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Temps de crise ou crise du Temps ? 61

Du 24 décembre 2012 au 4 janvier 2013, Antoine Mercier reçoit dans le Journal de 12h30 un intellectuel pour aborder la question de la crise et du temps. Retrouvez ici l'entretien de chaque jour dans sa version longue :

 

Le mot grec Krisis désigne le jugement, le tri, la séparation. Il indique un moment décisif dans l’évolution d’un processus incertain. Il se conclut soit par la guérison, la sortie de crise, soit par une disparition, la fin d’un temps.

La crise aujourd’hui ne semble pas avoir de fin. Elle déploie ses effets sans qu’on aperçoive de porte de sortie. Elle est devenue une norme à laquelle nous  paraissons contraints de nous adapter indéfiniment. 

  © guillaume bonnefont / IP3 / MaxPPP

 

Dans ces conditions, peut-on encore parler de crise au sens propre du terme ?

A moins que de notre rapport au temps soit, en lui-même, la cause de notre incapacité à sortir de l’ornière ?


Les événements qui se succèdent ne s’inscrivent plus dans une perspective ou un projet. Ils se déroulent inéluctablement et semblent s’imposer sans que nous ayons notre mot à dire. Nous sommes submergés par la contrainte du présent sans possibilité de construire un avenir. La pression de l’instant nous fige dans l’impuissance. 

Et si l’enjeu de notre époque résidait dans notre capacité à sortir du présentéisme pour reconstruire une temporalité que l’homme puisse de nouveau habiter ? 

 

Lundi 24 décembre

Myriam Revault d'Allonnes, philosophe.

Myriam Revault d'Allonnes SL © Radio France

C’est votre dernier livre qui m’a donné l’idée de cette série.

Son titre : « La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps. » Publié aux éditions du Seuil.

Car cette idée de « crise sans fin » correspond bien à la perception que l’on peut avoir lorsque l'on déroule  tous les jours le fil de l’actualité.

Depuis la crise dite du pétrole en 1974, on ne cesse de parler de crises et celles-ci se succèdent depuis à un rythme de plus en plus rapide.

Au point qu’aujourd’hui, le sentiment prévaut que l'on ne peut plus en sortir. La crise bancaire de 2008 s’est traduite par une crise financière qui s’est transformée en crise de la dette avant de revenir dans le réel produisant un ralentissement l’activité économique qui engendre à son tour de nouveaux deficits.

Mais la crise, selon vous, « ne rend pas seulement compte d’une réalité objective mais aussi d’une expérience vécue. Elle dit la difficulté de l’homme contemporain à envisager son orientation vers le futur. »
Et c’est là que l’on revient à l'expérience moderne du temps qui constitue la toile de fond de notre actualité.

Que nous est-il arrivé ?

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Mardi 25 décembre

Miguel Benasayag , psychanalyste

Miguel Benasayag Abdelhak el Idrissi © Radio France

Auteur avec le biologiste Pierre-Henri Gouyon d’un essai intitulé « Fabriquer le vivant ? » et sous-titré « ce que nous apprennent les sciences de la vie pour penser les défis de notre époque ».

 

 

 

 

 

 

 

 

La crise que nous traversons est-elle en rapport avec notre manière d’habiter le temps ?

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Mercredi 26 décembre

Tobie Nathan, diplomate, écrivain et professeur de psychologie

Tobie Nathan © Radio France

Professeur des universités, écrivain et diplomate, auteur d’une trentaine d’ouvrages de psychopathologie et d’anthropologie. 
A ce titre il est un spécialiste de la manière dont les hommes habitent leurs temps.

Qu’est-ce qui caractérise aujourd’hui notre rapport au temps?

 

 

 

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Jeudi 27 décembre

Claudia Moatti, historienne

Claudia Moatti Nathalie Lopes © Radio France

Claudia Moatti bouscule le bel ordonnecement de cette série en nous disant d'abord qu'il n'y a pas de crise du temps ou du moins qu'elle n'est pas première

 

 

 

 

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Jeudi 27 décembre

Nicole Aubert, sociologue

 

Il suffit de jeter un coup d'oeil sur les titres de vos récents ouvrages pour se rendre compte que la réflexion que nous menons dans cette série est au coeur de vos recherches.

"Le culte de l'urgence" sous-titré "la société malade du temps"
"L'individu hypermoderne", "Le coût de l'excellence" avec Vincent de Gaulejac. Et plus récemment "les Tyrannies de la visibilité" sous-titré : "être visible pour exister".

Le société malade du temps. Nous voulons maîtriser le temps et ce faisant nous le perdons.


Votre constat aujourd'hui sur cette question ?

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Lundi 31 décembre

Serge Latouche, économiste

Serge Latouche Abdelhak el Idrissi © Radio France

Votre dernier essai s’intitule "Bon pour la casse : les déraisons de l’obsolescence programmée".

Votre réflexion touche au cœur de notre thématique cette année, puisque nous réfléchissons sur notre rapport au temps et sur les liens entre crise et temps.

S’il y a bien une réalité qui nous renvoie directement et concrètement au sujet, c’est bien celle de l’obsolescence programmée.


Phénomène dont nous avons tous l’expérience mais dont nous ne sommes pas toujours conscients qu’il est, comme son nom l’indique, une pratique volontaire de la part des industriels qui consiste à nous vendre du périssable plutôt que du durable.

Vous racontez dans votre livre l’histoire de ce concept et vous explorez les différentes formes qu’il a prises :

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Mardi 1er Janvier

Philippe Corcuff, maître de conférences

Philippe Corcuff © Radio France

Dans votre dernier livre qui est un pamphlet intitulé « La gauche est-elle en état de mort cérébrale ? »
Vous citez notamment les travaux de l’historien François Hartog qui dans son livre « régimes d’historicité, Présentisme et expérience du temps publié au seuil en 2003, décryptait au sein des sociétés actuelles « un présentisme » qui serait selon vous un enfermement dans le présent de plus en plus déconnecté du passé comme du futur.

Quels sont les symptômes de ce présentisme ?

 

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Mercredi 2 Janvier

Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives au sein du Centre de recherche de l’institut du cerveau et de la moelle épinière

Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives SL © Radio France

 

 

 

Y-a-t-il une région du cerveau qui habite plus spécifiquement notre rapport au temps ?

 

 

 

 

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Jeudi 3 Janvier


Cédric Lagandré, philosophe

Cédric Lagandré, philosophe SL © Radio France

Vous êtes l’auteur d’un essai intitulé « La plaines de asphodèles » aux éditions Climats, et sous-titré « Ou le monde à refaire ».
Livre qui s’inscrit dans la continuité de votre précédent ouvrage publié au PUF « L’actualité pure, essai sur le temps paralysé ».

La question de notre rapport est donc centrale dans votre réflexion.

 

 

Comment se présente aujourd'hui cette question ?

 

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Vendredi 4 Janvier

Michael Foëssel, philosophe 

Michael Foëssel, philosophe SL © Radio France

Le dernier invité de cette série sur notre rapport au temps, le philosophe Michael Foëssel, auteur d’un livre intitulé « Après la fin du monde » et sous-titré : « Critique de la raison apocalyptique. ».

Vous venez donc en point d’orgue de cette série d’entretiens à l’issue desquels le diagnostic a été établi que ce que nous appelons « la crise » et qui constitue comme on vient de le voir encore aujourd’hui notre actualité quotidienne, semble bien avoir pour toile de fond une difficulté croissante à vivre dans un présent porteur d’un à venir.

Ce sentiment assez largement partagé est propice à la résurgence de thèmes apocalyptiques.

Mais tout cela pour vous doit d’abord être considéré comme un symptôme de la crise :

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Thème(s) : Information| Crise| Débat| Economie| Europe| Géopolitique| Idées| Philosophie| Sociologie| crise économique| Etre et temps| Temps| Myriam Revault d'Allonnes| Miguel Benasayag| Tobie NATHAN| Cédric Lagandré| Michaël Foessel| Claudia Moatti| Nicole Aubert| Lionel Naccache| Serge Latouche| Philippe Corcuff

61 commentaires

Portrait de Anonyme Xavier Direz10.01.2013

Bonjour, serait-il possible de renouer comme au bon vieux temps, du temps de de Pierre Descargues où le samedi matin il proposait aux auditeurs de France Culture d'échanger des enregistrements d'émissions. Disposant de l'intégralité de l'excellente série des entretiens "Temps de crise ou crise du temps", je souhaiterais pouvoir les mettre à la disposition de ceux qui en ferai la demande comme je l'ai pratiqué dans les années 90.
Un grand merci à Antoine Mercier & à France Culture
Amitiés à tous et bonne année

Portrait de Anonyme Eric Thuillier12.01.2013

Vous devriez faire suivre votre commentaire au médiateur. Il me semble que le site «Espace public» dédié aux auditeurs devrait pouvoir accueillir au sein d’une sorte de «malle aux trésors» les échanges que vous évoquez.

Portrait de Anonyme Eric Thuillier08.01.2013

Encore un petit mot. Il n’y a pas encombrement, c’est un abus modéré. Pour dire le plaisir d’entendre Antoine Mercier, lors du journal d’aujourd’hui, faire un petit commentaire bien senti sur l’autisme et le portable.
A chaque fois que j’entends parler des menaces que feraient peser les ondes des téléphones portables sur le cerveau, je ne peux m’empêcher de penser qu’il faut qu’elles soient malines pour le trouver. Voilà bien le temps en crise, le temps mangé par ces grotesques petites machines dont les plus modernes se caressent, un temps ou il devient de plus en plus rare de croiser un regard tant ils sont pompés par ces bouffe temps, ces ronge méninges. sachant que par ailleurs on ne peut plus lire un article qui ne signale un tweet, je vous livre mon appellation de le chose. Je ne dépose pas la marque, elle est déposée partout sur les trottoirs, ils ne sont pas ensembles mais on en croise quand même des bandes, les abrutweets.

Portrait de Anonyme daniel10.01.2013

bonsoir,

à propos de ce petit engin bien caréné,bien phosphorescent bien dans l'air du temps je résistais depuis bien une dizaine d'années maintenant...mon employeur me foutait la paix encore.... mais là depuis qu'il a passé un COP (un contrat d'objectif et de la performance) il a décidé unilatéralement que tous ceux qui n'en avait pas devait en avoir un.. et donc j'avais aujourd'hui dans mon courrier pro un petit carton avec mon nouveau surveillant... car il ne me fait aucun doute que cette puce est uniquement là pour que je puisse être être joins à toute heure de la journée... être bien dans la production optimum ... ces petits engins contribuent de plus en plus à l'isolement professionnel des travailleurs (ce qui est un paradoxe) car ils sont amenés à faire de plus en plus seul les tâches et donc à ne plus être en contact avec le collectif de travail....d'où la fragilisation,les pertes de repère de beacoup d'entre eux.. l'on assiste ainsi à une perversion de l'autonomie du salarié qui, aidé de toutes ces ntic, s'enfonce sans s'en rendre compte dans une voie professionnele vide de vie et dans une de plus en plus grande dépendance vis à vis du chef , du patron...
je vais refuser l'attribution qui m' a été faite et demander que ce sujet soit débattu en CHS CT....pourquoi en CHS CT? parce que ce petit engin change l'organisation du travail en profondeur: du contact humain et charnel encore possible nous dérivons vers un vide...alors que les nombreuses enquètes CHS cT faites dans l'établissement qui m'emploie on établit le besoin de redonner un sens au travail, de rétablir des liens sociaux...

d'autre part je trouve extremmement désagréable de porter cet engin que je ressens comme un boulet au pied...en définitive ce que cela veut dire aussi, du moins à mon sens,c'est que votre employeur gestionnaire n'a pas confiance en vous puisqu'il éprouve lui le besoin de vous tenir... or plus on essaye de tenir quelqu'un plus ce quelqu'un se débat, crie, vitupère, résiste...
j'arrête là car je dérive ....
bien à vous,
daniel

Portrait de Anonyme Eric Thuillier12.01.2013

Bonjour,
Non, vous ne dérivez pas, vous apportez votre réflexion à l’observation d’un phénomène massif, si massif qu’il semble incontestable, une donnée naturelle contre laquelle qu’il serait aussi absurde de protester que la pluie. Car bien entendu ma petite diatribe impulsive est dictée par le caractère de surveillance de tous par tous et par son acceptation, voire sa recherche pour les adeptes volontaires de la géo localisation.
le plus étrange dans cette adhésion quasi unanime à un mode de communication qui transforme le temps en purée (mêle à tous moments toutes les instances de la vie), est que la conscience de sa nocivité est aussi très répandue. A chaque fois qu’on me demande mon numéro de portable et que mon interlocuteur commence à le noter, le 06 06 06 06 06, avant de comprendre que j’en suis dépourvu, j’ai presque toujours droit à une exclamation du genre «vous avez bien raison», comme si j’avais eu la chance de naître, en plus de mes magnifiques yeux bleus, sans cette appareil dans ma poche. La soumission à l’injonction dictatoriale «il faut vivre avec son temps» est si forte qu’il paraît normal d’échanger un petit avantage (que le portable peut occasionnellement procurer) contre de gros inconvénients. Ainsi un article récent du Monde, après avoir décrit la désolation semée dans les cours et les esprits par l’addiction des adolescents, s’achève sur la très extraordinaire conclusion que ce n’est pas l’outil qui est en cause mais la manière de s’en servir.
Dans un texte blagueur , j’avais décrit un moyen pour les supermarchés de télécommander les clients par le moyen des portables. Entre temps j’ai découvert que la pratique était expérimentée. Nous n’avons pas fini de découvrir l’étendue des moyens d’asservissement et de manipulation que recèle cette saleté. Bien amicalement.

Portrait de Anonyme Eric Thuillier13.01.2013

Les mots «texte blagueur» était en principe affectés d’un lien vers le texte en question publié sur un site nommé «Reflets du temps». Je maîtrise mal la technique, pas étonnant que je n’aime pas les Iphone, je ne saurais pas m’en servir. La recherche « en roue libre Eric Thuillier » y conduit.

Portrait de Anonyme Michel09.01.2013

Même si l'on ne peut exclure les risques physiologiques, il est vrai que le téléphone portable est aussi vecteur d'une communication... très pointue.

http://midier.net/cerveau/portable.jpg

Mais doit-on blâmer l'outil?

Dans quelle mesure ce que nous avons à nous dire n'est-il pas généralement futile ?

Mais encore... On ne peut impunément remplir les cerveaux de publicités tarées, d'informations partielles et inutiles (je ne dis pas cela pour Culture, mais pour les media de masse plus envahissants)... On ne peut remplir de vide (soigneusement sélectionné tout de même) les cerveaux sans que cela ait un effet...

http://midier.net/pges/

Portrait de Anonyme ecosophe07.01.2013

Bonjour M. Naccache

Pourquoi continue-t-on à employer le terme de représentation? Selon ce que vous avez bien expliqué, la cognition est incarnée, et le corps entier participe, à travers l'action, à construire une histoire de couplage sensorimoteur avec notre environnement. Le terme de représentation induit à donner la prééminence à la vision comme filtre de la réalité, alors qu'il ne semble pas que ce soit ce qui se passe.
Merci de votre réponse

Portrait de Anonyme david07.01.2013

Merci Antoine Mercier pour la richesse stimulante de vos invités et des débats y afférant,et je repense à cette phrase de Mr Foessel :"nous ne sommes pas en mesure d'imaginer un autre monde que celui dans lequel nous sommes" !!!!.......
que voulait il dire???

Portrait de Anonyme Agata05.01.2013

Merci à Antoine Mercier pour ce cru 2012/2013 sur la crise.
Le temps devient morcelé, à la demande, individualisé lui aussi.
Mais de cette diversité sortira peut-être le nouveau, complexe et chaotique.
Notre temps humain est bien incapable de percevoir le neuf avant qu'il n'ait fait une ou deux générations d'enfants.
Agata

Portrait de Anonyme myosotis 3305.01.2013

Monsieur Mercier

merci de nous avoir donné matière à penser en ce temps de "non pensées" ou temps souvent vide de sens .Je souhaite que vous continuiez à nous proposer
des entretiens de cette qualité qui devraient nous donner des raisons d'espérer , ou de réveiller l'espérance " cette petite fille de rien du tout "
bien à vous

Portrait de Anonyme Authier François05.01.2013

Je voudrais pouvoir être capable de podcaster ces très belles émissions.
Comment faire ?
Merci

Portrait de Anonyme Barbara Weill04.01.2013

Tout d'abord merci à Antoine Mercier d'avoir présenté cette semaine de débats qui promettait d'être passionnante, mais qui n'a fait que nous confirmer dans ce que nous savions déjà : les universitaires ne sont pas des penseurs mais seulement des compilateurs, et leur défaut d'implication dans la vie réelle les rend incapables de formuler une proposition concrète pour l'avenir. Il aurait été préférable de discuter avec des maîtres spirituels, des prêtres, des magiciens, des délégués syndicaux, des artistes, enfin des gens pour qui penser est une nécessité et pas seulement une justification de leur salaire. Les débats auraient été bien plus profonds et bien plus intéressants.

Portrait de Anonyme Eric Thuillier05.01.2013

Votre remarque me paraît à la fois juste et injuste. Juste du point de vue de l’économie générale de la pensée, empêchée de produire par une complexification plus ou moins artificielle, plus ou moins liées au besoin d’isoler, de préserver des domaines de réflexion. Injuste envers les universitaires qui ne sont pas comptables du mésusage qui est fait de leurs fines descriptions du monde. Nous voilà au cœur du sujet : qui a le temps de collecter l’information et d’extraire de cet amas une idée, une forme qui se découpe sur l’horizon humain ? La complexité nous égare bien plus par sa superbe que par son contenu. Elle nous requiert en permanence sur un front mouvant, nous interdit la moindre construction, fait un usage simpliste, totalitaire, de son concept qui infuse dans toute la société et la rive à son impuissance.

Barbara retenez moi ! Après ce préambule j’étais à deux doigts d’entrer comme un âne dans un moulin dans une foule de considérations. Pour quoi faire ? Un des intervenant a parlé de l’obsolescence programmée des objets, ce qui leur assigne une certaine durée de vie contrairement à nos paroles que la société de communication imprègne d’obsolescence au moment où elles franchissent nos lèvres. L’abolition du temps c’est forcément la prévalence des objets sur la parole, du matériel sur le spirituel, c’est forcément l’effondrement d’une des composantes qui nous font humain.

Attendons plutôt la fin de l’année qui commence et une nouvelle série d’Antoine Mercier sans dire trop haut à quel point nous l’apprécions. Dans les organisations qui pèsent des tonnes on n’est pas fan des têtes qui dépassent.
Des tonnes ? Oui ! Comment peut on expliquer autrement que l’unanime demande des usagers de ce service public d’accéder au téléchargement de cette série ne soit pas entendue ? Le médiateur devrait nous éclairer sur ce sujet qui concerne directement les relations avec les auditeurs. Amitiés à tous et bonne année.

Portrait de Anonyme kercoz04.01.2013

}1 avec Barbara ...le fait de publier un bouquin n'est pas suffisant pour etre pertinent ....on a la sensation en lisant des livres plus anciens ( Bourdieu , Goffman , Lorenz , L.Strauss etc ...) qu'ils ont vécu trop tot .....on trouvait des dizaines d' idées ds un livre .....qui maintenant serviraient a en faire des dizaines ....
Navré de ce jugement négatif ..qui aime bien ...

Portrait de Anonyme daniel04.01.2013

bonsoir,

il me semble que l'autre jour philippe courcuff est justement rentré dans le concret ou plutôt c'est AM qui la poussé à parler de la création des universités populaires et de Lyon et de nîmes et ça j'ai trouvé que c'était bien q'un mâitre de conf mette de lui-même les mains dans le cambouis et qu'il en sorte deux outils, il me semble que c'est rassurant...car c'est dans ce genre d'iniative où les gens réaprennent et à se parler et à se voir différement que peuvent jaillir un inattendu... d'ailleur courcuff a parlé d'une de ces expée mis en place par lui avec un des ses goupes de philo de nîmes...
daniel

Portrait de Anonyme phiilppe04.01.2013

La lecture saute tout le temps !

Portrait de Anonyme philippe04.01.2013

Tout ceci est bien stimulant..."être à l'affut", "un monde à refaire...", ce qui vaut pour la société vaut pour soi, et si le sentiment d'impuissance pour ce qui est de la société semble inévitable, reste le plus concret ou sensible, proche, de soi, soi-même.
Le tempo, rythme actuel, avec le trop-plein, l'abondance de tout, d'informations par exemple, épuise les cerveaux, provoque la confusion... c'est le "burn-out", le "bug"...
...

Merci

Portrait de Anonyme Robert03.01.2013

Si je peux rassurer les vieux qui écoutent Cédric Lagandré, il n'y a pas que les vieux qui sont un problème technique. Comme le suicide qui peut être pressentis avant ou après le geste (voir Boris Cyrulnik sur le suicide des enfants), la mort peut être paisible comme un problème technique. Quel sont donc les problèmes techniques qui sont paisibles pour résoudre "une fois pour toute nos problèmes de mort " ? Les mathématiques dans le sens des techniques mathématique, des tracés, des formulations ou des problématiques. Sans raisons, Cédric Villani met en poésie les formules mathématiques, alors même que la géométrie et la rhétorique s'emboîtent l'une dans l'autre comme la main droite et la main gauche, comme si tout ce qui veut s'opposer, veut être considéré comme une volonté de compléter.

S'il ne va pas de soi que le monde soit fait pour l'humanité, il faut reconnaître que l'humain est une des rares espèces qui entretienne son essence féminine avec autant d'extrême... vraiment extrêmes !. La femme est-elle l'avenir de l'homme ? Sans doute à la condition de rendre permises les relations qui ne s'emboîtent pas. Que ces relations concernent l'homosexualité ou pas, les relations qui ne s'emboîtent pas continuent de s'opposer par l'intermédiaire de la pensée. Celle ci ne cesse de filtrer ce qui vient de l'extérieur pour limiter le mal qu'on lui fait et ne pas trop croire le bien qu'on lui veut. Comme du temps des pharaon , en assurant aux morts à venir d'être techniquement bien "pansé", nous résolvons presque définitivement notre bien pensé. La mort subite des enfants en très bas âge reste LE problème technique le plus absurde. Une solution technique nécessaire passe par la justification des maladies infantiles, voir même les maladies in utero. L'enfant en tant que totalité (Voir Jean Marie Delassus) possède en lui le droit de juger le jugement qu'on fait de lui : " vous n'm'avez pas bien regardé ! ? ! , ... Voulez vous bien que je vous dise : ça me rend malade ! ? " Et le bébé devient malade réellement.

Il nous faut donc bien repenser l'archétype, non pour vivre dans un système de préférence à l'image de nos systèmes informatiques, mais dans une histoire dont nous ne sommes qu'un des membres, qu'un des signes, qu'un des seigneurs. L'humilité s'impose ... humblement ! A l'image des blessures faites aux enfants à travers les symboles religieux ( immersion du baptême, circoncisions ...) nous pouvons imposer politiquement la reconnaissance des maladies infantiles comme étant le moyen laïc de faire avancer la culture. Ceux qui traversent leur enfance sans aucune maladie, sont en réalité amputé d'une expérience prodigieuse. Mais encore une fois, nous sommes à un moment de l'histoire des civilisations, où nous n'avons plus le droit de jouer (dans l'espace laïc) avec les émotions de ceux qui nous entourent. Les devoirs de tolérance doivent refaire partie d'une morale réimposée .

La crise de notre temps devient une réaction normale au passage de l'an deux mille. L'humanité est allée trop loin dans son empreinte sur la planète. Et la planète vit comme un objet doué de pulsion, d'humeur ou de phobie, un objet qui a beaucoup de mal à s'adapter aux rythmes des humains. Réaction opposée et complémentaire à l'adaptation des hommes à l'évolution de la planète. L'avenir dira si la pensée des hommes tolèrent celles des autres espèces et celle de la terre. Quels autres choix avons nous ? Merci.

Portrait de Anonyme Robert02.01.2013

S'il fallait répondre à la question comment nous faisons pour construire ces représentations, je vous simplifierais "mon" histoire affective en un archétype relationnel :

Une personne que vous connaissez de loin vous tend la main avec insistance depuis plusieurs semaine alors que ce n'était pas son habitude. Vous formulez une réponse de manière écrite : j'ai besoin de vous (ou de toi selon le cas) en conservant tous les brouillons qui décrivait le motif de ce besoin déontologique. Vu l'entourage de cette personne, vous décidez de donner le dernier brouillon sans aucun motif. Sciemment, vous ouvrez toutes les portes de REALISATION d'un des motifs et ... de bien d'autres également. Au bout de quinze jours la personne ne répond pas. Vous posez un deuxième courrier, puis un troisième, puis vous décrochez le téléphone en pensant qu'un malheur a pu survenir à l'entourage de cette personne. La personne vous répond texto : On était assez fier, mais on pensait que tu étais malade. A partir de là, vous êtes rassuré et vous détruisez tous les brouillons, sans penser que vous vous êtes coupé de justifications déontologiques.

Ma reconstruction de ces représentations est évidement une recherche de lucidité qui m'a fait prendre conscience du danger d'écrire tout ce qui me passait par la tête afin de savoir ce qu'il y avait sur les brouillons détruits. Mais le grand intérêt de cette étude personnelle, est la certitude de transformer nos représentations respectives et réciproques l'un de l'autre (ou les uns des autres) en un comportement créateur d'une émotion telle qu'elle bouleverserait fortement le corps de l'un d'entre nous, si ce n'est pas le corps de l'un d'entre nous qui générera une boule émotionnelle forte.

D'où ma conviction que L'humanité a besoin d'un média pour se "pardonner" ses erreurs, mais que le pardon ne peut pas et ne doit pas être donné (ou attribué comme une chose) par celui à qui on le demande. Cela correspond avec ce que Lionel Naccache pense du changement culturel d'un paradigme dominant de la représentation : Les représentations des corps sans vie des deux dernières guerres mondiales ont saturé la culture à tel point que les sources artistiques ont régénéré une jungle mentale dont nous nous nourrissons tous aujourd'hui abondamment.

Reste que nous sommes lourdement attachés aux concepts du monothéisme et qu'il est extrêmement difficile de pulvériser une seule source du bien (dieu) en une multitude de source dont le travail et la souffrance au travail. Nous restons donc attaché d'un côté au mot d.i.e.u. et de l'autre côté à une source de plaisir (ici l'écriture). Mais en remplaçant le mot dieu par une multitude d'énigme ou de mystère, nous pouvons assez facilement comprendre que même les mystères ne savent pas d'où il viennent ni vers où ils vont. Pendant qu'une représentation se fabrique, bien d'autres s'achèvent.

Si donc, la planète est devenue depuis 1967 une réalité bien plus émouvante que les autres planète observée d'habitude pour tous les habitants qui ont assez d'érudition pour "PRENDRE LA DISTANCE" et contempler la beauté de loin, il est tragique de dire que nous n'avons plus le droit de faire joujou avec l'émotion tout en ayant le devoir et l'honneur d'accompagner ces émotions, donc de reconsidérer chaque chose inerte en réalité mutante. Si la réalité augmentée peut se justifier pour contenir nos émotions millénaires, est ce que ces représentations vont calmer ou exciter nos relations ?

Portrait de Anonyme siggie doe02.01.2013

en écoutant Lionel Naccache, qui nous donne le plaisir de savoir qu'il y a des chercheurs médecins "honnêtes hommes"

- j'avais réalisé une expérience dans ma jeunesse, raser la moitié de ma moustache ; en arrivant au restaurant universitaire, j'avais remarqué deux types de réaction, ceux qui me fréquentaient souvent n'arrivaient pas à caractériser ce qui avait changé, les autres identifiaient la modification assez rapidement

- que pensez-vous d'une description du psychisme où le traitement serait fortement modulaire et que la collaboration entre ces composantes aboutirait à avertir ce qui serait la "conscience" qui ne serait qu'une superstructure, cette description se limitant à l'activité hors du sommeil ?

- les représentations me semblent contingentes à sa propre culture localisée dans le temps et l'espace ; je joue à provoquer le consensus (d'adhésion, voire de révérence, scientifique) sur la sphéricité (approximative) du géoïde, en me servant des incompétences fréquentes des non-mathématiciens sur certaines propriétés de la sphère

Portrait de Anonyme julio béa02.01.2013

Pour construire une situation il faut plus que du présentisme superficiel et sentimental, il faut donc une véritable culture. L'énarchisme est entretien des réseaux et c'est aussi un présentisme qui entretient le catastrophisme paresseux. Les Lumières sont cohérence donc connaissance; toute retour religieux est facilité qui refuse la réalité. D'une certaine façon, le fonctionnement en réseau et le fonctionnement politique est lui aussi religieux et paresseux : surtout éviter les questions qui risquent de déranger le ronronnement des réseaux où on se sent valoriser et bercer. Toute pratique culturelle nouvelle est par intellectuelle donc dangereux. Bref la crise est un environnement de sables mouvants que les fortunés en place - et les moins fortunés mais profitant d'une situation stabilisée donc jouissive - entretiennent car ils en tirent leur position supérieure. C'est médiocre mais stabilisé dans la médiocrité. Des propositions constructives ? Pas question, toute stabilisation dévalue les clowns en chaire. La crise nait de l'entretien des sables mouvants à l'aide de langage creux, de vide sémantique.

Portrait de Anonyme Michel02.01.2013

Oserais-je suggérer à Mr Naccache, dans ses recherches sur la manière dont nos représentations de la réalité peuvent être conservées, transmises, etc. de s'intéresser à notre LANGAGE ?

Il me paraît très probable que c'est par le langage que nous "synthétisons," que nous "indexons" nos représentations, grâce à ces symbole très simple que sont les expressions verbales.

"Le mot n'est pas la chose," mais un "index" à partir duquel notre système nerveux retrouve un ensemble de stimuli stockés.
Il peut arriver que ces stimuli soient des représentation de la 'réalité' mais aussi des représentation de ce que nous supposons/imaginons de cette 'réalité'.
Bien à vous.

Et une bonne année! ;)

Portrait de Anonyme Comte de Sué04.01.2013

Puis-je vous suggérer, à vous qui suggérez à Lionel Naccache d'accorder plus d'importance au langage, d'analyser de plus près le discours de Naccache, en lisant l'ouvrage que lui a consacré Zefiro, sous le titre "Pas d'érection pour le nouvel inconscient" ? Vous pouvez avoir un aperçu de ce livre sur le site amazon.fr (lien de la page : http://www.amazon.fr/Pas-d%C3%A9rection-pour-nouvel-inconscient/dp/12910...).

Portrait de Anonyme François Jéru02.01.2013

Vous visez juste mais il s'agit d'une tâche insurmontable
Quelle idée vous faites-vous de ce que deux mots - par exemple monnaie ou démocratie - déclenchent dans mon cerveau ?
1/ Le mot 'monnaie', déjà seul, est une erreur colossale qu'il faudrait éviter de commenter ou de mettre en titre d'un livre
2/ Actuellement sous le régime FED-Euroclear-BIS (supra_G20, cosmofasciste) le mot 'democratie' est une farce grotesque
Il faudrait une immense tragi-folie façon Rabelais et Cervantès pour tenter de faire saisir de quoi il retourne

Portrait de Anonyme Robert01.01.2013

Entièrement d'accord avec Philippe Corcuf. Non seulement la crise, c'est d'éviter la crise, mais c'est aussi de saisir la frugalité de nos déchets (échange, revente, produits d'occasion, remariage, pacs, homosexualité, homoparentalité ). L'intérêt est fondamentale, la crise redonne du sens aux choses, et restitue un sens de transmission de la confiance grâce notamment à l'aberration de la spéculation. Fabriquer de l'argent à partir d'argent, c'est quand même réaliser une réserve énergétique dont personne ne peut imaginer qu'elle desserve la planète. Une bulle financière peut être aussi utile à ceux qui savent la fabriquer qu'à ceux qui n'ont aucune culture, aucune relation, aucune formation intellectuelle, religieuses ou familiale. L'obsolescence de l'argent pouvait-elle être programmée ? Merci. Robert Saint Martin.

Portrait de karen.lerique@wanadoo.fr karen.lerique@w...01.01.2013

Merci pour ces discussions absolument passionnantes. Tobie Nathan est un génie. A quand le podcast? - faudrait pouvoir les réécouter n'importe où n'importe quand!

Portrait de Anonyme Monique Ducellier01.01.2013

Un beau rêve pour la nouvelle année: Antoine Mercier nommé directeur de France-Culture... Ah, comme la possibilité de penser dans toutes les directions (et non plus dans une seule) retrouverait alors droit de cité sur cette chaîne!
Merci à lui pour la conduite de ces entretiens, ainsi que pour la constante qualité de ses journaux, au service desquels il met toute la profondeur de sa réflexion et l'étendue de sa culture. Et tout cela sans jamais quitter la posture de discrétion et de retrait, qui est bien la marque des êtres vraiment intelligents.

Portrait de Anonyme Roland LILIN01.01.2013

Bonjour, et grand merci pour ces entretiens fort intéressants.

Mais pourquoi tant d'obstacles ???

...Je viens de perdre une bonne demi-heure pour retrouver cette page, car en entrant sur la page du programme du jour pas un mot ni lien ( http://www.franceculture.fr/programmes/ ) et sur la page du journal non plus !!!!! ( http://www.franceculture.fr/emission-journal-de-12h30 ).

Je peste d'entendre à longueur de journée ce rappel répété à la consultation du site – très probablement une consigne qu'ont reçu tous les présentateurs (jusque même René Frydman !!) tant elle finit par être ridicule (comme si chaque auditeur de chaque émission est un nouvel auditeur venant de découvrir votre radio !!! ...et que les auditeurs fidèles sont des débiles profonds à qui il faut le répéter quinze fois par jour et ceci tous les jours de la semaine !!!).

Alors quand, après ces annonces à longueur de journée on a besoin de consulter, parce qu'alors la consultation du site a du sens (rattraper une absence ou noter des références), rien de plus irritant que d'échouer a cause d'une ergonomie déficiente !

De même, combien de fois faut-il attendre plusieurs heures après une émission pour connaître le nom des intervenants ou du sujet ??? Il faut alors penser à noter sur un papier et revenir le soir ou le lendemain pour relever les infos !!!!!!

Très pratique !!!

Passez la consigne à vos dirigeants et à vos collègues des autres émissions qui répètent la même invitation à visiter le site : ARRETEZ !!! nous ne sommes pas des abrutis ...et faites d'abord le ménage sur le site, vous serez moins ridicules.

Au moins je n'aurai pas à envoyer des messages à d'autres émissions qui souffrent des mêmes anomalies (probablement pour les mêmes raisons structurelles de Radio-France).

Longue vie à vos émission et votre travail, mais pitié, faites bouger votre structure !!!

cordialement,
RL

Portrait de Anonyme Kercoz30.12.2012

@Miguel :
"" Toute interaction est une "prise de risque" ...risque de perdre la face ou faire "mauvaise figure" ....disait Goffman .
Les process technologiques, s' ils permettent de "booster" les interactions , en suppriment l' affect et le risque .
Dans le modèle qui nous a formaté, il n' etait pas possible de changer de pseudo ni de quartier....
En fait le problème est structurel et non idéologique ...L' Ubris , comme le consumérisme sont freinés ( inhibés)par la structure morcelée culturellement endogame .....la nécessité de l' hypertrophie des groupes ( pour des raison d' hyper-profit) a induit l' explosion des groupes et des interactions ,...jusqu' à dividuer l' individu .....
Une des invariantes dont vous parlez est la structure morcelée , fractale...la complexité /th. du chaos .
Bravo aussi pour le concept de l' autorégulation ....( Prigogine ) ...et de la nécessité du "gachis ( Georges Batailles "la part Maudite").

"" ds les systèmes naturels , le "bruit" est constituant du signal ....dans les systèmes humains ( technologique ou économique), le "bruit" perturbe puis detruit le signal""
La morcellisation des groupes ( en usage ds tous les systèmes vivants)permet de conserver l' alterité qui s'use qd on s'en sert dans les systèmes globalisés -centralisés .
Merci a vous pour votre lucidité .

Portrait de Anonyme daniel30.12.2012

bonjour,
tout d'abord merci à france culture et antoine mercier pour cette nouvelle série d'entretiens et de réflexions.. elles permettent, je crois, de mieux comprendre ce temps qui se déploit autour de nous...et dans lequel je suis un acteur comme beaucoup...
merci aussi à antoine mercier pour cette simplicité à mener ces rencontres ... les rires ou parfois des mots plus usuel ( emmerda..) en sont une déco naturelle!!! qu'il est agréable aussi d'entendre.
je me permets aussi de sortir du sujet pour remecier antoine mercier( encore) de l'écriture avec v de gaulejac du "manifeste pour sortir du mal être au travail". je suis militant syndical trés senssibilsé par tous ces pb de santé au travail et donc votre livre est appréciable par sa présentation synthétique et étayée mais aussi de par les solutions qu'ils proposent. Pour tout vous dire j'essaye de le faire acheter aux membres des CHS CT et du bureau national de mon syndicat... c'est pas gagné mais cela sera débattu lors d'un prochain Bureau national en janvier.... pour vous dire donc que votre implication avec v de gaulejac servira,j'esère, aux gens de terrain...
je terminerai en revenant au sujet du temps en crise ou crise du temps pour un témoignagede de terrain...où il est vrai que l'on voit changer le temps ( météo) ou les temps ( de la vie) à une vitesse vertigineuse , où tout ces temps semblent se contracter , se superposer, se mélanger, s'interpénetrer...se dégrader
dans le métier que je fais ( je suis garde forestier) il en est de même:ce qui prime c'est le temps court et même trés court au point que d'ailleurs nous allons être doter arbitrairement maintenant en téléphonie mobile... cerains résitaient pour garder un peu de temps long pour pouvoir respirer encore un peu... heureusement qu'il y des collines, des montagnes et que les ondes parfois se perdront dans m'immensité du temps sidéral...
Bien sur,au delà des outils ntic, il est aussi possible, dans mon "encore métier" de décontracter le temps et de l'étirer, de le voir de le palper , d'en mesurer la réalité mais aussi de l'imaginer dans le futur et c'est trés agréable comme par exemple quand vous commencez à rédiger un projet de sylviculture forestiere: de remonter le temps pour voir ce qu'on fait les collègues avant vous dans la forêt que vous gerez et là il vous arrive ( dans mon coin en tout cas) de remonter aux années 1660 /1670 assez facilement et à partir de là vous recontruisez la marche du temps... mais on peut aussi se projeter dans le temps de devant soi en imaginant le devenir de quelques arbres que vous allez planter, 100 , 150 voire 200 ans...
le temps est long des deux cotés donc...
cependant prendre du temps pour la première partie ( dépiauter les archives) devient maintenant une désobéissance caractérisée... quand à pouvoir imaginer sur le long terme cela est devenue une rêverie hors du temps... d'où l'interêt de votre manifeste sur les pb de santé au travail....
amicalement,
daniel

Portrait de Anonyme Rodriguez30.12.2012

Si l'apocalypse est la révélation! Que savons-nous que nous ne sachions déjà?
Si la crise est la faculté de distinguer! Que distinguons-nous au bout du tunnel?
Si le traumatisme est l'action de blesser! Qui nous blesse?
& si Mnèmè, la personnification du souvenir, est la mère des Muses! Pourquoi ne veut-on plus lui rendre hommage?
L'éthique devrait présider! Mais que peut-elle? Quand taper dans un ballon ou tenir une louche vous propulse au sommet de la gloire! Sans parler de la sommellerie ou de la chanterie...
Qui? Quand? Comment? Pourquoi?
Poser de simples questions comme le faisait Socrate nous aiderait mais on nous bassine avec l'Enéide éternelle sans nous dire que c'est une commande du 1° Empereur Romain!
Sans passé nous fragilisons l'avenir.
Sans connaissance nous fragilisons le présent.
Sans avenir nous nous en remettons à des charlatans...
Ce matin le Métropolite se lamentait de la disparition des chrétiens d’orient à qui nous devons la base de notre civilisation...

Portrait de Anonyme Kercoz30.12.2012

Je vais me permettre de contredire Nicole Aubert , en la priant de m' en excuser .
La "visibilité" me parait plus lié a la structure des groupes qu'au problème du "temps" .
Un des caractère sur lequel les sociologues n' insiste pas assez ( Malgrés Bourdieu et Goffman ) c'est la rigidité comportementale transhistorique .
Notre comportemental possède une rigidité forte , meme si une certtaine élasticité est possible ( et necessaire)....L' optimisation idéalisée de l' individu doit etre recherchée dans le "moule" ou il s'est formaté en symbiose avec son groupe de référence .....
Cette modélisation optimisée est contrainte par cette "histoire" et l' affect en est la variable principale ....ce qui induit un nombre optimum d ' individus que les spécialiste estiment à 60 / 100 individus , ...nombre rendant possible les interactions entre acteurs .
Les besoins physiologiques satisfait, le seul truc qui nous intéresse c'est la valorisation de notre ego ( FACE) ou la confirmation de cette valeur ( Rites interactifs de Goffman)...
Pour rejoindre l' approche de Miguel Benasayag, Pour etre reconnu ( visible) , il faut etre connu , ...et on ne peut etre connu que ds un groupe restreint .
Ce qui implique une structure de groupe morcelée , fractale et non hypertrophiée et centralisée .
On rejoint ici a la fois les concepts d' auto-organisation de la th. du Chaos ( Prigogine) et les theses structuralistes -Naturalistes versus le constructivisme catastrophique actuel .

Portrait de Anonyme Kercoz30.12.2012

Bonjour ...Merci pour vos émissions que je me proposais d' écouter , le sujet etant majeur .
Je m' étonne au préalable de ne pas voir d'intervenant économiste ou mathématicien .
En effet, il me semble que le "temps" , est une variable omniprésente dans nos activités .......Si l'on veut tenter de modéliser un de nos systèmes d'interaction , notamment l' économique , on se retrouve avec des equa complexes , differentielles , dont chaque variable est le plus souvent affublé du multiplicateur "t" .
Faire tendre cette valeur vers "zero" , ce que fait ce que nous faisons par l' usage des technologies , c'est faire exploser l' equation vers zero ou l' infini .
Que cette évidence ( Bac moins 2) ne soit jamais évoquée montre le ridicule de notre arrogance .
Puisque nous avons un historien, rappelons que les règles économiques , monétaires ont été établie lorsqu"il fallait 12 jours pour communiquer ou aller de Bayonne à Madrid ( F. Braudel)

Portrait de Anonyme françois30.12.2012

merci, merci, merci aux habitants de cette radio que j'écoute, que je goûte et à qui j'écroute ces morceaux de sens ...

La loi log-périodique des mathématiques, déclarée universelle en 2008 montre et démontre que si"l'hitoire ne se répète jamais", par ailleurs toutes les histoires répliquent la même forme. En d'autres termes, chaque réalité à sa montre propre mais les proportions des rouages internes de toutes les montres sont toujours identiques.
Ainsi, pour une fleur comme pour un cheval, pour les dynosores comme pour les abeilles, en nano comme en macro... et dans l'hitoire de chacun, le dévelloppement de l'ongle chez le cheval sur des millions d'années, comme le dévelleppement des dominicains du catholicisme sur plusieurs siècles ou des politiques économiques depuis un siècle et demi en occident ...

Le temps est de ce point de vue circulinéaire et les crises ne sont que l'annonce d'une nouvelle dimmension de, par, et dans l'évolution, d'une nouvelle interprétation de l'environnement, toujours plus fine, plus intelligente ...
" Le non sens précède le nouveau sens"
Quand à la sensation d'accélération du temps elle a en effet une visibilité chrono schématique mais c'est plus subtile que ça ...

Passionné par la théorie mimétique de René Girard, j'ai découvert cette loi en comparant des textes fondateurs écris à la pointe de l'oralité "des" néolithiques, pour être plus précis. En observant leurs interprétations communes DES temps et non pas DU temps, j'ai découvert qu'ils connaissaient
tous cette loi tant et si bien que .... entre autre ...

"à la réplique, à la ressemblance " de leur transmissions jusque là principalement orales, elles même à la réplique à la ressemblance de leur savoir être au monde, ils ont écrits. Ce qui fait que la forme de la pensée de ou des auteurs, réplique et ressemble terriblement à la "Forme universelle" dixit la baghavad gità de l'indouïsme; chapitre 11 ; que nos sciences mathématiques nomment loi log périodique.

Homage ! à André Chouraqui et sa traduction d'un presque mot pour mot directement de l'ébreu en français: translittération de la bible parce qu'ainsi, structure gardée, forme pensée gardée ...à la réplique à la ressemblance de ...
conséquences: si le texte réplique la forme universelle, il est donc en mesure de translittérer l'histoire de toute réalité !!!

Au milieu des hivers, entre les fêtes religieuses et entre les fêtes laïques, c'est une agonie et c'est une naissance entre les sciences modernes et entre les sciences des traditions religieuses, spirituels ...

Tranlittéractions de l'évangéliste Jean chap. 1 V1 à V4(Chouraqui)

L'existencialiste ... ?

1/ Inné, lui, le néant et le néant est pour l'être
2/ et le néant est l'être, il est inné pour être.
3/ Tout devient par lui. Hors de lui, rien de ce qui advient ne devient
4/ En lui est le sens et la sens est la lumière des hommes.

Sur 1/ et 2/ vous noterez trois trilogies de mots en quinconces: néant, être et est; une seule phrase sur deux versets. C'est une interprétation spatial ou instantanné de la morphogénèse d'une réalité; identique à celle de l'atome. imaginez les deux trilogies de quarks, proton neutron, et l'électron qui s'y tient comme le verbe "est".
Dans le texte suivant, l'interprétation est chrono schématique c'est à dire temporelle, de la morphogenèse d'une réalité. Chronoschématiquement la forme universelle est facile à visualiser: c'est la forme de déploiement des quatre forces d'interactions de la physique fondamentale modèle standard, évidament ... là une phrase sur deux versets, avec trois virgules et quatre segments de phrases ...
Une lapalissade !

////////////////// VEGETALE 2ème segment
verset 2/VIE //
// // //////////// ANIMALE 3éme segment
// /////////
MATIERE/phrase ////////////// HUMAINE 4ème segment renouveau
//
////verset 1 ////////////////////// MINERALE 1er segment

Genèse chapitre 1 versets un à cinq (Chouraqui)
Translittération d'une genèse du temps.

Temporaliste donc ...

1/ Innée, l'Êtres créait les espaces et l'instant matière,
2/ l'instant matière était advenu et devenu,
une absence sur la faces de l'éternité,
mais l'expire du non né spiralait sur les faces des possibles.

3/ L'Êtres dit: " un devenir sera!"
Et c'est un devenir.

4/ L'Êtres voit le devenir: quel vision !
L'Êtres sépare le devenir de l'absence.

5/ L'Êtres crie au devenir: " Futur"
A l'absence, il avait crié : "passé"
Et c'est une fin en soi et c'est en soi un commencement.

L'écologiste ...?

1/ Entête, elle, la graine et la graine est pour la plante
2/ et la graine est la plante. Elle est en tête pour la plante
3/ Tout devient par elle. Hors d'elle fruit qui advient ne devient.
4/ En elle est la vie et la vie est lumière du potager.

Humaniste ... ?

1/ Entête, elle, la tradition et la tradition est pour l'évolution
2/ et la tradition est l'évolution. Elle est en tête pour l'évolution.
3/ Tout devient par elle. Hors d'elle, culture qui advient ne devient.
4/ En elle est la vie et la vie est la lumière des fils du singe.

Humoriste cafouilleur... ?

1/ En lettres, lui, le verbe et le verbe est pour l'être
2/ et le verbe est lettres. Il est en lettres pour l'être.
3/ Tout deviend par EUX. Hors d'EUX, mot qui advient ne devient.
4/ En CE est le sens et le sens est la raison d'être de la pensée.

Le Bouddisme tibétin interprète aux travers des enseignements sur les quatre bardos(le livre tibétins de la vie et de la mort/Sogyal rimpoché) qu'il s'agit ni plus ni moins de la forme de la pensée elle même. J'adhère.

La loi log périodique s'applique à elle même; aussi est-elle périodiquement réinterpétée ou redécouverte. La différence avec les fois précédantes, c'est que cette fois-ci elle sera connue de tous et tous n'entendrons plus le temps comme nous.
Par elle et comme promis par ses témoins passés, tout sera de nouveau redimmensionner.
Mais bon, vu l'bazar, On s'en doutait un peu ...
Attention ma démarche est laïque ! je ne crois pas en l'autosuffisance narcissique d'aucune personne groupe institution ou autre machin humain. D'ailleurs moi le moi!
moi!?
je, n'y croit pas.

J'invite donc les bons entendeurs comme les mauvais, à méditer sur cette loi log périodique universelle et les concéquences de cette découverte sur les faces du devenir.

Enfin, en vous remerciant de m'avoir suivi jusque là;
Autodidacte, ça fait huit ou neuf ans que je rumine ce sujet.
Complètement hors milieu je cherche des conseils pour trouver un éditeur sérieux, ouvert aux travaux non universitaires et non asservi au désir de l'avoir ... le père noël ...

Ecouteur addict, fils du singe et de radio france

Merci

Aux fêtes,
l'univers n'a pas de début,
c'est juste une fin en soi.

Portrait de Anonyme alice bach28.12.2012

Merci pour ces entretiens passionnants ! Vous devriez créer un groupe de réflexion pour animer les journalistes à réfléchir à des solutions constructives pour la société. On ne trouve des journalistes constructifs que sur France Culture.
Merci encore d'exister et d'aller un peu...à contre-temps

Portrait de Anonyme Eric Thuillier30.12.2012

Je profite de votre intervention pour rappeler à ceux auxquels l’information aurait échappé qu’Antoine Mercier est engagé dans une « réflexion pour proposer des solutions constructives pour la société » que vous appelez de vos vœux, il vient de publier en collaboration avec le sociologue Vincent de Gauléjac, au édition DDB, un «Manifeste pour sortir du mal être au travail » . Je ne l’ai entre les mains que depuis hier, l’introduction est remarquable et répond tout à fait à votre demande de rendre l’information constructive au sens le plus concret du terme.

Ensuite que deviennent de tels livres ? C’est là que la question du temps se pose avec cruauté. Les idées sont des propositions de fécondation du monde, elles ont besoin d’une gestation. Neuf mois semblerait raisonnables non pas pour les rendre actives mais au moins indiscutablement présentes. Notre malheur est que les idées semblent toutes destinées aux fauches couches, nous disposons tout au plus de deux jours pour en parler (réalité peut être destinée à fournir un modèle dans tous les domaines, avec la GPA il est possible d’imaginer des organisations adeptes du flux tendu capable de vous fournir un bébé sous 48 heures). Le rapport Jospin, le rapport Sicard, qui dans une société équilibrée, désireuse de se prendre en mains, devraient rester exposés plusieurs mois, sont emportés dans le flux de l’information, sont comme envoyés directement à la décharge public, sans même passer par la case recyclage. On nous rebat les oreilles avec les merveilleuses capacités d’Internet mais où sont les forums permanents pour exposer et débattre des idées de Lionel Jospin, du Dr Sicard, d’Antoine Mercier ?

Portrait de Anonyme nicolas w28.12.2012

J'ai fait une belle ballade au bord de la mer cette après midi en méditant tout ce que vos invités ont pu dire. Merci et bravo pour le choix des invités et des questions , grande qualité.

Portrait de L1X L1X28.12.2012

la saltation est translation soudaine, apte à opérer la métanoïa, transfert d' une existence basée sur le cérébral vers celle délivrée de la dictature de la cogitation, centrée grâce à la non pensée sur le coeur à l' oeuvre en silence et suite au renoncement à la compétition pour devenir quelqu'un, alors la vigilance à la condition d' impermanence du vivant invite à l' économie des règles figées afin d' adopter l' imprévisible adaptation aux conjonctures et gagner rien d' autre que les concours... de circonstances patiemment écoutées et observées jusqu' à la présence de leurs tournures favorables, libéré de la course pathologie issue de la prétentieuse illumination de la mystique civilisatrice qui au nom de l' anthropocentrisme assassine les cultures soient disant inférieures par leur égalité avec les autres races végétales et animales, et elles encore non prisonnière du temps à occupé, non esclaves de l' heure à rentabiliser, et les amérindiens, tibétains disparaissent sous la barbarie des conquérants avides d' argent pour pavaner dans le luxe face aux déshérités affamés.

Portrait de Anonyme françois31.12.2012

l'expérience est encore plus soudaine que la phrase est longue .

Portrait de Anonyme Eric Thuillier28.12.2012

On aimerait bien prendre le temps de disserter longtemps sur le temps. Mais outre que le temps manque pour le faire, comment ne pas être saisi par la crainte d’abuser du temps de ceux qui prendraient la peine de nous lire et d’agresser l’œil de ceux que la simple vue du format d’une contribution proportionnée à un tel sujet détournerait de la lecture, nous laissant avec le sentiment que nous avons perdu notre temps.

Il me semble que la crise du temps est un élément premier, à la fois effet et cause, du temps de crise qui n’a pas attendu les «nouvelles technologies» pour se manifester. Le téléphone, la vitesse des déplacements, l’instantané de la radio puis de la TV nous ayant déjà orienté vers une perception altérée du temps de laquelle découle une perception altérée de l’être. Le fait de pouvoir dire «l’être» est en lui même un point d’intersection entre l’espace et le temps, entre la matière et l’esprit et des couples qu’ils forment espace et matière, temps et esprit. On sait bien qu’ils sont indissociables mais si nous n’avions jamais réalisé d’une manière propre aux humains cette partition impossible nous ne serions pas là pour en parler. On peut donc en parler et dire que si l’espace est la niche écologique de la matière dont elle ne peut pas ne pas tenir compte, le temps est la niche écologique de la conscience et que le rétrécissement du temps se répercute sur cet hôte si improbable et si miraculeux. Au moment ou nous aurions besoin d’élargir la conscience pour savoir comment continuer à occuper l’espace dans des conditions viables, la voilà rétrécie à la taille des nanosecondes, rendue inapte à construire une pensée, et s’engraissant jusqu’à crever de la pensée du monde par les objets.

Jusqu’à crever mais pas crevée encore et remplie d’un devoir d’optimisme.
Il n’y pas deux moyens utiles d’utiliser Internet mais un seul, celui qui consiste à prendre le temps, à profiter des possibilités d’expositions de longue durée pour construire, pour contrer l’usage banal, commercial, de l’instantané. Nous n’en sommes pas là, il va falloir passer sur les discours forcenés des moulins à paroles (moulins qui tournent à l’envers, qui ont perdu de vue que la farine est leur objet et non leur sujet), attendre avec patience que 0.001 pour cent de la population, puis 0.01 pour cent embrasse le temps, prenne dans ses bras ce qui est juste à coté d’elle et le reconnaisse comme frère. A partir de 1 pour cent la cause sera gagnée car 1 pour cent de la population qui saurait ce qu’elle veut, qui s’extrairait du tourbillon permanent du temps à la sauce instant, disposerait d’un grand pouvoir.

Le 19 avril 2011, j’ai adressé a Espace Public, site de Radio France, qui propose dans sa déclaration d’intention d’ouvrir des débats sur la demande des auditeurs, des propositions qui visaient à maintenir à la surface de l’information, par le biais de cet outil décalé du rythme quotidien, des sujets qui le méritent. Ce message se concluait ainsi :

Ces deux propositions découlent d’une même obsession personnelle : travailler à rendre légitime le temps long, c’est à dire le temps tout simplement, non pas contre l’instant mais en contre point à l’instant. A tort ou à raison je crois que c’est une nécessité vitale pour l’équilibre des individus et des sociétés. Je crois que l’espace public en même temps qu’il introduit les auditeurs – sans la désastreuse introduction directe dans les programmes – dans un bien commun, pourrait aussi avoir une fonction semblable à celle des avertissements sur les paquets de cigarettes (et avec peut être une efficacité similaire) qui dirait quelque chose comme «Attention la consommation excessive d’informations tue la conscience, prenez le temps de réfléchir»

Jusqu’à présent Espace public pas trouvé le temps de me répondre.

Un grand salut à l’excellent Antoine Mercier. Je ne découvre qu’aujourd’hui cette série et n’ai pas eu le temps de l’écouter, je vais le faire avec le vif regret de ne pouvoir le faire dans ma voiture par le moyen du podcast, c’est là que je dispose d’un temps très favorable à l’écoute. Je ne comprends pas ce qui s’oppose à la mise à disposition par ce remarquable moyen qui laisse le temps d’écouter des émissions plusieurs jours ou plusieurs mois après leur diffusion.
Il serait peut être temps…

PS : j’ai bien noté les solutions proposées pour la capture des émissions. J’ai tenté l’année précédente et il s’en est suivi de grands désordres sur mon ordinateur (qui il est vrai a fait son temps).

Portrait de Anonyme danymoulia28.12.2012

.merci pour cette nouvelle et passionnante série de réflexions sur" temps de crise - crise du temps" : choix des invités ,pertinence des relances d' A. Mercier ,qualité d' une réflexion approfondie et stimulante qui a (enfin!) le temps de se développer pleinement et librement , possibilité de croiser les approches et les disciplines ,incitation à lire les textes de référence ...donc vraiment tout ce qu' on attend de France Culture ...A bientôt ...

Portrait de Anonyme Jean-pierre L28.12.2012

la pensée complexe c'est bon à la première écoute, il est bon de pouvoir y revenir à tête reposée, nous sommes bien d'accord, le service public ne nous facilite pas toujours la vie numérique hélas

alors pour "capturer" ces fichiers audio sur mon mac (pc connais pas)
ouvrir firefox, installer un module du genre Downt Them All ou un autre comme
Down Laod helper bref un module de télé chargement de fichier (mp3 ou autres)

si vous ouvrez la page sans lancer la lecture le module ne "trouve" pas le fichier audio mp3, mais seulement des liens (c'est du flash)
ouvrir la page et lancer la lecture puis utiliser le module de chargement de fichier audio mp3
c'est tout
bonne écoute et réécoute
ces voix résonnent dans ma vie comme autant d'échos à ce que je pressens du présent, sans pouvoir , parfois , mettre les mots appropriés
c'est écoute est donc jubilatoire
la métamorphose qu'évoque Tobie Nathan, est peut être le passage obligée pour notre espèce toute entière à défaut nous serions bloqués à ce stade pas très brillant (violence ancestrale + techno science = néo barbarie)
merci Antoine

Portrait de fabian.clement fabian.clement28.12.2012

Les divagations linguistiques de Claudia Moatti méritent d'être réfutées : cette invitée s'appuie sur des remarques assez justes mais elle les tord et les déforme à sa guise de manière idéologique pour leur faire dire n'importe quoi.

1- Oui la confusion conditionnel - futur est réelle, mais à la première personne seulement ! (Que Mme Moatti compare seulement les autres personnes de ces conjugaisons). Et ce n'est pas le futur qui est en perdition mais le conditionnel qui n'est pas toujours bien maîtrisé par l'ensemble des locuteurs.

2- Les noms transformés en verbes ... sont un phénomène déjà observé en latin et en grec ancien ! puis au Moyen Age, et à toutes les époques en fait ! Il s'agit d'un mécanisme essentiel de création lexicale.
oeuvre, oeuvrer / travail, travailler / magasin, emmagasiner / usine, usiner / impact, impacter ...
La langue allemande a pris ce procédé du français tel quel : telefon, telefonieren avec notre terminaison du 1er groupe : reparieren, funktionieren, ...

3- La syntaxe malmenée est de toute époque ! Nous n'avons pas une langue mais au moins deux, voire plus : langue orale familière, langue orale soutenue qui n'est que le parler selon le modèle d'une langue écrite toujours plus savante que la langue orale (exception : l'oeuvre romanesque de Céline).

Il est désolant de voir Mme Moatti appuyer son prêchi-prêcha anti-anglosaxon, vaguement nouvelle gauche ou altermondialiste, sur des considérations linguistiques orientées de manière réactionnaire (la langue fout le camp, au secours Etiemble, revenez dénoncer le franglais, etc etc).

Comme le disait si bien André Martinet, une langue évolue parce qu'elle fonctionne.
Ces évolutions sont observables en direct mais non prévisibles : l'allemand, le russe, ... ont gardé des déclinaisons héritées de l'indo-européen, mais pas le français (à l'exception des pronoms personnels et relatifs).
Les langues romanes ont créé un conditionnel qui n'existait pas en latin ni en grec !
Les barbarismes et solécismes d'un jour peuvent devenir plus tard la norme de la langue, etc etc.
Observons les langues en linguistes et non en idéologues : simple rigueur scientifique.

Portrait de Anonyme Claudia Moatti29.12.2012

Cher Monsieur, je vous remercie de votre attention. Vos remarques sont très intéressantes, mais vous ne tenez pas assez compte de l'historicité des changements.
Par ailleurs, je ne suis en aucun cas anti-américaine: j'enseigne avec bonheur aux Etats Unis, j'aime énormément la langue anglaise, ce qui ne m'empêche pas de constater l'influence de ses tournures et de ses caractéristiques sur le français. Je ne me plains pas non plus de l'évolution de la langue, mais cherche à analyser ses transformations.
Enfin, comme je l'ai dit tout haut, je m'inspirais d'un texte auquel je vous renvoie pour plus d'information car il est précédé d'une "description de la langue française" qui me semble de quelque intérêt pour toute discussion de ce genre: Alain Borer, "Sauve qui peut la langue française", dans Défense et illustration de la langue française, ouvrage collectif à paraître aux éditions Gallimard en mars prochain.

Cordialement
Claudia Moatti

Portrait de Anonyme Eric06.01.2013

Bonjour,
J'avoue ne pas avoir bien cerné le rapport entre évolution lingustique et la crise du rapport au temps. Oui, la langue évolue mais dans les exemples que vous avez pris, je vois davantage l'évolution de la langue inscrite dans des principes thermodynamiques, c'est à dire évolution vers un minimalisme, une minimisation de la dépense d'énergie nécessaire à nous faire comprendre, idée que j'avais entendu de Noam Chomsky et dans laquelle ce dont vous avez parlé s'inscrit davantage pour moi.
J'imagine que vous connaissez ses travaux mais si tel n'est pas le cas, je pense que ça pourra vous intéresser.
Bien cordialement,

Portrait de Anonyme IWF28.12.2012

Et dans France Culture Papier ne pourrait-on retrouver ces petits "temps de crise"?

Portrait de Anonyme lelou27.12.2012

Je me sens de + en + bisexuel ou bisensuel ?
pris entre Antoine et Myriam (que j'aaaaadore!!)
vous ne comprenez-rien dommage pour pour vous !!

Portrait de Anonyme Macaron27.12.2012

Excellent, à l'exception de Benasayag, parfaitement incompréhensible. Bravo à Antoine Mercier, qui sait si bien servir d'intermédiaire entre le savant, invité, et l'ignorant, que je suis, et toute mon admiration à Tobie Nathan, dont la pensée aigüe le dispute à la simplicité de son expression.

Portrait de Anonyme Claude GILBERT27.12.2012

Cette semaine, il fut tout à fait rassurant d'entendre une voix forte parler de la question du temps sous ses divers aspects :durée, cycle,présent, etc., car si "crise" ne peut être, au sens propre, qu'un moment, un passage, un accouchement ou une naissance (qui emporte dans le même temps la mort à l'état précédent), nous ne pouvons pas nous contenter de répéter crise, comme si cet état mouvant devait perdurer. Le rappel ce matin de l'alternative (et pas seulement la réponse Facebook j'aime-j'aime pas, mais la possibilité d'une autre compréhension, d'une autre connaissance de ce qui se produit sous nos yeux, qui seule ouvrira à ce "papillon" en train de naître. Merci donc à France Culture pour nous avoir offert ces réflexions, mais vraiment dommage que nous ne puissions pas les podcaster afin d'en conserver la trace. A moins que la prochaine revue nous le propose, noir sur blanc : Marketing ou contrainte technique ?

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