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Inauguration du plus grand temple bouddhiste européen à Bussy-Saint-Georges 9

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>> dossier :   Le temple bouddhiste   |   L'espace œcuménique    |   Le bouddhisme

 

Le 24 juin, le plus grand lieu de culte européen dédié à Bouddha ouvre ses portes au public en Seine-et-Marne. À la fois cultuel et culturel, cet espace s’inscrit dans la ZAC du Sycomore, un éco-quartier que la municipalité a souhaité œcuménique. Le temple bouddhiste voisinera bientôt une autre pagode, une mosquée, une synagogue et un centre culturel arménien.

 

Des formes rectangulaires, du béton, du bois, du verre et de la pierre… les 7 500 m² du temple bouddhiste taïwanais ne présentent en rien l’aspect d’une pagode traditionnelle mais s’inscrivent dans un bâtiment résolument moderne. Premier édifice religieux du quartier à sortir de terre, ce bâtiment est l’œuvre de l’atelier d’architecture Frédéric Rolland, basé à Angers et en Chine, et associé au Taïwanais Kris Yao. C’est l’architecte de référence de l’ordre bouddhiste Fo Guang Shan, qui cherchait un lieu où s’implanter depuis une dizaine d’années.

 

La réponse globale de la municipalité aux demandes de constructions religieuses

La ferme du Génitoy   |   Les futurs logements   |   Hugues Rondeau © Isabelle Lassalle

La mairie de Bussy-Saint-Georges travaille effectivement depuis dix ans pour proposer aux différents courants religieux de son territoire, un espace où chacun soit représenté en fonction de son importance numérique dans la ville. Le projet de site cultuel et culturel œcuménique voit donc le jour dans la ZAC du Sycomore autour d’un patrimoine préservé, la ferme du Génitoy. Les communautés religieuses partageront les infrastructures, telles que les routes et le parking commun, ainsi qu’un parc paysager et écologique. Pour le maire, Hugues Rondeau, la difficulté était surtout de convaincre les pouvoirs publics.

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Le quartier abritera également 4 500 logements pour les nouveaux habitants qui s’installent chaque année. Car la ville nouvelle de Bussy-Saint-Georges voit sa population s’agréger peu à peu. Moins de 600 habitants en 1985, 20 000 en 2007 et près de 25 000 aujourd’hui, dont 40 à 45% proviennent du bassin Asie Pacifique. Mais le maire, Hugues Rondeau, souhaitait une véritable intégration des nouveaux bâtiments religieux dans sa ville et il précise les consignes d’urbanisme imposées aux différentes communautés.

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Une ambition architecturale au service d’un édifice religieux

La maquette du projet  |  Dessins de présentation  |  Polly Rolland © Isabelle Lassalle

L’architecte Polly Rolland, en charge du temple bouddhiste, explique comment le bâtiment répond aux différentes contraintes, à la fois urbaines et religieuses, imposées par la marie de Bussy-Saint-Georges et l’établissement public Epamarne d’une part et la communauté religieuse d’autre part.

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Très ambitieux, le projet du temple bouddhiste atteint 16 millions d’euros. Il a été financé à 80% par l’ordre monastique taïwanais Fo Guang Shan et à 20% par les dons de fidèles. L’association Fo Guang Shan, littéralement « Montagne de la lumière de Bouddha », représente l’une des plus importantes organisations bouddhistes du monde. Originaire de Taïwan, elle gère aujourd’hui plus de deux cents centres de culte dans le monde. Implantée à Vitry-sur-Seine, dans un espace devenu trop petit, la communauté bouddhiste cherchait un lieu où implanter un temple plus grand comme l’explique Miaoda, l’une des cinq vénérables de la communauté.

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Un espace à la fois cultuel mais aussi et surtout culturel

Comme dans tous les temples bouddhistes, le projet s’articule en trois zones. La première partie est ouverte au public, elle est dédiée aux espaces culturels. Le deuxième secteur se concentre sur la religion et rassemble plusieurs salles de lieux de prière et de méditation. Enfin, la dernière zone constitue l’hébergement des vénérables et des hôtes de passage et offre ici 36 chambres. Ces contraintes architecturales correspondent à des usages imposés par les pratiques bouddhistes et le projet de l’association. La vénérable Miaoda, responsable sur le chantier, revient sur le projet et précise le programme du temple, inscrit au cœur d’un ensemble interreligieux.

Pour l’architecte Polly Rolland, la question n'était pas de créer un objet architectural mais l'enjeu était de concilier à la fois l’aspect architectural et religieux.

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Cette très grande construction bouddhiste s’inscrit dans un cadre interreligieux où d’autres projets sont également en œuvre. Si la religion bouddhiste pose souvent moins de problèmes aux habitants, l’aspect œcuménique du chantier a permis de légitimer plus facilement les constructions des autres bâtiments religieux.

 

> Voir la suite avec l'ouverture d’un espace œcuménique à Bussy-Saint-Georges

> Et pour compléter, le bouddhisme : une religion à la fois très diverse mais aussi mal connue

 

Isabelle Lassalle

Thème(s) : Idées| Architecture| Religion| bouddhisme| bouddhiste| Chrétien| juif| mosquée| musulman| synagogue| temple

9 commentaires

Portrait de Anonyme alice bach25.06.2012

En réponse à René Cluzel: La seule source d'ennuis c'est lorsqu'on ne crée pas des lieux religieux, lorsqu'on voile des activités humaines essentielles. Dommage que ce bâtiment ait dû se conformer à une esthétique dépassée et vieillotte... pour avoir un permis de construire. Le citoyen a besoin de bâtiments différents...étonnants. Pour la banalité nous avons déjà tapissé la France de pavillons banalisés...

Portrait de Anonyme Xavier25.06.2012

Même 1ère impression qu'Hélène. Autant je comprends la démarche ne pas faire une copie kitsch autant gommer toute apparence religieuse "typée" me laisse perplexe. Ainsi la mosquée qui fait partie du projet, est moderne mais au 1er coup d’œil, on saisit tout de suite la nature du bâtiment...
Détail piquant : la mosquée & la synagogue sont voisines. Suivant si vous êtes optimiste ou non, ça risque de devenir intéressant dans le futur... ^^

Portrait de Anonyme Loïc25.06.2012

C'est vrai que le batiment pourrait sembler par trop respectueux de son environnement et cela me parait tout à fait conforme aux fondamentaux de la religion qui l'anime... car, pour moi, c'en est une dans la mesure ou il y a un message fort sur le sens de la vie.

Portrait de Anonyme erick25.06.2012

pour repondre à helene
le monde post moderne ne saurait se comparer avec une periode ou la tradition etait le testament commun
l'individualisme assumé en est le corollaire et le sacre
est ainsi ramene a notre seule subjectivite.
d'ou peut etre l'aspect a topique de ces batiments

Portrait de Anonyme Lucien24.06.2012

Céer un lieu rassemblant et respectant les différences -surout dans un domaine où celles-ci ont été et restent responsables de graves conflits- me semble une entreprise constructive si la réalisation et le quotidien sont à la hauteur du projet, et si la foi en la sagesse possible de l'homme y épanouit son harmonie5djcr et sa paix.

Portrait de Anonyme Anonyme24.06.2012

Calmez vous, ce n'est pas une religion mais une philosophie de vie. Toutes les origines y sont représentées.

Portrait de Anonyme Helene23.06.2012

Etonnant, ce projet, car ce bâtiment semble n'avoir aucune identité : il pourrait aussi bien être un centre des impôts, une antenne de conseil général, un centre administratif d'entreprise. Ce doit être l'effet oecuménique : la dilution politiquement correcte qui coupe du sacré, et produit des objets vides et déprimants. Ce temple est aussi enthousiasmant qu'une vieille Lada laissée à l'abandon dans un zone industrielle fantôme polonaise.

Portrait de Anonyme René Cluzel23.06.2012

Bonjour. La culture est une bonne chose mais n'oublions pas que le trop nuit et j'ai peur que notre avidité ne nous conduise à une saturation qui nous dépasse. La religion comme la politique, sont souvent sources d'ennuis, pourra-t'on maitriser dans l'avenir ?

Portrait de Anonyme Anonyme22.06.2012

qu'est-ce que c'est laid !