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Fukushima: L'incompétence de Tepco apparaît de plus en plus flagrante 1

Les réacteurs de Fukushima ©Radio France

29 mars 2011 - Tokyo Electric Power Company (Tepco) a enfin fait appel à l'aide d'EDF, du CEA et d'Areva en tant qu'"appuis" pour maîtriser la situation dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi endommagée par le tsunami du 11 mars. Après avoir décliné l'offre d'envoi des robots d'intervention conçus pour résister aux radiations offerts par le CEA, Tepco reconnait son impuissance après 18 jours de tentatives infructueuses pour lutter contre la dégradation de la centrale.

Plutonium

 

Il faut dire que la situation ne s'améliore pas sur le site. La découverte de plutonium sur le sol autour des réacteurs, même en quantité non dangereuse pour la santé humaine, est interprétée comme un signe de fuite provenant soit du réacteur N°3, soit du combustible usagé stocké dans les piscines de refroidissement.Cette découverte souligne que Tepco ignore toujours l'état réel des cuves des réacteurs 2 et 3, ce dernier contenant du combustible intégrant 7% de plutonium (Mox). En particulier, dans le réacteur 2 dont le bâtiment reste intact, l'état d'avancement de la fonte du cœur reste mal connu. Le risque réside dans la formation du corium, ce magma à environ 3000°C constitué par la fusion de l'uranium, des éléments d'assemblage et de la cuve métallique de confinement du réacteur. Ce corium peut attaquer le béton qui enveloppe le métal de la cuve du réacteur et traverser la semelle en béton du bâtiment. Il se retrouverait alors à l'air libre et dégagerait des radiations très importantes.C'est le risque le plus grave que court la centrale de Fukushima, en dehors de celui d'une explosion d'un cœur de réacteur, comme à Tchernobyl, qui ne semble pas envisagée par les experts.

Eau radioactive

A force d'arroser les réacteurs avec de l'eau, de mer d'abord, puis de l'eau douce, depuis quelques jours, Tepco a provoqué l'accumulation d'eau radioactive dans les bâtiments. Cette eau est sortie des bâtiments des réacteurs, en particulier le n°2, pour inonder celui des turbines des réacteurs et remplir les tranchées destinées à éviter des rejets dans la mer toute proche.

Pour limiter ce phénomène qui met la vie du personnel d'intervention en danger et réduit donc leur présence dans les bâtiments, Tepco a diminuer l'arrosage. Aussitôt la température est montée de 20°C, sans doute dans les piscines de refroidissement du combustible usagé qui se trouvent à l'intérieur des bâtiments des réacteurs. Pour les N°1, 3 et 4, ces piscines sont à l'air libre depuis l'explosion du toit des bâtiments. Il est donc impératif d'alimenter en eau les piscines afin de limiter la température.

1 sievert/heure

Après la grossière erreur de Tepco, dimanche dernier, annonçant une radioactivité 10 millions de fois supérieure à la normale, les experts, dont ceux qui se sont exprimés dans l'émission Continent Science de Stéphane Deligeorges lundi 28 mars sur France Culture, estiment que le rayonnement a atteint le niveau de 1 sievert/heure dans les bâtiments de la centrale où officie le personnel d'intervention. Ce niveau est mille fois supérieur au milliSievert/heure, l'unité habituellement utilisée. Auparavant, une valeur de 400 milliSieverts/heure avait été annoncée autour de la centrale. Le niveau de 1 sievert/heure réduit très fortement les possibilités de travail humain. En effet, à partir d'une dose de 1 sievert reçue, soit au bout d'une heure de travail sans protection, les effets sur l'organisme sont immédiats. A 6 sievert, 100% des personnes exposées décèdent. Le manque d'informations fournies par Tepco au sujet des quelque 600 personnes mobilisées dans la centrale laisse craindre le pire pour leur santé. Le niveau de sécurité avec les équipements de protection est de 250 milliSieverts/heure. Il est donc aujourd'hui 4 fois supérieur à cette valeur. Le gouvernement semble enfin prendre la mesure de la situation. Mais il semble bien tard.

Nationalisation

Les premières déclarations concernant la nationalisation de Tepco sont apparues mardi 29 mars.Selon le Figaro, "le ministre délégué à la Stratégie nationale, Koichiro Gemba affirme que la nationalisation de Tepco est une «option possible», selon l’agence de presse Kyodo. Pour le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, «elle (la nationalisation de Tepco) n’est pas à l’étude pour le moment». Du coup, face à l’afflux d’ordres de vente, la cotation du titre de Tokyo Electric Power a été suspendue pour finalement clôturer en baisse de 18,67% à 566 yens".
Si la reprise en main des opérations n'est pas possible en raison du statut d'entreprise privée de Tepco, il semble en effet urgent de procéder à la nationalisation d'une entreprise dont les erreurs mettent en danger les 35 millions d'habitants de Tokyo. D'autant que, depuis le 11 mars, cette entreprise se montre dans l'incapacité de reprendre la situation en main. Faut-il attendre l'irréparable en vertu du respect de la propriété privée? Ou bien, la sécurité nationale doit-elle prévaloir?

M.A.

 

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Audio:

18.03.2011 - Club Science Publique:
La catastrophe nucléaire de Fukushima - Les leçons de La main à la pâte à travers le monde

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France Culture:

 

Dossier spécial Internet de France Culture sur la catastrophe de Fukushima: "Apocalypse" au Japon



Du 28 mars au 1er avril, semaine spéciale des émissions de Science de France Culture sur le thème du nucléaire.

 

 

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Blogs:

 

Globe, le blog de Sylvain Kahn, producteur de l'émission Planète Terre:

Japon : face à la catastrophe, le recours aux échelles géographiques

 

En quête de science, le blog de Science Publique:

Semaine thématique "nucléaire" des émissions de science sur France Culture

 

Fukushima: Pourquoi Tepco conserve-t-elle la direction des opérations ?

 

Fukushima: Quels sont les risques pour les salariés de la centrale ?

 

Fukushima: Pourquoi les Japonais ne font-ils pas appel à des robots d'intervention?

 

Fukushima: L'évolution de la radioactivité à Tokyo

 

 

Pourquoi la centrale de Fukushima est-elle la seule défaillante?

 

Les questions que pose la catastrophe nucléaire de Fukushima 

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Thème(s): Sciences| Ecologie| Médecine| Physique

1 commentaire

Portrait de Anonyme Anonyme01.04.2011

Bonjour,
Effectivement, nous avons besoin d'un grand débat national sur la production d'électricité. Pas d'un pseudo débat sur l'islam (pardon, sur la "laicité").
D.

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