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Inventaire avant élections à Lille : la question des étudiants étrangers 4

France Culture part sur les routes de l'hexagone pour battre la campagne. Deuxième étape d'une série de délocalisations de l'antenne, dans le cadre d'"Inventaire avant élections" : Lille. Jeudi 2 février, plusieurs émissions seront en direct de l'ESJ, école lilloise de journalisme.

Au programme : Les Matins, La Grande Table, Du Grain à moudre, Les journaux de la Rédaction. 

Mais avant l'antenne, en écho à quelques problématiques françaises majeures en 2012, l'immigration et l'éducation, reportage à Lille, sur les campus de la métropole.

 

© Université Lille 2

 

La circulaire Guéant du 31 mai 2010, qui restraignait l'autorisation à des étudiants étrangers hors Union européenne, de travailler sur le territoire après avoir validé un master (bac+5) en France, a provoqué un vive émoi dans le milieu universitaire et intellectuel. Depuis le texte a été assoupli, mais le climat reste délétaire. Nombre d'étudiants ne sont pas rassurés par la seconde mouture. D'autres pays européens, plus accueillant, pourraient profiter d'une image écornée de l'hexagone.

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>> L'accueil des étudiants étrangers : état des lieux en Europe (1)   |   Témoignages d'étudiants (2)

 

L'Europe

Qu'en est-il de la politique européenne concernant l'accueil des étudiants étrangers sur son territoire ? L'éducation est une compétence nationale. Mais la Commission n'en donne pas moins des orientations et aloue des fonds conséquents pour des programmes européens et internationaux.

En 2004 est créé Erasmus Mundus. Calqué sur le programme Erasmus, qui favorise la mobilité des étudiants européens à l'intérieur de l'Europe, Erasmus Mundus a pour vocation de s'ouvrir aux étudiants hors Union européenne. En 2009, sous la Présidence française de l'Union européenne, ce programme entre dans sa deuxième phase (2009-2013). Avec une enveloppe financière de 950 millions d'euros pour les cinq ans. Son objectif : promouvoir l'enseignement supérieur européen, accroître sa qualité et sa visibilité, et renforcer le dialogue et la coopération avec les pays tiers. 

 

© Université Lille 2

L'éducation est aussi un pilier de la stratégie Europe 2020, lancée en mars 2010 par la Commission pour sortir de la crise et préparer l'économie de l'UE dans les dix ans à venir. Antoine Godbert, le directeur d'Europe Education Formation France (2e2f), l'agence nationale, qui gére les fonds européens pour permettre aux français de partir étudier à l'étranger, fait état de l'importance de l'éducation dans la stratégie  :

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L'un des objectifs de la stratégie Euope 2020 est d'ailleurs formulé comme suit : "Jeunesse en mouvement: renforcer la qualité et l'attractivité internationale du système d'enseignement supérieur européen en promouvant la mobilité des étudiants et des jeunes en début de carrière. Exemple d'action concrète: les offres d'emplois de tous les États membres devraient être plus accessibles dans toute l'Europe, tandis que les qualifications et l'expérience professionnelles gagneraient à être reconnues à leur juste valeur."

La France

Cosignée le 31 mai 2011 par le ministre du Travail, Xavier Bertrand, et le ministre de l’Interieur, la circulaire Guéant a provoqué de vives contestations. Ce texte s’inscrit dans la volonté de réduire l’immigration professionnelle et de favoriser ainsi l’accès au travail aux Français. Aussi, les préfectures ont bloqué l’octroi d’un titre de travail à des étudiants, non ressortissants de l’Union européenne, diplômés d’un master et justifiant d’une promesse d’embauche. Le préfet a en effet pour consigne de vérifier si l’entreprise recruteuse a procédé à une « recherche effective » dans son « bassin d’emploi » avant de faire appel à une main-d’œuvre étrangère. Impossible, donc de passer du statut d’étudiant à celui de salarié. (Le témoigne d'un ancien étudiant de l'Université Lille 2, Harsh Doshi)

Un mouvement de contestation a entrainé la rédaction, en concertation aves les présidents d'université, d’une nouvelle circulaire, moins restricitive. Mais le sujet reste sensible. Le président de l'Université Lille 1 n'a d'ailleurs pas voulu s'exprimer. En revanche, Christian Sergheraert, président de Lille 2 a accepté de répondre à nos questions :

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D'une part, grâce à la deuxième mouture, il ne peut plus être opposé comme motif de refus la situation de l’emploi aux titulaires d'un diplôme de haute qualification correspondant à un besoin réel des entreprises. D'autre part, les étudiants étrangers qui peuvent justifier d’un niveau master ou équivalent bénéficient de nouveau d’une autorisation provisoire de séjour (APS) de six mois leur permettant de trouver un emploi. Ceux qui ont essuyé un refus après le 1er juin 2011 peuvent à nouveau soumettre leur demande auprès des préfectures. Mais l'attente et les démarches sont longues. Pour les soutenir, le Collectif du 31 mai organisent leur parrainage par des universitaires, chercheurs, artistes...

Pour autant, la situation des diplômés en dessous du niveau Master 2 n'est pas réglée et nombre d’étrangers sont aujourd’hui inquiets pour leur avenir en France. (Le témoignage de Farid, Feihao et Moctar, à Lille).

 

Christian Sergheraet, président de l'Université Lille 2 et du Pres Lille Nord de France© Florence Pacaud / Radio France

Pour Christian Sergheraert, également président du Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur (Pres) Université Lille Nord de France, les étudiants étrangers sont une richesse :

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Le Royaume-Uni

La Grande-Bretagne est le deuxième pays a attirer le plus d'étudiants étrangers, soit quelque 400 000 dont 280 000 hors UE. Classée derrière les Etats-Unis, elle pourrait, cependant, perdre sa position. Les étudiants sont directement concernés par la politique de lutte contre l'immigration du gouvernement Cameron mise en place en 2011.

Le motif de ce renforcement des contrôles : des pratiques abusives d'écoles délivrant "des diplômes bidons" selon le Premier ministre. Les explications de Eleanor Fairford, Première secrétaire chargée des questions migratoires à l'ambassade britannique de France :

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L'autorisation de rester sur le territoire durant deux ans pour chercher un travail sera donc limitée aux titulaires d'un diplôme de niveau licence. Mais, autre frein à la venue d'étudiants : l'augmentation des frais de scolarité. Les coupes budgétaires ont contraint les universités à accroître le coût d'inscription, passant de 3 350  à 6 000 livres (4 000 à 7170 €), voire pour certaines à 9 000 livres (10 760 €). Pour un étudiant étranger, le coût varie entre 15 000 et 17 000 livres (18 000 et 20 500 €).

La Belgique

La Belgique compte environ 15 000 étudiants hors UE. L'Office des étrangers, une administration gouvernementale, gère les flux migratoires. Sa porte-parole, Dominique Ernould, développe la politique du nouveau gouvernement et les exigences requises pour venir étudier :

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Les conditions de passage du statut d'étudiant à celui de salarié :

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L'étudiant qui souhaite rester travailler en Belgique après obtention de son diplôme, doit donc justifier d'une embauche avant l'expiration de son visa. Dans ces conditions, il n'essuiera aucun refus.

L'Allemagne

Si la France prend des mesures restrictives, l'Allemagne est dans une toute autre stratégie. Jochen Hellmann, secrétaire général de l'Université Franco-Allemande :

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L'Allemagne accueille environ 200 000 étudiants étrangers, ce qui représente 10% de l'ensemble des inscrits. Les conditions d'obtention du statut de travailleur sont favorables. La langue reste toutefois un obstacle, mais à terme, l'Outre-Rhin pourrait tirer bénéfice de la politique française moins accueillante :

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En 2010, la France a accueilli 284 600 étudiants étrangers, dont près de 220 000 dans les universités. Aujourd'hui, il est difficile de mesurer les conséquences de la circulaire Guéant sur le choix des futurs candidats. L'inquiétude est palpable sur les campus. Elle se ressent également en dehors des frontières. Les équipes qui recrutent à l'étranger pour le compte d'établissements français sont questionnées lors de leur déplacement. Le texte a certes été remanié, mais il n'a pas pour autant rassuré. La France a donné l'impression, comme le dit Feihao, étudiante chinoise, de ne plus dire "welcome". Pendant ce temps, l'Allemagne continue de crier "willkommen".

Florence Pacaud

Thème(s) : Information| Europe| Education| Gouvernement| Inventaire avant élections| Politique| Allemagne| Belgique| étudiants étrangers| immigration| Lille| Royaume Uni| Union Européenne| Université

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4 commentaires

Portrait de Anonyme Marc01.02.2012

Sera-t-il possible d'assister à ces directs ?

Portrait de Florence Florence01.02.2012

Oui, les émissions sont en direct et en public de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille,

50 Rue Gauthier de Châtillon  59000 Lille.

Toutes les informations sur le lieu et les horaires en cliquant ici

Portrait de Anonyme indigné31.01.2012

un étudiant étranger arrive avec une bourse de son pays et reçoit une aide de la France beaucoup plus importante que ne reçoit un étudiant français en difficulté, c'est une honte

Portrait de Anonyme kriss31.01.2012

Un détail qui n'en ai pas un auquel on ne pense jamais dans ces lois concernant les étrangers (et pas que les étudiants) c'est les couples franco/étranger.

Un couple franco/étranger devrait avoir le droit de vivre normalement comme n'importe quel couple français.

Je dis cela car c'est mon cas, mon amie étant étrangère, c'est parfois pesant de toujours devoir s'inquiéter de l'avenir comme si je n'étais pas vraiment dans mon pays... (lois sur l'immigration, renouvellement de titre de séjour, lois sur les étudiants étranger...)... y en a marre...

Au bout de 7 ans de vie commune on devrait être mieux considéré.

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