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La vie, il y a 2,1 milliards d'années 5

 

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L'apparition de formes complexes de vie sur Terre, c'est à dire comportant plusieurs cellules, était datée, jusqu'à présent, de 600 millions d'années d'après les fossiles dont disposaient les paléontologues. Or, l'étude dirigée par le sédimentologue Abderrazak El Albani (Laboratoire Hydrasa, CNRS/Université de Poitiers, France) et publiée le 1er juillet à la Une de la revue Nature, remet tout en cause. Sa découverte de plus de 250 fossiles de 7 millimètres à 12 cm de longueur le site de Franceville au Gabon est datée de... 2,1 milliards d'années. Soit 1,5 milliards d'années plus tôt...
Il s'agit là d'organismes pluricellulaires, selon le chercheur, et non de simples microbes ou bactéries qui, eux, marquent l'apparition des premières formes de vie que l'on date aujourd'hui d'environ 3,6 milliards d'années. Il y avait donc un trou de 3 milliards d'années entre ces premières espèces vivantes très sommaires et les formes plus évoluées comprenant plusieurs cellules. La découverte d'Abderrazak El Albani bouleverse ce scénario. Si le caractère multicellulaire de ses fosssiles est confirmé, il n'aurait fallu "que" 1,5 milliard d'années, soit deux fois moins de temps, pour que la vie devienne complexe que Terre et ouvre la porte aux organismes que nous connaissons aujourd'hui, dont nous-mêmes.Bien entendu, cela ne va pas bouleverser notre vie quotidienne. Pourtant, une remarque d'Abderrazak El Albani rapportée dans Le Monde du 2 juillet, jette une lumière intéressante que la recherche elle-même. "Nous avons malheureusement tous tendance à trop faire confiance à ce que nous ont appris nos professeurs. Il faut bien sûr de la connaissance, mais il faut aussi de la curiosité. Les fossiles étaient là, il fallait vouloir les voir". déclare-t-il. Ce commentaire renvoit au syndrome du réverbère qui pousse celui qui a perdu ses clefs à ne les chercher que dans le rond de lumière.

Cette découverte révèle également la fragilité des théories forgées par les paléontologues. Chaque nouveau fossille découvert semble tout remettre en cause. C'est également le cas en paléoanthropologie où chaque squelette ou fragment d'os peut mettre à bas des théories enseignées pendant des décennie. Qu'on se souvienne de la fameuse "Est Side Story" d'Yves Coppens qui a succombé à la découverte de Toumaî par l'équipe de Michel Brunet en 2001. 

La science adopte de plus en plus souvent un discours de certitude qui viole l'une de ses règles fondamentale: le doute. Si Abderrazak El Albani se dit convaincu que ses fossilles sont bien ceux d'organismes multicellulaires et non le résultat de constructions réalisées par des colonies de microbes, certains de ses collègues contestent déjà la portée de sa découverte. Et rien n'indique que d'autres fossiles ne viendront pas tout bouleverser à nouveau. Une chance pour les futurs chercheurs. Une école d'humilité pour l'homme qui n'a pas fini, et n'aura peut-être jamais fini, de réécrire l'histoire de l'univers à la faible lumière de ses connaissances partielles. 

A lire: Le communiqué du CNRS

A voir: La vidéo de CNRS Image:

Thème(s): Sciences| Biologie| Géologie| Abderrazak El Albani| origine de la vie| paléontologie

5 commentaires

Portrait de Anonyme françois Dujardin07.07.2010

Le passage du monocellulaire au pluricellulaire est une des étapes fondamentales de la colonisation de la terre par le vivant. Voir que l'association de cellules est un mécanisme qui s'est enclenché tôt dans la sélection naturelle est un enseignement significatif pour l'espèce humaine.

Portrait de Anonyme eriep06.07.2010

va savoir pourquoi ...
mais c'est une bonne nouvelle
une nouvelle vieille de quelques milliards...
un milliard c'est trop grand...
on va dire... c'est un soleil levant
une aurore...
de l'intelligence humaine ...
humaine et sensible .

Portrait de Anonyme Jean-Pierre Texier05.07.2010

Enfin des bonne nouvelles ... en ces temps de restrictions.

Donc, cela se confirme : la vie augmente, mais pas uniquement dans le caddie des ménagères. De belles étrangères - les organismes multicellulaires - sont enfin venues à notre rencontre, sur la place publique, auréolées du rond de lumière intrinsèque des réverbères. Oui, en pleine place publique - dans le revue Nature - au milieu d'aujourd'hui. Un aujourd'hui qui doit assumer le jaillissement d'un interstice de 1,5 milliards d'années...

Que de fois, devrons nous remettre l'ouvrage sur le métier pour mettre nos pendules à l'heure ?
Une question que pose (à sa façon) un autre ouvrage - La Fabrique des légendes en Milieu Contraint, consultable sur http://fr.calameo.com/publish/logs/?sid=98ddf22ef53bc0426976f5403cdff297

Portrait de Anonyme steve louis05.07.2010

merci pour cette chronique,.-
au risque d'être hors sujet,toutefois,.je me hasarde au commentaire suivant :
Une autre école d'humilité, de la part de CHACUN ET CHACUNE serait de faire disparaître du langage cette foutue formule généraliste qui embrasse les genres humains sous la dénomination réductrice de "l'Homme" .- (ici dans le texte sans majuscule, d'ailleurs),.
Messieurs les penseurs,

A BAS L'HOMME ! ET VIVE L'ÊTRE HUMAIN !!!!

Portrait de michel michel05.07.2010

Merci pour votre commentaire, Steve Louis.

Néanmoins, il semble que l'utilisation du H majuscule soit limitée à l'acception, Homme, fils de Dieu. Or, je pensais à une acception plus large. Si c'est l'exclusion implicité de la femme qui vous fait réagir, n'ayez crainte, elle fait également partie de l'espèce "homme", grâce à Dieu...

Définition du Littré: http://littre.reverso.net/dictionnaire-francais/definition/homme

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