraiment merci de bouger et de passer du temps en province, nous savons que les parisiens décident de tout, mais nous vivons en province et il nous faut bien survivre. Merci de jeter un regard sur notre vie ! Bravo pour cette nouvelle attitude de F.C, continuez vous voyez que le nombre d'auditeurs augmente !

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