Google veut robotiser la voiture 0
Voiture sans chauffeur de Google Ramin Rahimian©New York Times
On connaissait les voitures Google arpentant les routes de la planète pour alimenter en photos son service Street View qui permet de se déplacer virtuellement dans les rues des villes à partir de Google Maps. Désormais, le géant américain se lance dans une aventure parallèle: l'automatisation de la conduite automobile. Une annonce officielle datée du 10 septembre 2010 sur le blog de Google révèle le projet que développe le New-York Times dans un article du 9 octobre signé par le spécialiste de la technologie John Markoff. De façon etonnante, Google ne mentionne pas sa collecte de photos pour justifier un tel développement. Pour l'entreprise, il s'agit d'améliorer la sécurité de la conduite automobile, responsable de la mort de 1,2 million de personnes par an selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 37 000 aux Etats-Unis en 2008 (4 273 en France en 2009). Google cite également la durée moyenne quotidienne passée par les Américains dans le trafic routier: 52 minutes selon le ministère des transports. Grâce à la conduite automatique, ce temps devient disponible pour d'autres activités, à l'instar de celui passé dans les transports collectifs. Avec le confort de la voiture individuelle en prime. Malgré ces avantages, la généralisation de la voiture autonome n'est pas pour demain. Le défi technologique reste en effet considérable. D'où le recours de Google à la crème des ingénieurs travaillant sur ce sujet et plus ou moins financés pour la fameuse Darpa, l'agence de la défense américaine qui développe de nouveaux projets à applications militaires et qui est, entre autres exploits, à l'origine d'Internet.
La conduite automatique selon Google Google©Radio France
Goggle a embauché une douzaine de personnes pour renforcer l'équipe de 15 ingénieurs affectée au projet des voitures autonomes. Pour l'instant, 6 Prius, les voitures hybrides de Toyota, et une Audi TT ont été modifiées pour rouler sans conducteur.Cette flotte a déjà effectué plus de 200 000 km en mode automatique avec des interventions humaines ponctuelles et plus de 1 500 km en mode entièrement autonome.
Le système impose la présence d'un passager qui veille au grain et peut intervenir à tout moment. Néanmoins, l'automobile dispose d'une véritable autonomie grâce à la batterie de capteurs qui l'équipent:caméras vidéo, radars, détecteurs laser... Le système de navigation exploite une base de données de cartes détaillées alimentées par... les voitures de Google dédiées à Street View.
Pour piloter ce projet, Google a fait appel à plusieurs chercheurs impliqués dans les courses de voitures autonomes organisées par la Darpa,
Chris Urmson DR©Radio France
dont Chris Urmson, l'ingénieur responsable technique de l'équipe de l'université de Carnegie Mellon, l'une des plus pointues en robotique aux Etats-Unis, qui a gagné l'Urban Challenge Mike Montemerlo en 2007. Chris Urmson était auparavant le responsable logiciel de l'équipe de l'université de Stanford qui est arrivée en tête du Grand Challenge de 2005. Ces compétitions ont pour but de stimuler la recherche en robotique automobile. Google a également fait appel à Anthony Levandowski, l'ingénieur de l'université de Berkeley qui a construit la première moto autonome, grâce à un financement de 150 000 $, et qui a également participé au Grand Challenge organisé par la Darpa. Encore plus spectaculaire que la voiture robotisée, l'engin a roulé à 50 km/h sur 30 km sans intervention humaine.
Anthony Levandowski et sa moto sans conducteur UC Berkeley©Radio France
De quoi séduire Google qui a embauché Antony Levandowki pour modifier les Prius de Toyota. Le petit génie de la robotique n'en était pas à son coup d'essai en la matière. Il avait déjà transformé l'une de ces automobiles en engin autonome de livraison de pizza. Sans livreur à bord...
Fort de ces nouvelles brillantes recrues, Google va-t-il devenir constructeur de voitures sans pilote? Le communiqué de l'entreprise, qui n'hésite pas, par ailleurs, à investir près de 2 milliards de dollars dans l'énergie éolienne, reste très évasif sur ses véritables objectifs en matière de voitures à conduite automatique. S'agit-il d'améliorer la prise des photos destinées à Street View? De donner à Google une image de marque moins virtuelle? On bien n'est-ce là qu'un caprice de star des fondateurs, Larry Page et Sergey Brin? La fortune du premier est estimée à 22 milliards de dollars. Il a 37 ans et il faut bien s'occuper, trouver de nouveaux challenges... Google justifie celui de la voiture robotisée par sa volonté de contribuer à diviser par deux le nombre d'accidents de la route, de favoriser le covoiturage, d'amorcer la création de "trains autoroutiers"... Pourquoi pas? L'industrie automobile ne semble guère pressée de priver ses clients de volant. Le sacro-saint "plaisir de la conduite"... Mais ce dernier ne vit-il pas ses dernières décennies? Nous en reparlerons dans un prochain billet. Pour l'instant, rêvons un peu avec quelques vidéos qui préfigurent peut-être l'automobile de demain.
Vidéo:
Ne ratez pas la séquence sur la moto sans motard! Epoustouflant! :
Audio:
Ecouter Science Publique du 30 Mai 2008:
La mobilité urbaine est-elle dans une voie sans issue ?
Thème(s): Sciences| Recherche| Entreprise| Transport| Technique




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