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Les questions que pose la catastrophe nucléaire de Fukushima 3

20 mars 2011 - Après Three Mile Island (1979) et Tchernoblyl (1986), la catastrophe nucléaire de Fukushima révèle la part des fautes humaines dans le drame qui touche les Japonais. En effet, l'impact du tremblement de terre de force 9, suivi par un tsunami meurtrier meurtrier, le 11 mars 2011, ne saurait masquer la responsabilité de Tepco, l'opérateur privé de la centrale japonaise, dans les terribles problèmes rencontrés par quatre des réacteurs de Fukushima Daiichi.
Face à l'évolution des tentatives actuelles de réparation ou de procédures de secours, on ne peut que constater, d'ores et déjà, une série de risques, d'erreurs ou de défaillances. Ces dernières peuvent s'exprimer à l'aide d'une série de questions:

1 - Pourquoi le Japon a-t-il pris le risque de construire des centrales nucléaires sur sa côte exposée aux tsunamis?

2 - Pourquoi la centrale d'Onagawa, très proche de l'épicentre du séisme, n'a pas été endommagée?

3 - Pourquoi la centrale de Fukushima Daiichi est-elle la seule touchée?

4 - Est-il exact que de nombreuses alertes avaient déjà affecté cette centrale et que l'opérateur Tepco avait dissimilé certains incidents ou accidents?

5 - Pourquoi les circuits de refroidissement de secours des réacteurs n° 1, 2, 3 et 4 ne sont-ils pas entrés en action?

6 - Pourquoi les piscines de refroidissement du combustible usé ne sont-elles pas confinées?

7 - Pourquoi a-t-il fallu une semaine pour commencer à tirer un nouveau câble d'alimentation en électricité?

8 - Pourquoi les japonais n'utilisent-ils pas de robots pour éviter d'exposer des hommes pendant les interventions sur le site fortement irradié?

9 - En quoi les centrales à eau bouillante (BWR) sont-elles plus dangereuses que celles à eau pressurisée (PWR) ou que le nouveau réacteur EPR?

10 - Quel rôle joue l'âge des centrales sur les risques d'accident ?

11 - Pourquoi n'a-t-on pas pu faire appel à un personnel en très grand nombre pour réduire les doses de radioactivité reçues par chacun?

 

12 - Pourquoi les mesures de radioactivité ne sont-elles pas communiquées quotidiennement pour les zones proches de la centrale et pour Tokyo?

13 - Pourquoi dispose-t-on de si peu d'images de la centrale et d'informations précises sur les opérations en cours?

Au fil des prochains jours, nous allons tenter de répondre, dans le blog "En quête de science", à ces interrogations. La vie des opérateurs qui interviennent sur le site et celle des habitants de cette région se trouve aujourd'hui en danger. Une zone très étendue pourrait devenir, comme à Tchernobyl, inhabitable pendant des décennies. Les yeux du monde entier sont donc braqués vers Fukushima car, au delà du drame humain que subissent les Japonais, c'est le sort du nucléaire qui est en jeu. A Tchernobyl, on a pu accuser une grossière erreur humaine dans une centrale vétuste. Au Japon, la catastrophe naturelle ne pourra tout expliquer.

Audio:

18.03.2011 - Club Science publique:
La catastrophe nucléaire de Fukushima - Les leçons de La main à la pâte à travers le monde

Lecture
 

 

 

 

France Culture:

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Dossier spécial Internet de France Culture sur la catastrophe de Fukushima: "Apocalypse" au Japon

 

 

Du 28 mars au 1er avril, semaine spéciale des émissions de Science de France Culture sur le thème du nucléaire.

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Blog:

Le blog de Sylvain Kahn, producteur de l'émission Planète Terre sur France Culture:

Japon : face à la catastrophe, le recours aux échelles géographiques
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Animation:

La dispersion du panache radioactif de Fukushima, vue par l'IRSN le 19 mars 2011:

 

Thème(s): Sciences| Ecologie| Géologie| Physique| Recherche| Industrie| catastrophe| centrales nucléaires| Fukushima| Japon| radiations| séisme| Tchernobyl| Three Mile Island| tsunami

3 commentaires

Portrait de Anonyme Jean-Marc25.03.2011

Le joli petit dessin animé de l'IRSN (et non IRNS) est fait pour distraire les foules et les enfants. Regardez plutôt ce que dit la CRIIRAD à propos des mesures de radioactivité.

Et aussi les articles de Dominique Leglu, docteur en physique nucléaire et physique des particules, sur son blog sciencepourvousetmoi :

Jeudi 24 mars. 23H10. « Pour ses trois premiers jours, la catastrophe de Fukushima atteindrait 20% celle de Tchernobyl, en termes de rejet d’iode. Et atteindrait 20% voire 60% en termes de rejets de césium. Telle est l’annonce, faite aujourd’hui sur son site par le laboratoire autrichien de météorologie Zamg. Des pourcentages en hausse par rapport aux annonces de la semaine dernière, évoquant Fukushima comme un accident à « 10% de Tchernobyl ».
Si vous faites une petite corrélation, je sais, les choses sont un tantinet plus complexes, mais nous en sommes réduits à ces extrémités en présence d’une OMERTA savamment organisée, (et je n’ai jamais eu une conception policière de l’histoire), vous voyez que Fukushima, malheureusement pour les hommes, la faune et la flore, est dores et déjà sur la même échelle que Tchernobyl en termes de destructions à long terme. Et cela n’est pas fini !

Par ailleurs, l'artice de Jean-Michel Bouguereau en dit long sur ce que vont devoir affronter les populations :

"Ou sont passés les dirigeants de TEPCO ?
TEPCO, l'opérateur privé, rappelons-le, de la centrale de Fukushima, évoquait l'idée d'une fuite d'uranium et de plutonium hors des réacteurs, envisageant l'hypothèse une reprise ponctuelle de la « fission nucléaire ». Les dirigeants de cette firme privée semblent avoir disparu après avoir présenté leurs excuses au peuple japonais, inclinant le buste comme ils l'avaient déjà fait en 2000, 2003, 2007, en promettant chaque fois de prendre toutes les mesures...

Le plutonium reste dangereux pour une durée correspondant à des milliers de générations humaines !
Si les efforts se focalisent sur le réacteur trois de Fukushima, c'est que celui-ci représente une menace majeure parce qu'il est le seul de la centrale à être chargé avec du Mox, contenant du plutonium : des ingénieurs nucléaires occidentaux préviennent que la fuite de Mox dans l'atmosphère produirait un nuage radioactif beaucoup plus dangereux que celui provoqué par les réacteurs à l'uranium. Car le Mox, mélange d'oxydes d'uranium et plutonium, étant beaucoup plus instable et radioactif, augmente les risques d'accidents nucléaires et, en cas de fuite, est plus nocif. Le plutonium, à cause de sa durée de demi-vie, reste dangereux pour une durée correspondant à des milliers de générations humaines.

C'est dans ces conditions qu'on a appris hier une nouvelle ahurissante : le gouvernement japonais a encouragé hier les gens vivant à l'intérieur du périmètre de 20 à 30 kilomètres de la centrale nucléaire, à le quitter « volontairement ». Le choix du mot « volontairement » n'est évidemment pas innocent : il s'agit de ne pas affoler une population dont l'inquiétude augmente, alors que les gens, cloîtrés, sont dans un état sanitaire préoccupant (pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de chauffage et bientôt à court de vivres).
Mais également la notion de « départ volontaire » permettra aussi d'éviter d'indemniser las populations qui ont perdu leur maison, leur commerce, leur usine... car ils seront partis « volontairement », ils n'auront pas été « évacués ». De même, hier dans le Monde, on expliquait que le seuil de radioactivité admissible pour un travailleur dans une centrale nucléaire venait d'être drastiquement relevé afin de ne pas avoir à indemniser dans le futur les agents de TEPCO qui développeront des cancers, voire même leurs familles quand ils seront morts !

La Commission gouvernementale de sûreté nucléaire a également recommandé l'évacuation « volontaire », affirmant que le rejet de matières radioactives de la centrale devrait se poursuivre pendant un certain temps ! Ce qui pourrait signifier, traduit en clair, que les autorités demandent à une population probablement contaminée, de quitter la zone sans être ni répertoriée, ni soumise au minimum de suivi médical ! Ce genre d'attitude ne nous avait pas surpris de la part des soviétiques lors de Tchernobyl, mais venant de la part d'un gouvernement démocratique, régnant sur le pays qui a connu Hiroshima et Nagasaki, c'est une irresponsabilité aussi stupéfiante que criminelle."

http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/03/25/l-irr...

Portrait de Anonyme Anonyme20.03.2011

Pourquoi place-t-on Tchernobyl au niveau maximum de l'échelle INES alors que la catastrophe majeure a été évitée ?
Il a fallu 600 000 liquidateurs pour construire et bétonner un tunnel pour éviter le contact entre le cœur du réacteur et la nappe phréatique. S'ils n'y étaient pas arrivé, plusieurs grandes villes comme Kiev auraient été rayées de la carte. Alors pourquoi placer Tchernobyl au niveau 7 ?
Cela aurait été plus logique de monter cette échelle jusqu'à 8 voire 9 si Tchernobyl est à 7.

Portrait de Michel Alberganti Michel Alberganti20.03.2011

L'échelle INES, créée en 1990, après Tchenobyl, n'est pas une échelle de mesure de la gravité d'un accident nucléaire, contrairement à celle de Richter pour les séismes, mais un moyen destiné au grand public et qui classe les accidents en fonction de leur impact sur les vies humaines et l'environnement. Son fonctionnement est bien expliqué sur Wikipédia.

Nul doute que, si une carastrophe plus importante que celle de Tchenobyl survenait, l'échelle pourrait se voir adjoindre un niveau 8, 9 ou 10.Espérons que cela ne sera pas nécessaire...

M.A.

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