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On roule ou on décolle ? 4

La Transition de Terrafugia en vol ©Radio France

Avoir le choix entre la route et l’air... Ce rêve ne relève peut-être plus de la science fiction depuis l’approbation, mi-juin 2010, par les autorités américaines du premier avion-voiture de la société Terrafugia, la Transition.  Certes, les tentatives de fusion de ces deux modes de transport sont pléthores depuis une centaine d’années. Certes, toutes ont lamentablement échoué. Certes, ce qui ressemble à un phantasme de la société de consommation ne paraît guère compatible avec une époque vouée aux économies d’énergie. Et pourtant… Malgré ses perfectionnements incessants, l’automobile fait partie des objets technologiques qui ont le moins évolué depuis sa création, avec le fardier de Cugnot, en 1769. Quatre roues, un volant, deux phares, une carrosserie et un moteur à explosion.  Il faut attendre la Toyota Prius, en 1997 au Japon, pour qu’une rupture marquante se produise avec la motorisation hybride, premier pas vers la voiture électrique. Mais cette dernière a été inventée avant 1900 avec, en particulier, la « Jamais Contente » de Camille Jenatzy, un ingénieur belge qui franchit, avec elle, les 100 km/h le 1er mai 1899 à Achères, près de Paris. Coté voiture volante, les tentatives remontent à 1917 avec l’Autoplane de Glenn Curtis, 1937 avec l’Aeromobile de Waterman, 1945 avec l’Airphibian de R. Fulton, 1949 avec l’Aerocar construite en 6 exemplaires, 1950 averc l’italienne Aerauto PL5C, 1972 avec l’Autoplane de R. Lebouder qui vole pendant plusieurs années, 1973 avec l’AVE Mizar qui tue son concepteur et 2009 avec le Parajet Skycar qui réalise un raid Londres-Tombouctou. Autant naufrages qui, lorsqu’ils ne furent pas technologiques, se brisèrent sur les écueils de l’équation économique.

  Pourquoi la Transition de Terrafugia romprait-elle avec cette série d’échecs ? Peut-être parce que la technologie rend aujourd’hui possible des solutions que personne n’avait pu réaliser auparavant, comme les ailes repliables. Peut-être aussi parce qu’il n’y a jamais eu autant de riches sur la planète et que la Transition permet de dépenser 194 000 dollars (155 000 euros) d’une façon originale. D’ailleurs 70 clients auraient déjà posé une option sur un modèle en versant 10 000 dollars d’arrhes. Enfin, parce que l’engin a été conçu par la fine fleur des ingénieurs américains issue du prestigieux Massachussetts Institute of Technology, le MIT.
En technologie, plus souvent qu’en politique, il arrive un moment où les rêves sont les plus forts.  La maîtrise de l’atome, l’homme sur la Lune, le TGV, les gratte-ciels, les ponts suspendus comme celui de Millau, Internet, les téléphones mobiles… On voit déjà dans le ciel des ULM, des deltaplanes, des  parapentes ou des  adeptes du Wing Suit. De tous les rêves de l’homme, celui de voler fait partie des plus tenaces, même si le mythe d’Icare en rappelle les dangers.

La Transition de Terrafugia en vol en compagnie d'un avion Terrafugia©Radio France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Et puis, il y a les films de science fiction dans lesquels rouler sur une route en bitume aurait l’air aussi ringard que d’ouvrir une porte avec une clé ou de s’habiller avec des jeans pattes d’éléphants… Les scènes mythiques de Blade Runner ou du Cinquième élément jouent leur rôle dans l’imaginaire du 21ème siècle.
En attendant la source d’énergie miracle qui permettra de vaincre la  pesanteur sans avoir recours à des ailes, la Transition annonce peut-être cette révolution de l’automobile que peut-être l’avion- voiture. Au fond, elle ne consomme que 8 litres au cent km. Bien moins qu’un 4x4. Et au lieu de gravir péniblement les sentiers de montagne, la Transition permet de les survoler. Surtout, elle n’occupe pas plus qu’une place de parking au garage. On rêve de la voir équipée d’une pile à combustible et d’un moteur électrique. Et de coûter dix fois moins cher…

La Transition de Terrafugia à une station service Terrafugia©Radio France

Caractéristiques de la Transition de Terrafugia :
- Taille voiture : 2,10 m de haut, 2 m de large, 5,8 m de long
- Taille avion : 1,90 m de haut, 8,5 m d'envergure, 6 m de long
- Altitude de vol : 3000 mètres
- Décollage : obligatoirement depuis un aérodrome (piste de 800 m).
- Moteur  à hélice à l’arrière: 1,3 litres, 4 cylindres, 100 chevaux.
- Déploiement des ailes : 30 secondes
- Consommation : 8 litres d’essence sans plomb au 100 km, réservoir de 90 litres.
- Licence de pilote obligatoire
- Prix : 155 000 €

Thème(s): Sciences| Technique| automobile| Transport| voiture volante

4 commentaires

Portrait de Anonyme Brunotee17.06.2011

A quand une émission consacrée à l'avion électrique SOLAR-IMPULSE ?
Il y aurait de quoi débattre...

Portrait de michel michel17.06.2011

Nous allons parler d'énergie solaire en juillet. L'occasion d'aborder Solar Impulse.

Merci pour l'intérêt que vous nous portez,

M.A.

Portrait de Anonyme Personne02.06.2011

elle ne va pas sous l'eau cette auto ? c'est nul .
on veut des sous marins-autos qui volent, et puis qui pensent et aiment .

Portrait de Anonyme Delphin01.06.2011

Bonjour,

"On rêve de la voir équipée d’une pile à combustible et d’un moteur électrique. Et de coûter dix fois moins cher…"

Un cauchemar !
Des milliers de véhicules qui circulent au dessus de nos têtes, bruyants, polluants, blessants (ceux qui tombent).
Une vie définitivement invivable, achevant l'atteinte à l'espace personnel déjà fortement réduit par l'automobile (intrusion sur trois dimensions).

Un jour, l'être humain deviendra adulte et il comprendra que l'aliénation à l'objet technique propagée par le monde marchand pour lui permettre de s'enrichir encore plus l'entraine vers les Deep water et les Fukushima.

Seul un petit enfant n'est pas encore capable de faire le lien entre sa satisfaction égocentrique pulsionnelle et les conséquences désastreuses écologiques et sociales qu'elle implique.

Amicalement

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