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Pourquoi la centrale de Fukushima est-elle la seule défaillante? 2

 

22 mars 2011 - Le séisme de force 9 du 11 mars 2011, au Japon, suivi par un terrible tsumani, s'est produit à la hauteur de la ville d'Onagawa. A proximité, on trouve les villes de Higashimatsushima et de Sendai, qui font partie des plus touchées par le tsunami.

Pratiquement face à l'épicentre, se trouve la centrale nucléaire d'Onagawa. Le 13 mars, un état d'urgence y a été décrété après le relevé d'une augmentation de la radioactivité autour de la centrale. Mais le 14 mars, l'alerte a été levée après le constat du retour à la normale du rayonnement.

Un scénario bien différent de celui de Fukushima :
- 12 mars: explosion du réacteur N°1
- 13 mars: explosion du réacteur N°3
- 15 mars: incendie du réacteur N°4
- 16 mars: explosion dans le réacteur N°2
Evacuation de 200 000 personnes
Ces accidents s'accompagnent de la fusion partielle des cœurs des réacteurs et du rayonnement des piscines de combustible usé par manque d'eau et destruction du bâtiment des réacteurs. C'est la défaillance de l'ensemble des systèmes de refroidissement des réacteurs qui est responsable de ces dégâts qui provoquent, depuis le 12 mars, de forts dégagements de particules radioactives dans l'atmosphère.

Question: Pourquoi la centrale d'Onagawa, beaucoup plus exposée au séisme et au tsumani, est-elle indemne, alors que 4 réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi ont atteint des états critiques?

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La réponse tient peut-être dans une seule information, diffusée le 21 mars 2011: la centrale de Fukushima n'était plus assurée depuis août 2010 pour les dommages causés aux installations elles-mêmes, mais l'étaient pour les dommages causés aux tiers.La compagnie japonaise d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire et opérateur du site, avait refusé de renouveler sa police d'assurance car elle jugeait les tarifs trop élevés, selon l'AFP. Les exploitants de réacteurs ne sont pas tenus de s'assurer pour les dommages qu'un accident nucléaire pourrait occasionner sur leurs propres installations. La loi les oblige, en revanche, à se couvrir pour les dommages qu'un accident pourrait causer aux tiers. Dans le cas de Fukushima, comme pour toute installation nucléaire, la loi japonaise fixe le plafond d'indemnisation à 120 milliards de yens, soit environ 1,04 milliard d'euros, toujours selon la dépêche AFP du 21 mars 2011.

Pour comprendre pourquoi les primes d'assurance étaient devenues trop élevées pour la centrale de Fukushima Daiichi, il suffit de consulter la liste des centrales japonaises qui mentionne leurs caractéristiques:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Le constat est clair: les 4 réacteurs qui n'ont pas résisté au séisme et au tsunami sont les plus anciens construits au Japon. Ils datent de 1971 à 1979. Le plus vieux, le réacteur N°1 date de 1971, c'est à dire qu'il avait 40 ans au moment du drame. Les réacteurs d'Onagawa ont été construits entre 1984 et 2002. Même s'ils sont de même conception (BWR c'est à dire des réacteurs à eau bouillante, la technologie la plus ancienne et la plus dangereuse), ils ont beaucoup mieux résisté. Il faut aussi noté que l'exploitant n'est pas Tepco mais Tohoku.
On peut également noter que Tepco a falsifié des rapports d'inspection de ses réacteurs nucléaires entre la fin des années 1980 et les années 1990. Cette fraude a été révélée le 29 août 2002 par l'agence de sûreté nucléaire industrielle japonaise (Nuclear Industrial Safety Agency). Au total, en 25 ans, ce sont pas moins de 200 événements qui ont été masqués par Tepco dont certains concernent la centrale de Fukushima. Le scandale provoqué par cette révélation a conduit Tepco, en octobre 2002, à arrêter 7 de ses 17 réacteurs nucléaires. De la part du premier producteur privé mondial d'électricité, de telles pratiques révèlent la distance qui existe entre les déclarations toujours rassurantes de l'industrie nucléaire et la réalité des pratiques, dès lors qu'il existe d'importants enjeux financiers.

 Ainsi, Tepco a été soupçonné de ne pas avoir pris assez tôt des mesures de refroidissement des réacteurs de la centrale de Fukushima après le tsunami dans l'espoir de les sauver. Un calcul qui s'est révélé désastreux. De même, plusieurs questions restent posées quant aux procédures de secours de la centrale:

 

 - Pourquoi les groupes électrogènes ont-ils été détruits par le tsunami?
- Pourquoi avoir attendu 8 jours pour commencer à tirer un câble électrique?
- Pourquoi ne pas avoir fait appel à des robots pour intervenir sur la centrale?
- Pourquoi ne pas avoir décuplé les équipes d'intervention afin de réduire les doses de radiation reçues par chaque individu?

Autant d'interrogations auxquelles Tepco devra faire face dès que la centrale de Fukushima aura pu être maîtrisée.

M.A.
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Actualité:

La situation le 22 mars sur EuroNews:

 

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Audio:

18.03.2011 - Club Science publique:
La catastrophe nucléaire de Fukushima - Les leçons de La main à la pâte à travers le monde

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France Culture:

Dossier spécial Internet de France Culture sur la catastrophe de Fukushima: "Apocalypse" au Japon



Du 28 mars au 1er avril, semaine spéciale des émissions de Science de France Culture sur le thème du nucléaire.

 

 

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Blogs:

Globe, le blog de Sylvain Kahn, producteur de l'émission Planète Terre:

Japon : face à la catastrophe, le recours aux échelles géographiques

En quête de science, le blog de Science Publique:

Pourquoi la centrale de Fukushima est-elle la seule défaillante?

Les questions que pose la catastrophe nucléaire de Fukushima 

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Thème(s): Sciences| Ecologie| Physique| Industrie

2 commentaires

Portrait de Anonyme verdier12.04.2011

La question qu'on peut se poser : si c'est un accident de niveau Tchernobyl, n'est-il pas dangereux de se rendre au Japon, au-delà de la zone interdite? Qu'en est-il de Tokyo? Et de Kyoto? L'eau de pluie est-elle dangereuse? L’alimentation contrôlée? Nos amis japonais sont très confiants et lorsqu'ils vivent à Tokyo semblent vivre normalement. Sont-ils bien informés?

Portrait de Anonyme R_des_bois29.03.2011

"De la part du premier producteur mondial d'électricité, de telles pratiques révèlent la distance qui existe entre les déclarations toujours rassurantes de l'industrie nucléaire et la réalité des pratiques, dès lors qu'il existe d'importants enjeux financiers."

Le nucléaire est l'industrie du mensonge et de la tricherie... et donc de la mise en danger de la vie des populations civiles. Qui peut encore vraiment s'en étonner ???

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