Le Collège international de philosophie a été créé en 1983 en marge des institutions universitaires ou des organismes de recherche institutionnels pour mettre en œuvre une idée de la philosophie qui récuse les cloisonnements traditionnels entre disciplines. Le travail qui y est mené s’organise autour de trois axes : la recherche, l’ouverture au public et la formation à la recherche. Les chercheurs du Collège viennent d’horizons divers (universitaires, professeurs du secondaire). Ils travaillent dans l’esprit de l’intersection systématique : les sciences, la psychanalyse, la politique, les arts, la littérature, le droit, etc. n’ont pas seulement droit de cité au Collège, leur présence est souhaitée et leurs procédures considérées. Les activités du Collège (colloques, séminaires, journées d’étude, samedis autour d’un livre, etc.) sont inspirées par ce principe. La recherche du Collège est internationale : dix des 50 membres de l’Assemblée Collégiale sont Directeurs de Programme à l’étranger, et le réseau des Correspondants du Collège lui permet d’accueillir informations et propositions de collaboration du monde entier. Toutes les activités du Collège sont publiques, libres et gratuites.
L’adoration est proposée chez Jean-Luc Nancy comme « une façon, une allure de l’esprit pour notre temps », temps de la fin du monde comme monde du sens, temps d’épreuve du suspens de signification, où tous les noms semblent hors d’usage. Il n’est plus pertinent de parler de « crise », ce qui suppose toujours la possibilité d’un dépassement, progrès ou retour, dans l’horizon d’une réparation. Or notre temps doit être pensé comme moment de mutation, comme venue de ce qui ne se présente plus comme cosmos, comme monde – en dépit de l’omniprésence du vocabulaire de la « mondialisation ». Ce qui est en jeu, c’est une idée qui est au cœur de la métaphysique occidentale et de la religion chrétienne : la présence du présent, les modalités de sa présentation. Cette angle de réflexion justifie une tentative d’« explication » avec la phénoménologie, ses perspectives et ses limites. On pourrait tenter de résumer : faut-il penser le monde comme présent, comme donation ou comme fait fortuit, venue en présence ? L’adoration est l’ouverture à cette venue, un autre style et un autre geste de la pensée que ceux de la métaphysique et de la religion qui doivent désormais s’exposer l’une à l’autre, se déclore, dans leur désir d’infini, et toutes deux au « dehors » de la pensée ; double déclosion dont l’adoration est le geste, l’adresse à l’incommensurable qui est le commun des existants.
Avec Pierre-Philippe Jandin, professeur de philosophie et Jean-Luc Nancy, professeur émérite de philosopie à l'Université de Strasbourg.
Enregistré le janvier 2011.
Thèmes : Philosophie| Adoration et phénoménologie : l'aube d'un monde adorable| Sociologie| Sciences humaines
Mots-clés : Collège international de philosophie| Pierre-Philippe Jandin| L'Adoration de Jean-Luc Nancy| Adoration et phénoménologie



