A l'écoute de Jean-Bertrand Pontalis 15
Psychanalyste, écrivain, éditeur et philosophe, Jean-Bertrand Pontalis est mort dans la nuit de lundi à mardi. Il avait 89 ans.
Jean-Bertrand Pontalis C.Hélie © Gallimard
Elève, au lycée, de Jean-Paul Sartre, il a collaboré à la revue Les Temps Modernes (1946-1948) et a été reçu à l’agrégation de philosophie.
Dès lors, sa carrière professorale le conduira à enseigner successivement aux lycées d’Alexandrie (1948-1949), Nice (1949-1951) et Orléans (1951-1952).
Avec le soutien du philosophe Maurice Merleau-Ponty, il fait son entrée au CNRS, tout en poursuivant une analyse didactique avec Jacques Lacan.
Dans les années 60, avec Jean Laplanche et sous la direction de Daniel Lagache, il entreprend l’important travail qui aboutira, en 1967, au "Vocabulaire de la psychanalyse". Une somme de référence qui connut un grand succès en France et à l’étranger, grâce à de nombreuses traductions. Avant qu'il ne fonde "La Nouvelle Revue de Psychanalyse".
J.B. Pontalis faisait partie depuis 1979 du comité de lecture des éditions Gallimard, pour lesquelles il avait créé les collections "L'Un et L'Autre" et "Connaissance de l'Inconscient".
L'écrivain reçut en 2006 le prix Médicis essai pour "Frère du précédent " et en 2011 le Grand prix de Littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre.
Grand figure intellectuelle, il fut à de nombreuses reprises l'invité de France Culture.
Ainsi, le 2 novembre dernier, chez lui, avec Philippe Petit. Pour « Les nouveaux chemins de la connaissance », à l’occasion de la sortie de « Freud avec les écrivains » qu’il cosignait avec le psychanalyste Edmundo Gomez Mango :
Le 14 mars, dans "Du jour au lendemain", il s'entretenait avec Alain Veinstein, à l'occasion de la sortie de "Avant", aux éditions Gallimard :
Comme quelques jours auparavant, le 24 février, dans les Matins de France Culture, avec Marc Voinchet :
Ou dans "Hors Champs", avec Laure Adler, le 1er mars 2010 :
Ecoutez aussi à son propos la psychanalyste et historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco :
Et enfin "Le journal de la culture", de Xavier Martinet, de ce mardi, qui lui rendait hommage :
>>> Notez que du 21 au 25 janvier, « A voix nue » rediffusera la série de 5 entretiens de Jean-Baptiste Pontalis réalisés par Colette Fellous et Bruno Sourcis en 1998.
Thème(s) : Information| Philosophie| Psychanalyse| Edition| Littérature Contemporaine| Littérature Française| Idées| Jean-Bertrand Pontalis
Documents
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Freud avec les écrivains Gallimard. Collection Connaissance de l'inconscient. Tracés, 2012 -
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15 commentaires
Il y a des gens simplement merveilleux. Il fut l'un d'entre eux, avec douceur, avec exigence, avec une gentillesse lucide parfaite.
Adieu, cher Jean-Bertrand (il ne pourra pas m'en vouloir de cette famiiarité exceptionnelle que j'ose ici)
Un grand Monsieur n'est plus.
Il faut lire JB Pontalis.
Des livres comme En marge des jours et En marge des nuits sont des petits bonheurs simples à goûter. Traversée des ombres et L'amour des commencements sont pleins d'enseignements et d'humanité.
Je les rouvre régulièrement et redécouvre à chaque fois la richesse et l'érudition de JB Pontalis, la complexité et la subtilité d'une pensée écrite avec les mots simples de chacun.
Il me reste bien des livres à lire de ce Monsieur que je respecte beaucoup et je m'en réjouis.
En ces temps d'horreur grandissante dans le monde, cela fait du bien de penser que quelqu'un comme lui a existé, existe, avec sa qualité d'attention, sa sensibilité à tout ce qui nous entoure, son immense culture, son intelligence lumineuse, celà allié à sa connaissance de l'inconscient.
Je serre précieusement dans ma bibliothèque plusieurs ouvrages, En marge des Jours, Fenêtres, l'Amour des Commencements, le Dormeur Eveillé, Le Songe de Monomotapa...
Il nous manquera beaucoup, mais les écrits et la pensée demeurent.
Grâce à cette lettre d'informations de France Culture et aux témoignages que je viens de lire, je sais que je vais pouvoir découvrir une personne géniale par ses livres et l'écoute des émissions où il a participé.
Je vous remercie vivement pour vos témoignages car grâce à eux je vais pouvoir vous rejoindre dans cette satiété que chacun de vous décrit et loue et pouvoir comprendre mieux et davantage.
Je m'allie de tout coeur à vos condoléances.
Marie-Pierre
j'ai rencontré J.B. Ponalis grâce aux rencontres organisées dans un charmant café , organisées par Frédéric Mittérand : j'y ai découvert un homme plein d'humour, de tendresse : il nous parlait avec simplicité
un vrai moment de joie qui pour moi s'ajoutait aux livres ; j'avais mis un visage et surtout une façon d'être et de vivre sur ces livres !
merci J.B. pour ces beaux moments !
J'aurais tant aimé le rencontrer. Lorsque je l'ai entendu la dernière fois ici, je me suis dit que je devais oser. Je n'ai pas osé. Un grand, très grand homme est parti.
Il nous laisse des traces profondément vivantes avec ses beaux mots libres et éternels. C'est ça la vie. Une vie emplie de désir jusqu'au bout.
Je ne pourrais plus le rencontrer, jamais ; un modèle il demeurera. Et au delà de ma tristesse profonde, c'est un réconfort de penser à lui, de savoir que des êtres ainsi sont passés par là et ont déposé sur le monde leur gracieuse intelligence. Un merveilleux exemple de possible.
Je ne sais quand ni où je vous ai découvert Monsieur Pontalis. Ce fut un petit bonheur tout neuf, léger et d un grand réconfort contre le froid du monde.
La nuit dernière, je m'endormais avec "Avant"...
Pontalis est bien vivant, et pour longtemps.
Encore un brillant esprit, signataire de la "Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie", qui s'en va, à un bel âge pour tirer sa révérence...
Sa production intellectuelle, et, fort heureusement, ses régulières invitations sur les ondes de FC nous permettront de poursuivre des incursions dans son travail, voire une réception de sa pensée.
Immense et profonde tristesse, un ami de presque toujours, jamais croisé et pourtant si proche...
Quelques mots, quelques lignes, lues et relues, ses ouvrages ici ou là, toujours à portée de main ou, simplement, de regard, présence ô combien chaleureuse, rassurante, réjouissante et tant aimée.
Que n'ai-je osé vous remettre les lettres qu'un temps je vous écrivis pour vous dire combien votre pensée me parlait...
Je suis ce soir aux côtés de tous ceux qui vous pleurent.
Merci pour ces quelques lignes. C'est exactement ce que j'ai ressenti en apprenant sa mort.
Une grande tristesse, un grand monsieur...
Un écrivain découvert lors de l une de vos merveilleuses émissions tout en étant au volant... Très touchée par son livre "un jour le crime" des réflexions sérieuses sur ce thème, ayant été tirée au sort pour être jurée suppléante d assises... Il s'est endormi pour toujours mais sa pensée me reste bien vivace et précieuse.
j'ai traduit son livre FENÊTRES en chinois et ça a été publié par une maison d'édition chinoise de Nankin -ÉDITIONS DU PEUPLE, JIANGSU. Bon nombre de lecteurs chinois m'ont dit qu'ils aiment FENÊTRES, comme moi. J'ai beaucoup aimé également ses autres livres, et son dernier - AVANT, beaucoup. Ce soir je suis très triste d'apprendre par France Culture sa disparition alors que je viens d'arriver de Paris à Pékin.
Hommage à J-B Pontalis.
je l'ai connu l'année dernière et aujourd’hui j'apprends qu'il a disparu.
Cela me rend triste.
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