Le cinéaste grec Théo Angelopoulos est mort
Théo Angelopoulos. © ORESTIS PANAGIOTOU / EPA / MAXPPP
Renversée par un motard, la figure emblématique du « nouveau cinéma » grec des années 70 et 80 est décédée à 76 ans des suites de l’accident. Théo Angelopoulos avait reçu une Palme d’or à Cannes en 1998 pour son film « L'Eternité et un jour ».
Le réalisateur grec était l’auteur d’une quinzaine de films très ancrés dans l’histoire et la société grecque actuelle. Né en 1935 à Athènes, Théo Angelopoulos interrogeait les problèmes sociaux de ses contemporains tout en intégrant à ses films un point de vue esthétique et expérimental. Ses longs métrages se caractérisaient souvent par des plans longs et silencieux sur les paysages de son pays.
Hommage de Gilles Jacob, président du Festival de Cannes dans Les Matins de France Culture.
Le regard ce matin de Thomas Cluzel sur la mort du cinéaste annoncée dans le monde entier.
Dans le Le RenDez-Vous ce mercredi, Laurent Goumarre a naturellement évoqué la disparition du réalisateur. Dans la première partie de l'émission, le "journal de la culture" Xavier Martinet a recueilli plusieurs témoignages dont celui d'Orestis Andreadakis, président du festival international du film d'Athènes:
Peinture de la société grecque contemporaine
Etudiant, le cinéaste a hésité entre la carrière d’écrivain et celle de poète et a finalement commencé en droit. Il a poursuivi ses études à Paris, à l'Institut des Hautes études cinématographiques (Idhec) entre 1962 et 1963.
Théo Angelopoulos marque la critique en 1975 avec son chef d’œuvre Le voyage des comédiens. Le film au long court retrace, quatre heures durant, les épisodes les plus douloureux de l’histoire grecque contemporaine. En 1980, le cinéaste obtient le prix Fipresci à la Mostra de Venise pour son film Alexandre Le Grand, critique du totalitarisme qui navigue entre la méditation et une relecture des mythes.
A écouter dans les Matins de France Culture, des entretiens et témoignages sur la carrière du cinéaste.
Lion d’Argent à Venise et Palme d’or à Cannes
Théo Angelopoulos réalise également sous forme de conte, le récit d’un vieux communiste exilé en URSS après la guerre civile de 1945-1947. Le vieil homme revient en Grèce mais ne réussit pas raccrocher ses rêves à la réalité, c’est Voyage à Cythère, en 1984.
Le réalisateur grec travaille aussi en collaboration avec Marcello Mastroianni en 1986 dans L’Apiculteur et il reçoit le Lion d’Argent à Venise en 1988 pour Paysage dans le brouillard. Enfin, en 1998, il est récompensé de la Palme d’or à Cannes pour son film L'Eternité et un jour.
Le cinéaste avait entrepris le tournage de son dernier film, L'autre mer, qui avait pour sujet la faillite de son pays comme celle de l’Europe.
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